En fait, j'allais vous faire un post tranquille sur une conférence qu'Alain Juppé donnait à l'Alliance Française hier jeudi, mais il y a eu plus que ça. Suspense.

Mercredi soir, au moment de la pause routinière, je suis assis avec mes étudiants dans la cafète de l'IFAL en train de papoter. Je remarque soudain que ça bouge sur la terrasse. Malgré la pénombre, je reconnais le Big Boss et le dirlo. Tiens, me suis-je dit, doit y avoir une conférence dans l'auditorium. Puis soudain je reconnais l'ambassadeur. Je me tourne vers mes étudiants et je leur souffle qu'on a une visite d'importance, qu'il faut donc faire gaffe. Et là, un homme s'approche de ma table, et c'est, vous l'avez deviné, Alain Juppé. Lui-même. En personne. En chair et en os. Comme j'allais voir sa conférence le lendemain, j'avais déjà fait quelques recherches sur le web, j'étais donc, comment dire, sensibilisé. Sinon, qui sait, j'aurais pu le confondre avec, au hasard, Robert Hue, je me serais redressé, brandissant le poing, balbutiant quelque chose comme "Salut camarade! Salauds de capitalistes, on aura leur peau" et bonjour le malaise. Je me lève, on se serre la main, il me pose quelques questions, il salue les étudiants, puis s'en va. Je cherche un collègue du regard, assis à une table plus loin. "Non mais t'as vu?!" - "Ouarf!" rigole-t-il, "t'as serré la pince à Juppé..."

Changement de décor: Il y a quelques jours à peine, Alain Juppé a annoncé son retour en France l'été prochain. Comme il fallait s'y attendre, ça a fait jaser. Et bien sûr, ça modifie légèrement le contexte de la conférence de ce jeudi soir. Dans la presse française, la question fuse: Présidentiable, Juppé? A quoi l'intéressé répond "non", avant d'entamer sa conférence sur les forces et faiblesses de la France. C'est brillant, persuasif, allégé par des notes humouristiques. Ça s'adresse davantage à un public mexicain, en tant que Français, on reste quelque peu sur sa faim. Il n'empêche qu'Alain Juppé est visiblement très à l'aise. Qui plus est: j'ai rarement vu un homme politique aussi à l'aise. C'est d'ailleurs la grande question: homme politique, l'est-il encore? Le redeviendra-t-il? La salle est pleine à craquer, on a dû refuser du monde, à croire que la communauté française entière s'est déplacée, peut-être justement pour guetter une réponse à ces questions. 

Je me rappelle d'une photo de Juppé, parue vers la fin des années 80, où on le voyait, hilare, allongé sur la plage, un écouteur de walkman sur la tête et un gros bouquin ouvert devant lui. Pas très crédible, avais-je pensé à l'époque. Cette tentation de la coolitude, on la retrouve dans le titre de son blog au nom de rapper du Bronx, www.al1jup.com. Le style des posts est pourtant des plus classiques, une prose élégante de diariste version papier, sans chichis et autres gimmicks clignotants. Et puis je me rappelle du Juppé hyper-énarque, lèvres pincées, premier ministre, les emmerdes qui s'accumulent, les déboires judiciaires, la condamnation et l'exil. Curieuse destinée, voire dramatique destin.  

Ça m'enquiquine de poster une chanson d'un groupe pas tout à fait inconnu, en l'occurence les Beatles, mais la chanson en question, I'll Be Back tiré de l'album A Hard Day's Night (1964), s'accorde, disons, assez bien avec le post du jour... Si vous trouvez plus seyant, n'hésitez pas à me le communiquer, peut-être qu'il y en aura une quantité suffisante pour faire un mix spécial Al1 Jay. Sinon, pour tout un tas de raisons que j'exposerai plutôt une autre fois, je suis d'accord avec Un violon un jambon pour dire que l'année 64 est la moins intéressante dans la carrière des Fab Four... Bon, ça va, arrêtez de bâiller... 

Télécharger - The Beatles, I'll Be Back (mp3) - acheter (pour une fois que c'est disponible en France...) 

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