La saison des fêtes a commencé - et quand on dit "fêtes", au Mexique, ça prend tout de suite des dimensions qu'on chercherait en vain ailleurs. Bref, c'est le marathon Guadalupe-Reyes, qui dure du 12 décembre - fête de la vierge de Guadalupe, l'une des plus importantes fêtes religieuses du pays - au 6 janvier - jour de la fête des rois - et comme le nom l'indique, c'est bel et bien une sorte de fête continue. Moi-même, je suis sur-booké du jeudi au lundi inclus et j'ai déjà dû refuser des invitations. Evidemment, tout le monde a la flemme, tout le monde compte les jours et les heures jusqu'aux vacances, et pour ce qui est des cours restants, c'est tout juste le minimum syndical, avec l'accord tacite des étudiants qui eux-mêmes ont d'autres chats à fouetter.

A l'IFAL, on a même commencé un petit peu plus tôt, samedi 10. C'était d'abord l'occasion de la remise de diplômes, puis on a continué sur la lancée avec une fête de Noël avec piñatas et tout ce qu'il faut. Je vous explique: après 500 heures de français et un examen niveau E réussi, on a droit à un diplôme vrai de vrai, le genre à scotcher au-dessus du lit, et pour en souligner le caractère solennel, on invite les heureux lauréats et bien sûr leur famille à une remise de diplôme en bonne et due forme. C'est ainsi que samedi, nous, les profs des niveaux E, on se retrouve assis sur la scène de l'auditorium, derrière le dirlo qui accueille tout le monde avec un petit discours. Puis on se lève, et les étudiants sont appelés l'un après l'autre, bises, poignées de mains, félicitations, photos souvenir. Pas mal des mes anciens élèves sont là, Wendy avec son mari français et son bébé (à qui il a fallu changer les couches in extremis), Paolina, tiens? elle a changé de coiffure, Elisabeth, Armando, Alejandra, ô toi que j'eusse aimé, Xochitl, Carlos. "Maintenant on peut s'asseoir, non?" demande Virginie qui commence à fatiguer. Non, non, on reste debout, comme Chirac au 14 juillet. On finit par réunir tous les lauréats sur scène, on se fait mitrailler par des appareils numériques dernier cri, puis photos individuelles-moi-et-mon-prof, et là, oui!, on peut enfin s'asseoir, en l'occurence dans la cafète, où Sandra nous sert un ponche un peu trop sucré, gare à la casquette le lendemain.

relax, après la remise

Puis c'est l'heure des piñatas. Je vous explique encore: ça fait partie des traditions de Noël, une sorte de bonbonne garnie de sept pics, un pour chaque péché mortel, qu'on fait gigoter sur un fil et qu'il faut fracasser à coups de batte de baseball, et alors, la piñata s'ouvre et libère ses trésors, des bonbons, des fruits, des chocolats - enfin, chez nous, elles étaient juste remplies de cacahuètes, encore ces maudites questions de budget sans doute. Pour faire durer le plaisir, on a quand-même organisé trois (3) piñatas, une pour les enfants, une pour les profs, une pour les élèves.

Celle des enfants... 

 --- et celle des profs.

Celle des profs, c'est Francine qui l'a littéralement explosée, et les yeux bandés en plus: deux, trois coups secs, et la piñata était réduite en miettes. Tiens.... elle, d'ordinaire si douce, si timide, hé ben, on n'aurait pas cru... 

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