J'étais parti sceptique, pour ce Festival du Film Français à Mexico. On est quand-même dans une période vaches maigres, question cinéma français. J'avais encore en mémoire le nullissime L'empire des loups de l'année dernière et la programmation du bide Arsène Lupin il y a deux ans. D'ailleurs, je m'étais demandé à quoi ça avait pu servir d'envoyer ce film au Mexique alors qu'il était déjà sorti en France avec le succès que l'on sait. Rentabiliser in extremis? Prendre le public mexicain pour des autruches? Pas clair, tout ça, donc méfiance...

Je suis allé voir cinq films, grosso modo des films sympa. Des films sympa tendance "médiocre" et des films sympa tendance "bonne surprise". Parmi ces derniers, Sheitan, dont je n'attendais rien, et qui m'a tenu éveillé, à défaut de me tenir en haleine. Je ne suis pas particulièrement fan du gore ni des splatter movies en général, mais dans ce film, j'ai apprécié ce goût de la satire d'une certaine image de la France. Alors qu'il y a dix ans, dans La Haine, on voyait encore une bande d'immigrés 3e ou 4e génération s'affronter à la "normalité" franco-française, là, c'est cette même bande - un Blanc, une Beurette, un Black, un Viet - qui a accédé au statut de normalité et qui affronte une bande de péquenauds dégénérés dans la France profonde. Vicieux, comme retournement, mais très jouissif, surtout grâce à la performance hilarante de Vincent Cassel.

L'autre bonne surprise, un fim intitulé Qui de nous deux?, une tranche de vie d'ado. Une de plus? Oui, mais écrite par Salomé Blechmans - qui à l'époque avait 17 ans -  et filmée par son papa trois ans plus tard. Le père et la fille étaient d'ailleurs présents au Festival (cf. photo nulle, mais il n'y avait aucun moyen de faire mieux; les gens dans la pénombre, aucun éclairage ni rien, rarement vu des étoiles aussi peu éclairées...). Salomé Blechmans m'a davantage épaté par son discours après le film que par son rôle dans le film. Trajectoire très à suivre.

Quand on va à un festival en tant qu'humble cinéphile, c'est pour y voir, en plus des films, des acteurs, des réalisateurs, et si possible de grandes stars-qui-sont-en-fait-restées-des-gens-très-simples-comme-vous-et-moi, mais comme le Festival de Mexico sert surtout à promouvoir, ce n'est pas encore cette année-ci qu'on aura vu débarquer Gérard Depardieu. Mais, quand-même, à l'occasion de la présentation de Fauteuils d'orchestre, une comédie, heu... une comédie, quoi, on a pu voir la réalisatrice Danièle Thompson, qui en tant que scénariste de La Boum a durablement marqué nos délires libidineux d'ado. Et puis il y avait, Dani, la Dani, l'actrice (de Truffaut, entre autres, dans La nuit américaine), la chanteuse (des chansons de Gainsbourg, toujours entre autres) - femme coolissime.

J'ai pu voir également Des plumes dans la tête, un film belge, déprimant comme tous les films tournés soit en Wallonie soit au nord de la France. Ce serait peut-être une idée pour la prochaine fois: un sombre drame familial, sans issue aucune, situé dans le Lubéron, et une comédie style Brice de Nice située dans le Pas-de-Calais... Soyons fou.

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Rubrique "c'est quoi ces chansons?": Deux de Dani, vous l'avez deviné. La première, parue en 1974, devait en fait représenter la France au concours Eurovision - mais, coup dur pour Dani, Georges Pompidou venait de mourir et la France a jugé bienséant de se retirer de la compétition. L'autre, parue il y a quelques mois, est une reprise d'une chanson écrite par Gainsbourg himself pour Dani. La version originale date de 1975; la reprise figure sur l'épatant hommage à Gainsbourg, Monsieur Gainsbourg revisited.

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