Contrastes
| Il arrive que les festivités se bousculent, qu'elles forment entre elles un contraste qui ne laissent d'autre choix au quidam que d'afficher en l'espace de quelques heures des comportements tout aussi riches en contrastes. Le problème, c'est qu'on a, dans des occasions pareilles, pas toujours le temps de changer de garderobe. Par conséquent, on aura l'air déplacé dans au moins une des deux festivités (à moins d'être un génie du vestimentaire, mais là, houlà, je suis loin du compte...). C'est ainsi que je déboule en sweatshirt, décontracté, au lancement de la campagne de la Sopexa, alors que tout le monde arbore costards-cravates ou robes du soir. Heureusement que l'éclairage est feutré, hem-hem... | ![]() |
La Sopexa, c'est cette organisation qui s'occupe de promouvoir les produits gastronomiques français à l'étranger - très importante donc pour l'industrie agroalimentaire. La campagne s'intitule, comme l'année dernière, "dites oui aux saveurs de France", et les saveurs en question, c'est champagne, cognac, foie gras, café, chocolats, absinthe, vins, liqueurs. Pas vraiment le genre raviolis en conserve. Je me demande un instant si les Mexicains ne vont pas avoir une image quelque peu faussée de la consommation en France. "Chériiii! Où il est passé, le champagne pour mon foie gras?!" - "Râhlàlà! T'as qu'à prendre le cognac, eh, BANANE!" Peu importe, après tout. On nous fait goûter à tout, ce qui est loin d'être désagréable. Les discours sont sobres. Je rencontre le représentant de l'absinthe qui me propose un verre et me fait un bref historique du produit avant que je n'aie le temps de dire "hips!". Je serais bien resté un peu plus, oui mais voilà, c'est l'heure de partir, d'autres horizons nous attendent...
| On traverse Reforma et on arrive rue Belgrade au café Tierra de Nadie, en fait un bar minuscule, comme il y en a pas mal à Mexico, avec une terrasse tout aussi minuscule et une scène improvisée où tiendront à peine deux énergumènes et leurs guitares. En l'occurence Mehdi et Nico, qui donnent ce soir leur premier concert. Au programme: chansons françaises (surtout), mexicaines et deux, trois trucs anglo-saxons. Ils ont alerté les collègues de l'IFAL et beaucoup sont venus. Petite bière, et c'est parti, du Bénabar, du Renaud, du Delerm, du Téléphone, du Manu Chao. Nico, avec le sens de la poilade qui lui est coutumier, se glisse dans la peau de personnages divers. Mehdi, lui, plus chanteur à tripes, s'attaque à des classiques tels que "No Woman No Cry" ou encore "Knockin' On Heavens Door". And that's all, folks. | ![]() |

