Des amis mexicains me demandent s'il reste encore des voitures en France, ou si les gens ont commencé à prendre des cours d'équitation. Je n'en sais rien, je vous laisse le loisir de répondre. Remarquez, ce serait amusant, les matins sur le périph, les embouteillages de calèches, carosses, char à boeufs, troïkas, les stations service où aurait le choix entre du fourrage super-vitaminé et du fourrage sans plomb.

En piochant un peu dans le ouèbe, je suis tombé sur une revue de presse allemande : On y parle bien sûr de ce qui se passe en France. Un écrivain pense que c'est de la faute des énarques. Il y va fort: pour lui, cet élitisme à la française ressemble à de l'apartheid, contre laquelle des Français de troisième classe se révoltent. D'autres quotidiens ont interviewé des experts français qui, eux, tentent d'expliquer le phénomène en des termes plus modérés. Emmanuel Todd, l'auteur de l'excellent "Après l'empire", va même jusqu'à dire que le fait que les forces de l'ordre n'aient pas tiré sur les émeutiers montre que l'intégration à la française fonctionne malgré tout. Mmmoui, bien sûr, on n'est plus en 1962 , mais imaginons le déchaînement de la médiocratie si les policiers ouvraient le feu et les démissions en chaîne que ça provoquerait, plus personne pour kärcheriser quoi que ce soit...

Au Mexique, la violence fait partie du quotidien, ce qui n'excuse rien. Il y a quelques jours, une collègue s'est fait attaquer par deux types armés de flingues. Ils lui ont tout pris. Ce n'est ni la première fois ni la dernière fois que ça arrive. Depuis, la collègue prend des cours de kickboxing. Si jamais elle retrouve ses agresseurs, il y a un dentiste que va faire fortune.

Avec ceci, il y avait aujourd'hui le match France-Allemagne. Match nul? Tant mieux. En tant que franco-allemand, par définition le cul entre deux chaises, ça m'évitera des crises de schizophrénie.

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