Cuernavaca - Le retour
On y est resté cloîtré. Naze comme je l'étais, après une folle semaine à former, surveiller, remplacer, tout ce que j'ai fait durant dix jours, c'est regarder l'herbe pousser. Et les nuages passer, le soleil briller, l'orage éclater, la pluie tomber. On aurait pu visiter la ville, un musée, un resto, un bar, une pyramide, un site naturel - non, rien de tout ça, ce sera pour une autre fois.
L'avantage de la villa, c'était aussi qu'on pouvait y emmener le clebs, qui du coup aurait pu gambader à volonté dans le jardin, s'il n'était aussi flemmard que ses maitres adorés. C'est tout juste s'il a daigné prendre la pose:

Le propriétaire des lieux fait, paraît-il, une petite fixation sur Don Quijote, comme on le peut voir entre autres ci-dessus. A noter que le chien préfère la compagnie de Sancho au Don; qu'il serait un peu gauchiste sur les bords que ça ne m'étonnerait pas. Normal, après tout, pour un chien qui vient de la rue...
A vrai dire, on n'était pas tous seuls: il y avait Ofelia, Ofé pour les intimes, qui s'occupe de la maison depuis des décennies. On nous l'avait décrite comme une femme maussade, mal lunée - eh bien pas du tout, elle était charmante, on a vite sympathisé. Elle s'occupait de tout, puis disparaissait, à la manière des domestiques dantan (ce qui m'étonnera toujours). Son fils a une copine allemande, tiens donc, on fait connaissance autour d'une petite bouteille. Caroline, de Brême, étudiante à Bonn, qui vient passer toutes ses vacances dans le coin. Elle songe d'ailleurs à s'y installer. Ofé préférerait que son fiston aille plutôt la rejoindre en Allemagne et qui sait, faire carrière là-bas. Je n'ai rien dit.

Le troisième jour, vers midi, surgissent deux gamines, treize, quatorze ans, accompagnés de la maman d'une des deux, qui nous demandent si elles peuvent profiter de "notre" piscine, parce que la leur n'est pas chauffée. Euh...ouais, allez-y, faites comme chez vous. Elles ne se font pas prier. Splash!... Cuiiiii!... Gnîîî!... - et tout ceci pendant que leur mère va faire les courses.
Le lendemain, vers neuf heures, j'étais encore dans les vapes, à me préparer mon Nès - ding dong! revoilà les princesitas. Cette fois, on les a pour toute la journée - splash!... Cuiiii!... etc. On déjeune avec elles et la mère, on a préparé une sorte de ratatouille (elles ont vu le film, donc ça passe). La mère travaille comme architecte à Mexico, elle est gentille, mais elle n'a aucune autorité sur sa fille. Celle-ci et sa copine repiquent une tête, puis vont regarder la télé en se goinfrant de gâteaux et en se bombardant de popcorn. Bon, on veut bien être sympa, mais les proverbiales limites sont vite atteintes. On développe une stratégie perfide: écoutez, les filles, demain y a les beaux-parents qui arrivent, on aura besoin d'aide, en cuisine; vous venez nous aider couper les légumes, les viandes, faire la vaisselle, tout ça, hein, les filles? Grands sourires. A demain, donc. On les a plus revues.