Me voilà subitement élu délégué du personnel. 60% de votants, c'est mieux que pour les élections européennes. 100% des voix, c'est mieux qu'en Union Soviétique. Je vais finir par me croire populaire...

Non, en fait, le suffrage s'explique facilement: il fallait voter pour deux candidats, et comme il n'y avait que deux candidats qui se présentaient, ça limitait franchement le suspense. Et puis, comme je l'ai déjà dit, personne n'a envie de faire le sale boulot. Pour tout vous dire, je n'ai aucune idée en quoi il consiste exactement, ce boulot. Me voilà donc plongé pour la première fois le nez dans des textes juridiques, et je vous assure que ce n'est pas du polar (heureusement qu'il y a des sites pour ça). Christine a résumé l'expérience en un seul mot: "formateur". Bon, on va apprendre des choses nouvelles? Tant mieux. Quitte à mettre les pieds dans le plat plutôt deux fois qu'une? Tant pis. Rachid, mon prédecesseur, m'a prévenu que les plus chiants dans l'affaire, ce n'étaient pas les employeurs, mais les collègues. Ai aussitôt entrepris de me faire promettre par un tout un tas de collègues joignables de ne pas me faire chier pendant les deux prochaines années. A la réfléxion, j'ai dû mal interpréter le terme "promesse électorale".

PS: Et je ne sais toujours pas quel nom prendre! Jean-Paul III ou Benoît XVII?

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