On y trouve, parfois, de ces chansons sur le blogroll musical. Tenez, récemment, j'y télécharge la version live de "School" par Supertramp, enregistré à Paris en novembre 1979. Ce qu'elle a de spécial, cette version? C'est que j'y suis dessus, ouaip, dans le public. Comme j'ai une manière très caractéristique d'applaudir, vous pourrez d'ailleurs très facilement me repérer parmi les 8.000 énergumènes présents ce soir-là ;-)supertramparis.jpg

Cool, non? Enfin, "cool"... Il est clair qu'en 1979 il y avait trois mille groupes plus excitants à voir en concert que Supertramp. Des noms? Blondie, the Buzzcocks, the Clash, Gang Of Four, the Jam, Killing Joke, Madness, the Police, Nina Hagen, the Specials, XTC; du côté français Jacno, Marquis de Sade, Téléphone, Bijou et j'en passe. Seulement nous, on avait quatorze ans, on aimait bien les mélodies de Supertramp, et d'entendre des choses comme "When I was young, it seems that life was so wonderful", ça nous interpellait 'achement au niveau du vécu, t'vois. Surtout à quatorze ans.

Donc, dès que la nouvelle de leur arrivée nous était parvenue, on a décidé d'y aller. Ce serait notre premier concert et les billets nous ont coûté une fortune: 69 Francs (nouveaux). Face à notre enthousiasme proche du délire, plusieurs parents se sont alors inquiétés: pensez-donc, un concert de rock, dans une salle appelée Abattoirs, Porte de Pantin, le nord-est parisien! Décidés de protéger leur progéniture du contact avec un milieu aussi malfamé, ces parents proposaient un deal: on vous rachète le billet et on vous paye, ché pas, une soirée resto à la place, c'est bien, non? Y en a eu qui se sont laissés tenter, ha! Nous par contre, réduits au nombre de trois, les mecs cool, la fraction hardcore, les caïds du quartier, on y allait et on laissait les traîtres jouer à papa-môman dans une pizzeria minable de banlieue-ouest.

Et de fait, quand dans la salle les lumières se sont éteintes, qu'on gueulait d'enthousiasme, quand a retenti l'harmonica de "School", quand Hodgson a entamé "I can see you in the morning when you go to school", il était clair que le lendemain au lycée, on aurait des choses à raconter. Nous.
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