La minute du décollage
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| Encore une petite photo de l'arrière-cour de la maison enneigée et ensoleillée et c'est déjà le moment de boucler ses valises et d'entamer le périple du retour. Une fois n'est pas coutume, l'avion pour Madrid ne décolle qu'à 19h25 - j'évite ainsi la nuit d'hôtel à Mayence ou Francfort pour être à l'aéroport (trop) tôt le matin. Alors, en fait, j'ai quand-même pas mal d'heures de vol à mon actif, au fil des aller-retour Mexique-Europe; je me suis vaguement informé sur le fonctionnement des avions, sur les vents d'ouest ou d'est - et pourtant, je ne peux pas m'empêcher de ressentir une frousse bleue au moment du décollage. Je sais que c'est parfaitement irrationnel, qu'il n'y a rien de plus sûr qu'un avion, a fortiori un appareil de lignes européennnes, qu'on a plus de chances de se faire viander comme simple piéton dans une rue - rien n'y fait. Pareil pour ce vol Francfort-Madrid. Dès que l'avion est lancé, je me crispe, mon coeur commence à battre à toute allure, un tas de scénarios les uns plus catastrophiques que les autres se déroulent dans ma tête. Ce n'est que quand le premier "bing" retentit, que les hôtesses se lèvent et commencent leur boulot que je me calme. Après, pendant tout le vol, je suis tranquille, même les quelques turbulences au cours du voyage ne m'inquiètent pas outre mesure. Ni tellement l'atterrissage non plus, alors que c'est un moment tout aussi "critique" que le décollage... En tant que piéton évidemment, on a le pouvoir d'agir, on peut bien courir pour échapper au camion qui vous fonce droit dessus. Dans un avion, par contre, on a autant de pouvoir d'action qu'une vulgaire valise dans la soute. C'est peut-être ça... A Madrid Barajas, je suis obligé d'attendre trois heures durant mon vol pour le Mexique. Je sais que la zone duty free madrilène est particulièrement bien achalandée... |
| ... mais rien ne me tente vraiment. Je me contente de bouquiner et de me boire une bière (très bon, ça, l'alcool, ça calme les nerfs...). Le reste du voyage se passe sans problèmes, mais c'est long, long... J'arrive à Mexico après douze heures de vol, je rentre en taxi. Ma meilleure moitié, qui a dû revenir deux jours plus tôt, est encore au boulot. En janvier au Mexique, il fait assez frisquet le matin, mais vers midi, on avoisine les 20 degrés. Joli contraste entre les neiges européennes et les limons au soleil, comme sur la photo, prise le 8 janvier au marché de la rue Sullivan. La plupart des arbres sont restés verts, on se promène en chemise. Il me reste le week-end et dès lundi, retour au turbin, argh... | ![]() |

