Encore un semestre qui se termine. S'ensuivront deux semaines de pause réservées aux formations, au DELF, et puis rebelote.

Quelques remarques en guise de bilan: Les étudiants de mon atelier philo-cinéma étaient plutôt silencieux ce semestre, contrairement aux ateliers de philo précédents, où les discussions allaient bon train. Probablement trop de respect face à la chose, la peur de dire une connerie, ce qui est plus typique des cours de philo dans une fac que de ceux dans une école de langue. J'avais pensé qu'en fait, les étudiants s'ennuyaient, mais finalement, in extremis, lors de l'ultime session, il est apparu que presque tous avaient accroché d'une manière ou d'une autre: ils devaient présenter un film de leur choix, et la présentation comportait une réflexion personnelle sur les thèmes traités pendant le semestre: mémoire, identité, autrui. Ouf.

Sérieux aussi, mes étudiants de l'atelier d'expression écrite: à leur demande, on avait traité de trucs très secs - le résumé, le compte-rendu, la synthèse, puis la composition. C'est que les lycées et les facs mexicains n'enseignent pas ce qui fait partie du catéchisme académique français, donc forcément, ils ont sauté sur l'occasion, d'autant plus que pas mal d'entre eux espèrent partir étudier en France.

Par contre, mon niveau avancé de cours de français était plus, disons, jouissif. Envie d'apprendre, okay, mais aussi envie de s'amuser, de rigoler. Il y a parfois des groupes où tout colle, où il y a dès le départ une alchimie qui ne sera plus démentie par la suite. Ça n'arrive pas toujours, mais quand ça arrive, c'est un vrai bonheur. Donc, une fois oublié le stress de l'examen passé, on s'est réunis dans un resto mexicain réputé pour fêter dignement la fin des cours, et entre les margaritas à la mangue et les sauces piquantes, ça a été encore une fois l'occasion de fou-rires anthologiques (cf. photos, et il y en a d'autres sur le blog de mes élèves).

J'en profite en passant pour tirer ma révérence aux constructeurs de la tour de Babel, sans qui il n'y aurait pas eu de punition divine et pour une fois inspirée (la multiplication des langues), sans quoi il n'y aurait pas de profs de langues ni d'autres jolis métiers comme ça. Qui viendrait encore contester que nous vivons dans le meilleur des mondes possibles? "Moi." "Moi aussi."

Rubrique "c'est quoi ces effusions?": Les Beau Brummels, groupe américain comme leur nom ne l'indique pas, n'ont pas choisi leur patronyme uniquement en référence au dandy britannique du 19e siècle, mais pour apparaître dans l'ordre alphabétique directement après les Beatles; c'est vous dire l'obsession qui régnait en 1965. C'est cette année-là que paraît Laugh, Laugh, grand succès d'alors, chanson un peu quelconque vu rétrospectivement. Quant à Everybody Needs Somebody To Love, on se souvient encore de la version des Blues Brothers, la grande scène finale du film. Ici, c'est la version originale, avec la même intro en simili-live façon gospel ("I'm happy to be here tonight" etc.). Sorti en 1964. Pour terminer, une curiosité: une reprise d'Edith Piaf, sortie en 1988, par les Français de Cyclope. Malgré son rythme punkifiant, ça reste quand-même respectueux. Et pour cause, oy oy.

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