En regardant tout ce beau monde en train de papoter, de mirer et commenter les sculptures et photos exposés, j'ai eu soudainement l'impression qu'on en était arrivé, cette fois-ci & une fois pour toutes, à la fin de la période valérienne de l'IFAL, qu'à cet instant précis s'opérait le glissement vers l'avènement du nouveau règne...

(Humph... A peine quatre ans que j'ai quitté l'Europe et je commence déjà à me prendre pour Stendhal...)

Inauguration, donc, du foyer de l'IFAL, renové, quasi-marbré et même décoré malgré lui: lors des travaux, en grattant du plâtre, on a trouvé une peinture murale datant de 1983, passablement érotique, qu'on s'est donné la peine de restaurer. Ce soir, re-donc, la salle est noire de monde, pontes mexicains, pontes de la communauté française. On attend l'arrivée de l'ambassadeur, dont c'est une des premières apparitions publiques (pour l'anecdote, l'ancien n'était resté qu'un an au Mexique, puis on l'a appelé au siège de l'OTAN à Bruxelles - et pourtant, il se plaisait bien, ici...). L'ambassadeur arrive, c'est la ronde des discours protocolaires. "Vous, les Français, vous êtes vraiment formels", s'étonnera plus tard Jean-François, notre collègue québecois (on assume, on assume...).

Après, c'est le concert, du Vivaldi, du Bach, du Händel, et, sérieux contraste, le "Clair de lune" de Debussy, sans doute en guise de hommage à la France par la Jeune Symphonie de Bellas Artes. Sauf que c'est à ce moment qu'on se rend compte que l'inauguration est victime de son propre succès, et qu'on passe rapidement la consigne au personnel de l'Ambass et aux profs de l'IFAL de céder leur place aux invités. Je cède, j'adore être héroïque comme ça. Patricia, elle, est furax. On lui avait laissé entendre qu'elle pouvait venir au concert avec ses élèves, et maintenant, plus personne n'entre. Un instant, elle songe à redécorer le foyer à l'aérosol et à sa manière, mais finalement, on descend retrouver Fred, le Fred, mon chef de cuisine favori, tout styles et époques confondus. Il est debout depuis quatre heures du matin, à fignoler des canapés pour le cocktail postmusical. Comme on se plaint amèrement d'avoir été reconfiguré personnel 2e catégorie, il nous fait goûter en avant-première à tout ce qu'il a préparé. On se ré-ga-le. Paraît d'ailleurs que le concert n'était pas terrible.

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