Pas de rapport
Le premier septembre avait été considéré comme un moment décisif dans le conflit qui oppose le PRD de gauche et le PAN de droite. Toujours cette histoire d'élections présidentielles, toujours ce candidat qui conteste la victoire de l'autre. Pourquoi le premier septembre? Parce que c'est au Mexique le jour où le président de la République Vicente Fox présente le rapport de ses faits et gestes de l'année passée.
La presse à sensations locale nous avait fabriqué des unes genre "On se prépare à la bataille", comme si une guerre civile était imminente. Bien sûr, aucune guerre n'a éclatée, ni même aucun affrontement violent, mais on a quand-même pu vivre un moment historique, un de plus.
Le discours du président est prévu pour 19 heures. Les députés sont rassemblés dans la Camara de los Diputados, grande salle avec au fond un double drapeau mexicain. Presque 19 heures, la tension monte. Va-t-il se passer quelque chose? Oui: les députés PRD se lèvent comme un seul homme, envahissent la tribune, scandent des slogans et montrent des affiches sur lesquelles Fox est accusé d'être un traître à la démocratie (cf. photo piquée à l'agence AP). Le président de l'assemblée, visiblement préparé à une action de ce type, demande aux députés PRD de regagner leurs sièges pour que la session puisse se poursuivre. De belles jambes aux députés PRD. La séance est suspendue. Les autres députés se lèvent; certains en profitent même pour faire des coucous à la caméra.
Entretemps, Fox arrive, d'abord en hélico, puis en limousine. Aux portes de la Chambre des
Députés, il est informé de la situation par le ministre de l'Intérieur. Après un moment de flottement, Fox remet le rapport, ce à quoi la loi l'oblige (cf. autre photo piquée à l'agence AP). Par contre, la loi ne l'oblige pas de présenter ce rapport devant l'assemblée; il annonce donc qu'il va se retirer. Ce qu'il fait, sous les sifflets des uns et les applaudissements des autres. A l'intérieur de la Chambre, la situation est inchangée. Le président de l'Assemblée clôt la séance; rendez-vous est pris pour mardi 10 heures. L'hymne national retentit: "Mexicanos, al grito de guerra..." Tout le monde chante; un grand nombre de députés PRD font le "v" de la victoire. Il est vrai qu'ils ont atteint leur but, empêcher le président de présenter son sixième et ultime rapport. Dans la rue, les caméras montrent un petit groupe de jeunes, le visage caché par des écharpes. Rien de bien méchant.
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Rubrique "c'est quoi cette chanson?": C'en est une qui prend une plasticité nouvelle face à la situation mexicaine, héhé... C'est surtout une des meilleures du sieur Gainsbarre, sortie en 1976, diablement efficace avec ses effets de percussions en snif-snif, puis les vrais pleurs de Jane Birkin qui pourtant à l'époque n'avait rien à craindre. La chanson a été reprise pas mal de fois, la dernière en date étant celle de Jarvis Cocker, le chanteur des Pulp, sur la compil Monsieur Gainsbourg Revisited - Jarvis Cocker qui d'ailleurs allait écrire des chansons pour le nouvel album de Charlotte Gainsbourg, comme quoi, TOUT SE TIENT!...