Il y a des signes qui ne trompent pas. Elodie, par exemple, qui ce samedi après-midi me souffle, rayonnante: "Encore une heure et quart, et c'est les vacances!". On est à l'IFAL, ce sont les derniers cours avant les deux semaines de vacances de Pâques. Comme d'habitude, tout le monde en avait marre de bosser, à croire que la proximité des vacances légitimait l'expression d'une fatigue réelle ou imaginaire. Pourtant, nos étudiants sont presque tous là, alors qu'il est de notoriété publique que pendant la semana santa, les Mexicains désertent leur capitale. Qui du coup devient excessivement vivable: peu de circulation, peu de pollution, des taxis et des tables de restaurant à volonté. Pour quelques jours, la ville devient sereine, à l'image de la rue où nous habitons:

C'est le soir, je suis donc officiellement en vacances et en pleine décompression. Je regarde la rue d'un autre oeil, plus attentif aux détails quotidiens. Il y a Don Cruz adossé au capot d'une voiture qu'il vient de laver, le regard perdu dans le lointain. Il y a Don Ray, son assistant toujours légèrement bourré qui me fait un sourire entendu (sauf que je n'ai jamais compris sur quoi nous nous entendions et si ça justifiait un sourire). Au bout de la rue, les taxistes (oups? un hispanisme) se la coulent douce sur leur sitio, en attendant d'éventuels appels de la centrale. Feuilles qui tombent, branches qui fleurissent, verdure qui verdoie - ici, les arbres font ce qu'ils veulent, chacun décide dans son coin si c'est le printemps, l'été ou l'automne. Plus tard, un des voisins va promener ses deux labradors et ses deux perroquets verts, un sur chaque épaule. Tout le monde est là, tout va bien...

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