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Les chansons sur ce site peuvent être téléchargées pour un temps limité: 7 jours. Elles n'ont d'autre but que de susciter des passions musicales. Bien entendu, je vous invite à vous ruiner en achat de CDs et d'autres supports, quitte à bouffer de la vache enragée pour le restant du mois...

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Por eso

It's a thousand pages / Give or take a few / I'll be writing more / In a week or two

Blog d'expat, celui d'un prof franco-allemand au Mexique, qui, après y avoir vécu plus de sept ans, s'estime en droit de se faire traiter de chilango (comme d'autres se feraient traiter de parigot). 


Samedi 19 avril 2008
Résumé de l'épisode précédent: England rules.

En 1963, Sheila chantait "T'es plus dans le coup, Papa". Papa, à la rigueur, pouvait s'y habituer; on a tous été jeunes, n'est-ce pas? Quand arrivent les Stones, en 1968, ils iront sensiblement plus loin: "Non seulement t'es plus dans le coup, Papa, mais encore je vais te refaire LA TÊTE AU CARRÉ!!"
Du moins, c'est l'impression qu'il pouvait avoir, Papa, rien qu'en écoutant la musique et sans comprendre un traître mot aux paroles.

Les Stones, de leur côté, revenaient de loin; 1967 avait été une année désastreuse; Jagger et Richards avaient pu éviter la prison de justesse, vers la fin de l'année sortait un album faiblard, Their Satanic Majesties Request, vite considéré comme un sous-Sgt. Pepper's. La honte. Visiblement, le psychédélisme de type british, avec ses frasques mi-parodiques mi-nostalgiques d'un empire colonial perdu, ne convenait pas aux Stones, au contraire de leurs illustres concurrents. Coup de bol ou d'inspiration, ils se réinventent et sortent début 1968 un 45 tours époustouflant, Jumpin Jack Flash, nous y voilà.

Personnellement, pour symboliser tout cette période soixantehuitarde, période brève comme le nom devrait l'indiquer, je préfère Jumpin Jack à Street Fighting Man, qui reste un document d'époque. Tandis que Jumpin Jack Flash va au delà; pour les Stones d'abord, puisque la chanson est la matrice de tous les titres des Stones à venir, même quarante ans après, pour nous ensuite, qui n'avons pas (consciemment) vécu cette époque. Il y a décidément un je-ne-sais-quoi de subversif qui surplombe cette chanson, quelque chose qui, à condition de l'avoir bien écouté, fait que plus jamais vous regarderez votre supérieur hiérarchique ou n'importe quel emmerdeur du quotidien de la même façon. Dorénavant, il y aura toujours cette alternative: lui refaire LA TÊTE AU CARRÉ, fût-ce verbalement.

Alors finalement, qu'importe-t-il de s'attarder sur des discours lénifiants, léninistes, passés de mode tout comme la sotériologie psycho des années 70 ou l'exégèse de la pub des années 80. Les discours s'usent, d'autant plus quand ils se figent, je ne vous apprends rien. Les sons, eux, persistent, continuent à faire leur chemin.
La chanson des Stones permet de comprendre 1968 comme une attitude, et non plus comme un processus historique classé, fiché et encartonné.




Bizarrement, la clip original est introuvable sur YouTube aussi bien que sur DailyMotion, sans doute une question de droits d'auteurs. Par contre, j'ai mis la main sur cette version en semi-live en noir et blanc qui est d'époque, même si je n'ai pas pu retrouver d'où elle sort. Elle vaut son coup d'oeil.

Et au cas où vous ne sauriez plus où vous avez rangé votre CD, voici la chanson originale:


Télécharger: The Rolling Stones - Jumpin Jack Flash (mp3) - acheter

par Gryphon publié dans : Musiques
Vendredi 18 avril 2008
A en croire certains, tous les maux de la planète viendraient de la pensée 68; c'est même devenu tellement courant qu'au moindre disfonctionnement entr'aperçu dans les news, dans la rue, dans la chambre à coucher, au moindre pavé trouvé sous la plage, c'est le spectre de mai 68 qu'on évoque. Je sais bien qu'il y a eu le livre de Luc Ferry et d'Alain Renaut, mais quand-même: je n'ai toujours pas compris en quoi elle consiste exactement, cette pensée 68. Un truc de gauchistes? Oui, mais lesquels? Déjà qu'il fallait différencier entre les trotzkistes, les maoïstes, les italiens (Gramsci), voire ceux qui se déclaraient marxistes tendance Groucho. Ou alors un truc de hippy, de baba fleurant le patchouli, retourné à la terre ou au Népal ou juste on ze road? Bien entendu, si on part d'une caricature, on n'ira pas bien loin.

