Quand on fait une recherche images sur le mouvement anti-CPE, on tombe sur des choses curieuses: des voitures Chrysler, des danseuses exotiques et même cette parodie de 20th Century Fox qui n'a rien à voir mais qu'on dirait sortie d'un rêve de Villepin - tout ça pour vous dire qu'on parfois du mal à se procurer de la première main quand on vit à dix mille kilomètres de là où ça se passe. Bien sûr, on a regardé TV5, consulté des sites, téléchargé des vidéos, des photos etc. Sur des photos, on a vu des couples qui s'embrassent devant des CRS, comme si on voulait soixantehuitiser le phénomène, ou encore mettre une touche de Doisneau avant la bagarre. On a lu des reportages naïfs sur Villepin dans Paris-Match, des analyses plus poussées dans le Nouvel Obs, l'Express ou les Inrocks. Au fur et à mesure les visages des gouvernants s'allongeaient...

L'erreur de Villepin a été sans doute de confondre gestion de pays et gestion d'entreprise, de pousser la pensée libérale à son paroxysme. Forcément, après coup, on se dit... - mais on a toujours l'air futé après coup. Alors que maintenant, on parle du retour du dialogue social, des syndicats, de la jeunesse révoltée, des clivages gauche/droite réhabilités, bref, le mouvement anti-CPE a remis les pendules à l'heure.

J'ai aussi entendu des arguments des étudiants anti-CPE où je me dis, non, ça va plus; notamment en ce qui concerne cette tant redoutée précarité de l'emploi. Il y en avait qui disaient qu'à cause du CPE, on ne pouvait plus planifier, remettre à plus tard la création d'une famille, l'achat d'une voiture, d'une maison. Bon, et alors? On attendra un peu, on essayera de se débrouiller jusque là, de sonder un maximum de possibilités. Est-ce vraiment si difficile? La précarité, ça ne date pas de la dernière pluie. Nous, les lettrés, on savait dès le départ, à peine avait-on mis le pied dans une fac, que ça allait être difficile, précaire, qu'on pouvait terminer une thèse bac +  x avec cris d'enthousiasme du jury et finir chauffeur de taxi. Que c'était pas gagné, l'acquisition du yacht à Saint Trop' et de la garçonnière à Deauville. De fait, je ne possède toujours pas ni l'un ni l'autre, mais ça y est, je l'ai, mon CDI. Et avant ça, de CDD en CDD pourri, je me suis quand-même bien amusé.

C'était pépé Volker qui vous raconte sa folle jeunesse.

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