Défromagé
Ça devait arriver un jour... Quand je suis arrivé au Mexique, plein de curiosité et parfois plein de bonne volonté pour la cuisine locale, je me suis vite rendu compte qu'en ce qui concernait les fromages, il n'y avait pas grand chose à se mettre sous la dent. Je goûtais au manchego et je me demandais qu'est-ce que c'est que ce fromage au goût de chewing-gum prémâché.
Or, quelques centaines de quesadillas plus tard, je suis complètement mithridatisé au manchego, même que c'est le manchego sinon rien. Alors quand il y a quelques jours je me suis payé un camembert vrai de vrai, au lait non-pasteurisé et tout et tout, celui-là même que l'Union Européenne voulait interdire en invoquant la santé publique, et que je me suis dit ah miam je vais me régaler, ça faisait si longtemps, eh bien: non. J'ai trouvé que ça avait un goût un peu fort. Bref, j'étais déshabitué, à tel point que je n'ai pas poursuivi l'expérience.
Alors, hum... Je fais quoi? Me gaver de camembert tous les jours à la recherche du goût perdu, même si à l'instar de la madeleine proustienne aucun souvenir enfoui particulier ne me rattache au camembert? Ou y aller mollo et de façon plus régulière dès mon retour au Mexique - sauf que le camembert y est vendu au prix du caviar ou d'un menu complet (sans le fromage)? Je n'en sais trop rien. Et puis la cuisine européenne manque singulièrement de piquant, no hay chilitos en este pinche pais...