festival.jpgDe mauvaises langues, toujours elles, disent que si à l'instar de leurs collègues US, les scénaristes français se mettaient en grêve, personne ne s'en rendrait compte. D'autres langues tout aussi mauvaises, mais faites-les taire bordel, prétendent que le meilleur film français de ces dernières années, c'est Ratatouille. Pendant ce temps, le film français dont on parle dans la presse mexicaine, c'est Persépolis. Celui-ci, qui l'eût cru, ne fait pas partie de la sélection de ce cinquième ou sixième festival du film français à Mexico. Tant pis, allons voir Hors de prix à la place.

On est dimanche, dernier jour pour voir des films en présence de réalisateurs ou d'acteurs venus spécialement. Or, en arrivant, j'aperçois une affichette qui nous annonce que suite à un cas de force majeure, tout le gratin potentiel venait d'être rapatrié. Force majeure, hum... Avion surbooké? Hôtel finalement trop cher? Un taco aux crevettes malencontreux?Juste avant le film, un type d'ubiFrance, la société exportatrice du cinéma français, vient nous saluer. Il confirme que acteurs et réalisateurs sont rentrés en France, mais que, youpi, tous les films ont été vendus. C'est ça, la force majeure? Les contrats signés, ils ont remballé leurs stars et quitté le territoire? D'aaacord. Que ce festival s'apparente plus au bizness qu'à la cinéphilie, on le savait déjà. C'est légitime, faut bien vendre, mais alors qu'on arrête de nous envoyer paître avec des "exceptions culturelles" sur un ton de vierge effarouchée. M. ubiFrance nous promet que tous les films présents bénéficieront d'une sortie en salles. Ah? Je ne me souviens pas d'avoir vu grand chose à l'affiche ces dernières années - ah si, L'empire des loups, grosse daube, qui a dû tenir une semaine.

Hors de prix, donc. Audrey Tautou, Gad Elmaleh et, wow, même ce bon vieux Vernon Dobtcheff dont je suis la carrière depuis Michel Strogoff! De jolis numéros d'acteur, mais un film insignifiant, avec une fin mièvre, tellement kitsch qu'elle démolit tout le reste. A se demander si les acteurs - ou leurs agents - lisent le scénario jusqu'au bout. Si scénario il y a. Dans le même genre, j'avais vu récemment deux autres comédies françaises, tout aussi insignifiantes et tout aussi peu crédibles: Du jour au lendemain et 4 Etoiles. Alors oui, faudra m'expliquer, mais on dirait qu'il y a des films qui ne servent qu'à une seule chose: faire un maximum de jolies couvertures pour magazines "people", les Première, les Studio et autres fossoyeurs du cinéma français.

J'étais donc plus que sceptique en allant voir le deuxième film de la journée, Quand j'étais chanteur. Depardieu? Ces derniers temps, j'étais plus fan de la fille que du père, mais là, surprise, non seulement Gérard D. y est magnifique, mais Cécile de France grandiose. Même si du point de vue formel, il n'y a pas grand chose à se mettre sous la dent, voilà enfin un film qui ne donne pas dans la nostalgie, mais qui thématise la nostalgie régnante, qui en dis plus sur la France actuelle que n'importe quelle petite histoire d'arnaqueurs ou de poules de luxe qu'on a au moins depuis Sacha Guitry. Donc voilà: quand on veut, on peut. 
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