St. Nicolas
Mexique ou pas, ce serait quand-même dommage de faire table rase de toutes les petites coutumes marrantes auxquelles on est habitué depuis tout petit. Justement, en parlant de tables, on les préfère bien garnies plutôt que rases, et c'est donc l'occasion, le 5 décembre au soir, de sacrifier au Nikolausabend, autrement dit la veille de St. Nicolas. En pays teuton, ça consiste à s'offrir - entre autre; les traditions diffèrent de région en région - une assiette remplie de friandises, à peu près comme ça:

A l'origine, et mis à part la mythologie chrétienne (l'arrivée de St. Nicolas, cet ancêtre du Père Noël), c'était avant tout l'occasion de se faire cadeau de vitamines sous forme de clémentines et de noix; en période de disette hivernale on ne trouvait guère autre chose en Germanie profonde. Puis se sont ajoutés des pains d'épices, des petits gâteaux faits maison, des chocolats. Aujourd'hui il n'est pas rare non plus d'y trouver des Playstation, des iPods, des Ferrari ou des diamants de la taille d'une noix de coco, mais là, à mon avis, on dénature quelque peu l'enjeu.
Comme on ne trouve dans les supermarchés mexicains que très peu d'imports allemands, on a dû tergiverser. A part quelques gâteaux secs tristounets mais garantis teuton, toutes les autres cositas viennent d'ailleurs: des noix californiennes, des chocolats et figurines de frangipanes espagnols, des fondants à la menthe français, du Lindt et du Toblerone suisse, des clémentines mexicaines - bref, ce n'est plus une assiette de la St. Nicolas, c'est les Nations Unies. Sans oublier un sanglier en peluche qui nous vient de Corse, via une amie de ma meilleure moitié. Ce n'est pas vraiment la tradition, mais ça ressemble.