Mais surtout, qu'elle aurait été l'alternative à l'époque? La pensée "ancien combattant"? Ou pire, la pensée "résistant de la dernière heure" avec son cortège d'hypocrisie, d'autoritarisme grandiloquent et d'un autre âge? Quitte à choisir, je préfère les quelques barricades, et je dis bien "quelques". Mai 68, c'était un affrontement de minorités; pour la grande masse des gens, on constate plutôt une absence de pensée, comme aujourd'hui, comme toujours. Suffisait d'attendre que l'essence revienne.


Je n'avais que trois ans l'époque, et tout ce dont je me souviens, c'est une vague inquiétude parentale. On n'habitait pas très loin de Nanterre. Trois ans, ça signifie aussi que par la force des choses, j'ai raté tout un tas de musiques qui ont paru
cette année-là et que j'ai dû rattraper par la suite. Et puis, soyons sérieux, une année où paraissent tant de disques épatants, elle est si mauvaise que ça?

Parmi les groupes à commenter directement les évènement de mai 68, les Stones, Street Fighting Man: "Well what can a poor boy do / Than to sing in a rock'n'roll band? / Cause in sleepy London Town there's just no place for a street fighting man". Comme souvent chez les Stones, les paroles disent une chose et la musique l'inverse, en l'occurence: oui! il y a de la place pour le combattant des rues. En rétrospective, Jagger avait sans le vouloir vu juste. Alors que ça barde partout ailleurs, l'Albion, pas perfide pour deux pennies, reste calme, préférant les ballades à Carnaby Street que de bazarder Piccadilly. Les Anglais, aussi, en avaient vu d'autres depuis 1963, cinq ans d'explosion de scène rock pour voir venir. A une exception près: le 17 mars, à Grosvenor Square, une manif anti-guerre du Vietnam tourne au vinaigre; Jagger y est, manque de se faire tabasser et apporte de fait la caution de la partie "swingin'" de Londres: "everywhere I hear the sound of marching charging people"...

Comparé à l'Angleterre, la France faisait de son côté l'effet d'une cocotte-minute sur le point d'exploser (à suivre)...

Télécharger: The Rolling Stones -
Street Fighting Man (mp3) - acheter
par Gryphon publié dans : Musiques
Samedi 8 mars 2008
undefinedundefinedJournée de la femme? Ce sera l'occasion, comme l'année dernière, de poster un spécial chansons féminines, sauf que cette fois-ci, on va se restreindre à la France des Sixties et de vous faire écouter sept petites merveilles désopilantes de chanteuses injustement oubliées.

A vrai dire, on doit ces
redécouvertes en grande partie au blogroll musical et aux efforts infatiguables de Filles Sourires, de Blowupdoll, de Dans Mon Cafe et tant d'autres. Aucun de ces blogueurs n'est Français, ils ne passeraient sans doute pas un DELF A2, mais ils ont bien compris que ces chansons-là, c'était une histoire de look et d'inflexions - donc pas du tout dans la undefinedtradition de la "chanson à texte" française. Probablement la raison pour laquelle on ne s'en souvient plus en France.
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Ou presque: vous vous étonnerez sans doute de trouver Chantal Goya dans la liste, ouaip, cette même Chantal qui nous a donné les immortels Bécassine c'est ma cousine et autres Voulez-vous fumer un joint, grand-mère? - C'est que nos francophiles blogueurs n'ont pas nos préjugés (et notre expérience): ils ont vu Chantal Goya dans Masculin Féminin de Godard et dégoté la discographie complète cuvée Sixties qui recèle quelques pépites, qui l'eût cru? Même si certaines inflexions de la voix annoncent déjà les incommensurables Bécassine c'est ma cousine et autres Voulez-vous m'accompagner à mon club d'échangistes, grand-mère?

En ce qui concerne les autres, je vous ai mis quelques liens informatifs, histoire de ne pas être trop bavard. Et maintenant, musiques!

Télécharger: Chantal Goya - Tu m'as trop menti (mp3)
Je ne crois plus à tes promesses / Tu m'as trop menti / Tu connaissais mon adresse / Tu ne m'as pas écrit

Télécharger: Tiny Yong - Huits jours par semaine (mp3)
Huits jours par semaine /Trente-six heures par jour / Il faut que tu viennes / Me parler d'amour

Télécharger: Chantal Kelly - Caribou (mp3)
Il est perdu le temps déjà / Où nous jouions toi et moi / Aux Indiens dans la forêt

Télécharger: Gillian Hills - Rien n'est changé (mp3)
Rien n'est changé / Tout est comme par le passé / Les jours qui nous ont séparés / Sont oubliés

Télécharger: Christine Pilzer - Champs Elysées (mp3)
Ma mini-jupe et mes chaussettes / Mon panty jaune à pois, mes badges et mes lunettes / Mon rose à joues sur mes paumettes / Mon noir autour des yeux - et voilà, je suis prête!

