Bon, l'Allemagne, tout ça, c'est bien joli, mais, job oblige, on est bien obligé d'aller faire un tour en France, pour se ressourcer, comme disent les coincés du cul, ou tout simplement pour y humer l'air. L'air, en cette saison, est évidemment froid, voire glacial, tellement glacial que notre train en provenance de Francfort a dix-sept minutes de retard, qu'on aura donc loupé notre correspondance à Sarrebruck avant même de commencer le voyage. A Sarrebruck, on nous dit qu'il va falloir poireauter trois heures, tant pis, nous nous balladons à travers la zone piétonnière commerciale, qui ressemble comme deux flocons de neige à toutes les zones commerciales de toutes les villes allemandes, avec les inévitables Karstadt, Kaufhof et restaurants Nordsee, on va déjeuner au Stiefel, dans la vieille ville, on en profite pour goûter aux spécialités régionales, puis on retourne à la gare, prendre le TER pour Strasbourg.

A peine un kilomètre plus loin, un feu sur la voie reste obstinément au rouge, le conducteur du TER est obligé de rebrousser chemin. Retour à Sarrebruck donc, nous ressentons, comment dire, un léger agacement, et on nous explique qu'il va falloir prendre le tram jusqu'à Sarreguemines et de là le car pour Strasbourg. On se met donc en route, avec un étudiant qui veut rentrer à Kehl, en face de Strasbourg, une étudiante qui va rejoindre son copain français, un militaire stationné à Colmar, et une dame âgée qui voulait passer le Nouvel An chez son fils à Offenbourg. Un autre mythe qui fout le camp, soit dit en passant: la fiabilité allemande. A Sarreguemines, le car arrive, et nous voilà en route, de nuit, à travers les Vosges enneigées. C'est un peu dangereux, soit, verglas et compagnie, mais c'est magnifique, aussi. Après ça, plus besoin d'aller voir "Les chroniques de Narnia".

L'hôtel à Strasbourg nous a heureusement gardé notre chambre, malgré nos six heures de retard sur le planning. Juste le temps de se débarbouiller et de demander s'il y a encore des restos ouverts. L'Hippopotamus? hasarde la réceptionniste. Ça va pas, non? Finalement, elle nous trouve un resto alsacien à deux pas. Dix minutes plus tard, j'ai dégusté un Gewürz vendanges tardives - rien de tel pour vous reconcilier avec toutes les compagnies ferroviaires du monde...

Pourquoi Strasbourg, en fait? Metz, c'est plus près, juste en face, pour ainsi dire. C'est qu'on adore Strasbourg, on y va au moins une fois par an, on y a pris nos petites habitudes. Le lendemain, on se dépêche de faire notre shopping, la FNAC, la librarie Kléber, des magasins de fringues. Je trouve ce qu'il me faut pour mes cours de philo, entre autre l'Anti-manuel de Michel Onfray, je suis moins chanceux en matière d'informatique, rien de concis sur l'art de créer un intranet. En feuilletant la presse, j'apprends qu'une nouvelle scène rock est en train de se constituer en France. Tiens, tiens? - Je n'aurai pas eu le temps de creuser le sujet, mais s'il y a parmi vous quelqu'un qui pourrait me renseigner là-dessus, je suis preneur!

Le retour à Oberstein se passe sans histoires.

 

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