Comme vous ne le savez sans doute pas, j'ai un petit blog parallèle en allemand (oui, je sais, sur une plateforme concurrente...), beaucoup moins approvisionné que celui-ci, avec peu de lecteurs, mais assez tout de même pour se faire remarquer et aussi se faire inviter par la communauté des blogueurs allemands de Mexico. Communauté qui se résume à cinq membres (râclements de gorge). Ainsi donc, samedi dernier, ma meilleure moitié et moi-même se mirent en route vers l'inconnu, dans le sud de la ville, à Coyoacán...

Comme en tant qu'Allemand, on ne se refait pas non plus, tout a été organisé en deux tours trois mouvements, telle heure, telle date, telle bière, telle saucisse. Bien sûr, l'attrait principal était de pouvoir mettre des visages sur les blogueurs - et là, c'était pour moi une expérience tout à fait inédite - ou encore, voir enfin à quoi ressemblaient ces blogueurs dans un environnement non-virtuel... L'autre idée, c'était de renouer avec des Allemands, vu que je n'en connais aucun à Mexico, alors même qu'il y en a plusieurs milliers qui y vivent (dans une ville de 22 millions d'habitants, soit).

Le tout avait donc lieu chez Andreas. J'y retrouvais Roland et Hollito, dont je fréquente les blogs de façon plus irrégulière que je ne devrais, plus deux autres qui s'identifiaient comme "simples lecteurs". Première constatation: un certain parallélisme biographique. On est tous au Mexique pour raisons sentimentales, pour aller rejoindre une meilleure moitié mexicaine - sauf Hollito, qui a attiré sa meilleure moitié chez lui, à Bielefeld; il est ingénieur, donc pas de problème majeur pour trouver un boulot lucratif en pays teuton, mais il préférerait quand-même habiter au Mexique...

Je n'ai pas eu l'impression que la communauté allemande fonctionnait autrement que la communauté française: il y a un forum franco-mexicain ici et un forum germano-mexicain . Ça rassure. Là, où le bât blesse - mais ça n'a rien à voir avec cette rencontre - c'est qu'au Mexique, la France et l'Allemagne sont concurrentes sur le plan économique, ce qui empêche malheureusement une coopération plus intense sur le plan culturel. Dommage de constater que l'Europe s'arrête aux frontières de l'Europe...

On discute, de tout et de rien, de nos expériences respectives, la nuit tombe, et il fait plus frisquet au sud que dans le centre-ville. On n'a pas pu rester trop longtemps, vu qu'en ce moment, une fête chasse l'autre, mais cette première rencontre a été assez concluante. A voir, à suivre...

Rubrique "c'est quoi ces outre-rhénanités?": Un florilège teuton, à commencer par une des fines fleurs de la Neue Deutsche Welle, la new wave allemande, sur son chant de cygne: dernier 45tours à avoir paru en 1984, suivi par la séparation du groupe. Nena, depuis, a plus ou moins réussi une carrière en solo, tout en gardant son image d'icône eighties. Ensuite, un titre plus récent, de 2004, par un groupe issu de l'école de Hambourg (appellation recusée par la plupart des concernés). La dernière, c'est une rarité, voire une bizarrerie, qui mèle notre Jojo (plus si) national (que ça) à un groupe allemand, The Rattles, qui surfaient sur la beatlemania. Hallyday, en 1965, n'en était pas à son premier titre chanté en allemand, suivant en ceci l'habitude de pas mal de chanteurs et chanteuses français, qui, s'ils voulaient réussir dans un pays non-francophone, se devaient de chanter dans la langue du pays concerné. Dans le cas de Lass die Leute doch reden (Laisse donc parler les gens), on fit semblant de s'enorgueillir d'une réelle coproduction franco-allemande. En réalité les Rattles ont enregistré la musique et les choeurs chez eux, puis ont envoyé la bande à Paris où Hallyday allait chanter dessus. Dans un allemand assez net, d'ailleurs. Sûr qu'il va s'en souvenir, maintenant qu'il est résident suisse pour raisons de santé ;-)

 

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