Télécharger: Jacqueline Taïeb - Ce soir je m'en vais (mp3)
Ce soir je m'en vais / Hélas, il est fini / Le beau voyage à Londres / Demain je serai à Paris

Télécharger: Claudine Longet - L'amour est bleu (mp3)
Doux, doux, l'amour est doux / Douce est ma vie, ma vie dans tes bras
par Gryphon publié dans : Musiques
Mardi 1 janvier 2008
Bon. Comme l'année dernière, voyons voir un petit peu ce qui s'est passé en matière de musiques. A priori, j'ignore comment vous le ressentez, pas grand chose. J'ai été voir chez Uncut, chez Q, chez les Inrocks - rien de bien spécial, aucune grande nouvelle tendance, aucune révélation du type "j'ai vu l'avenir du rock et il s'appelle...". Le fait le plus marquant, ce serait plutôt du côté rockbiz: Radiohead qui distribue gratuitement son album via son site, Prince qui offre le sien en collaboration avec un quotidien britannique, McCartney qui passe de EMI chez Starbucks - bref, on passe à une politique de vente qui va laisser sur le carreau plus d'une maison de disques, sans parler de canaux de distribution alternatifs qui délaissent les grands magasins (wake up, Olivennes). Tendance qui se confirmera en 2008.

Pour le reste, 2007 a été l'année des réformations plus ou moins enthousiasmantes (Police, Led Zep, Genesis) et l'occasion pour d'autres de confirmer (ou pas) le fol espoir qu'on avait placé en eux.

Prix "toutes catégories confondues": Robert Plant/Allison Krauss. J'avais tout d'abord songé à placer Robert Plant dans la catégorie "revenant", mais après tout, il n'a jamais cessé de sortir des disques depuis la séparation du Zeppelin en 1980. Et concert de réunion ou pas, le voici en compagnie de la chanteuse Allison Krauss et sort un album folk, country, blues, rien à voir avec Whole Lotta Love, s'il n'y avait cette voix... De Raising Sand, voici Gone Gone Gone (Done Moved On).

Prix "frenchy": On en a eu un peu marre cet an-ci, de la nouvelle scène française, les Bénabar et consorts, d'autres "fils de" et "filles à prénom" qui sortent leur album. Du coup, c'est la french touch qui ressort le bout de son nez, le live de Daft Punk et le premier album des héritiers, Justice (qui sont même venus à Mexico, maijaipapuallervoir). Parmi celles qui ne décoivent pas, Keren Ann, qui a sorti un magnifique album éponyme en anglais, et Pauline Croze, qui a su évoluer d'un album à l'autre, intitulé Un Bruit Qui Court, et qui court plutôt bien. De la première, voici le très velvetien Lay Your Head Down, de la seconde, voiça Jour de foule.

Prix "nous disions donc?"
: Comme l'année dernière, il y avait le retour de Kate Bush, il y a eu cette année Suzanne Vega. Retour discret, soit, mais néanmoins convaincant. Folk new-yorkais, arrangements sophistiqués, références littéraires et cinématographiques, de Beauty And Crime, voici Unbound. Autre revenant, Manu Chao, qui propose autre chose qu'une énième variation de Clandestino. A croire que dans Radiolinea, il s'est souvenu de Mano Negra. En voici le Rainin In Paradise.

Prix "je confirme": j'en vois surtout deux - Bloc Party et Feist. Des premiers, rockeurs alternatifs britanniques, je retiens ce titre de leur second album intitulé A Weekend In The City: Kreuzberg. La Canadienne Feist, quant à elle, en est à son troisième album solo, intitulé The Reminder. En voici un titre, My Moon My Man.

Prix "viva México, cabrones": Instituto Mexicano de Sonido, IMS pour les intimes. De l'électro mex, mâtiné de sons traditionnels, de rap, de tout et n'importe quoi. De l'album Piñata, voici Para No Vivir Desesperado. A la réflexion, les CSS de l'année dernière, c'était quand même un peu plus jouissif. Et sinon, impossible de passer outre le dernier Café Tacuba, Sino, dont voici 53100.

Prix "prof de langues": Tokio Hotel. Voilà ce qu'il faut faire, en France: rameuter des jeunôts mangaïsés, leur faire enregistrer deux trois tubes ciblés gamines, et hop, c'est reparti pour l'enseignement du français au niveau mondial. Pour l'instant, c'est ce qui arrive à la langue de Goethe. De qui? Pas grave; en attendant, un titre chanté en anglais (!), reprise de Lennon: Instant Karma.

Prix "mea maxima culpa": ToToM. Voui, là je répare mes torts: il y a quelque temps, j'avais proposé un de ses mashups sur ce blog, tout en faisant la fine bouche. Sur quoi il m'a plus ou moins engueulé via un commentaire, et bon, depuis, j'ai appris à connaître un peu mieux ses productions, dont ce monstrueux Enter North American Sharona (Sympathy For Her), qui mélange Metallica, les Stones et The Knack. Aussi fort (Stones), voire plus fort (Knack) que les originaux.  

Prix de consolation: Britney Spears. Qui en a bavé en 2007, ça tout le monde le sait, et qui a quand-même eu le temps de sortir un album dance plutôt potable - et ça, on le sait moins. Témoin ce Piece Of Me, qu'on traduirait par...? "Tu veux ma photo"? Remarquez, des photos d'elle, ce n'est pas ça qui a manqué... (NB: MediaFire refuse de mettre le titre en ligne, donc soit je trouve un serveur alternatif, soit tant pis.)

Et pour finir, pas de prix, mais une remarque inquiète: comment elle va faire, Carla Bruni, lors d'un prochain concert? Personnellement, je trouverais très dommage d'abandonner une chanson comme "Raphaël", juste parce qu'elle n'est plus d'actualité... Vous vous souvenez tous des paroles: "Quatre consonnes et trois voyelles / C'est le prénom de Raphaël", aïe, ça va plus...  On pourrait peut-être réécrire le texte, ché pôh, "Un S, un -ar- et un k.o. / un zyzy que j'croyais plus gros" - ah non, stop stop stop, vous voyez un peu ce que vous me faites faire, là? Vous allez voir, dans dix minutes, ça va être de ma faute!...

Bonne année, tout le monde!
par Gryphon publié dans : Musiques
Samedi 15 septembre 2007
On y trouve, parfois, de ces chansons sur le blogroll musical. Tenez, récemment, j'y télécharge la version live de "School" par Supertramp, enregistré à Paris en novembre 1979. Ce qu'elle a de spécial, cette version? C'est que j'y suis dessus, ouaip, dans le public. Comme j'ai une manière très caractéristique d'applaudir, vous pourrez d'ailleurs très facilement me repérer parmi les 8.000 énergumènes présents ce soir-là ;-)supertramparis.jpg

Cool, non? Enfin, "cool"... Il est clair qu'en 1979 il y avait trois mille groupes plus excitants à voir en concert que Supertramp. Des noms? Blondie, the Buzzcocks, the Clash, Gang Of Four, the Jam, Killing Joke, Madness, the Police, Nina Hagen, the Specials, XTC; du côté français Jacno, Marquis de Sade, Téléphone, Bijou et j'en passe. Seulement nous, on avait quatorze ans, on aimait bien les mélodies de Supertramp, et d'entendre des choses comme "When I was young, it seems that life was so wonderful", ça nous interpellait 'achement au niveau du vécu, t'vois. Surtout à quatorze ans.

Donc, dès que la nouvelle de leur arrivée nous était parvenue, on a décidé d'y aller. Ce serait notre premier concert et les billets nous ont coûté une fortune: 69 Francs (nouveaux). Face à notre enthousiasme proche du délire, plusieurs parents se sont alors inquiétés: pensez-donc, un concert de rock, dans une salle appelée Abattoirs, Porte de Pantin, le nord-est parisien! Décidés de protéger leur progéniture du contact avec un milieu aussi malfamé, ces parents proposaient un deal: on vous rachète le billet et on vous paye, ché pas, une soirée resto à la place, c'est bien, non? Y en a eu qui se sont laissés tenter, ha! Nous par contre, réduits au nombre de trois, les mecs cool, la fraction hardcore, les caïds du quartier, on y allait et on laissait les traîtres jouer à papa-môman dans une pizzeria minable de banlieue-ouest.

Et de fait, quand dans la salle les lumières se sont éteintes, qu'on gueulait d'enthousiasme, quand a retenti l'harmonica de "School", quand Hodgson a entamé "I can see you in the morning when you go to school", il était clair que le lendemain au lycée, on aurait des choses à raconter. Nous.
par Gryphon publié dans : Musiques
 
 
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