Por eso
It's a thousand pages / Give or take a few / I'll be writing more / In a week or two
Blog d'expat, celui d'un prof franco-allemand au Mexique, qui, après y avoir vécu plus de sept ans, s'estime en droit de se faire traiter de chilango (comme d'autres se feraient traiter de parigot).
Vu leur nombre de médailles olympiques, les Chinois et les Américains ont de quoi être blasés. Encore une, de dorée? Pfff... y a encore de la
place, dans la penderie? On les comprend. Alors que le Mexique, lui, n'a en tout et pour tout qu'une seule petite médaille à son palmarès, bronzée, celle-là, et de se retrouver (pour l'instant) à
la 72e place du pinche classement mondial.
Oui, mais quelle médaille! Disons-le tout net: c'est le bronze tout court, une médaille qui vaut son pesant d'or (okay, facile, celle-là), oubliez Michael Phelps (pas facile, en revanche), vive le plongeon-synchronisé-haut-vol-dix-mètres-femme, sport infiniment complexe si j'en juge de la taille du nom, vivent Tatiana Ortíz et Paola Espinosa!...
Déjà que tout au Mexique est prétexte à une fête, vous imaginez ce que ça donne dans les parages, l'exploit youtubisé de façon multiple, qu'on se passe et se repasse, le "arriba... uno... dos..." concentré des plongeuses... D'ailleurs, en voici un, de ces vidéoclips, mal fichu mais assez, disons, évocateur:
Et de toute façon, comme disent nos copains du sitio de taxis, elle ne valent rien, les médailles d'or. La preuve? Elles sont fabriquées en Chine.
Edit du 22 août: Bon, elles ont beau être made in China, ces médailles d'or, on ne va pas non plus cracher dans la soupe. Deux médailles d'or pour le Mexique à ce jour.
Oui, mais quelle médaille! Disons-le tout net: c'est le bronze tout court, une médaille qui vaut son pesant d'or (okay, facile, celle-là), oubliez Michael Phelps (pas facile, en revanche), vive le plongeon-synchronisé-haut-vol-dix-mètres-femme, sport infiniment complexe si j'en juge de la taille du nom, vivent Tatiana Ortíz et Paola Espinosa!...
Déjà que tout au Mexique est prétexte à une fête, vous imaginez ce que ça donne dans les parages, l'exploit youtubisé de façon multiple, qu'on se passe et se repasse, le "arriba... uno... dos..." concentré des plongeuses... D'ailleurs, en voici un, de ces vidéoclips, mal fichu mais assez, disons, évocateur:
Et de toute façon, comme disent nos copains du sitio de taxis, elle ne valent rien, les médailles d'or. La preuve? Elles sont fabriquées en Chine.
Edit du 22 août: Bon, elles ont beau être made in China, ces médailles d'or, on ne va pas non plus cracher dans la soupe. Deux médailles d'or pour le Mexique à ce jour.
par Gryphon
publié dans :
Mexique
D'accord, on ne peut pas dire qu'on ait choisi une destination fichtrement exotique pour passer nos vacances. Cuernavaca, à une heure de Mexico,
c'est comme si venant de Paris on passait nos vacances à Fontainebleau. Mais d'un autre côté, comme la tante de ma meilleure moitié nous proposait sa grosse grosse villa pour nous tous seuls,
autant profiter de ses largesses. En route!
On y est resté cloîtré. Naze comme je l'étais, après une folle semaine à former, surveiller, remplacer, tout ce que j'ai fait durant dix jours, c'est regarder l'herbe pousser. Et les nuages passer, le soleil briller, l'orage éclater, la pluie tomber. On aurait pu visiter la ville, un musée, un resto, un bar, une pyramide, un site naturel - non, rien de tout ça, ce sera pour une autre fois.
L'avantage de la villa, c'était aussi qu'on pouvait y emmener le clebs, qui du coup aurait pu gambader à volonté dans le jardin, s'il n'était aussi flemmard que ses maitres adorés. C'est tout juste s'il a daigné prendre la pose:

Le propriétaire des lieux fait, paraît-il, une petite fixation sur Don Quijote, comme on le peut voir entre autres ci-dessus. A noter que le chien préfère la compagnie de Sancho au Don; qu'il serait un peu gauchiste sur les bords que ça ne m'étonnerait pas. Normal, après tout, pour un chien qui vient de la rue...
A vrai dire, on n'était pas tous seuls: il y avait Ofelia, Ofé pour les intimes, qui s'occupe de la maison depuis des décennies. On nous l'avait décrite comme une femme maussade, mal lunée - eh bien pas du tout, elle était charmante, on a vite sympathisé. Elle s'occupait de tout, puis disparaissait, à la manière des domestiques dantan (ce qui m'étonnera toujours). Son fils a une copine allemande, tiens donc, on fait connaissance autour d'une petite bouteille. Caroline, de Brême, étudiante à Bonn, qui vient passer toutes ses vacances dans le coin. Elle songe d'ailleurs à s'y installer. Ofé préférerait que son fiston aille plutôt la rejoindre en Allemagne et qui sait, faire carrière là-bas. Je n'ai rien dit.
Le troisième jour, vers midi, surgissent deux gamines, treize, quatorze ans, accompagnés de la maman d'une des deux, qui nous demandent si elles peuvent profiter de "notre" piscine, parce que la leur n'est pas chauffée. Euh... ouais, allez-y, faites comme chez vous. Elles ne se font pas prier. Splash!... Cuiiiii!... Gnîîî!... - et tout ceci pendant que leur mère va faire les courses.
Le lendemain, vers neuf heures, j'étais encore dans les vapes, à me préparer mon Nès - ding dong! revoilà les princesitas. Cette fois, on les a pour toute la journée - splash!... Cuiiii!... etc. On déjeune avec elles et la mère, on a préparé une sorte de ratatouille (elles ont vu le film, donc ça passe). La mère travaille comme architecte à Mexico, elle est gentille, mais elle n'a aucune autorité sur sa fille. Celle-ci et sa copine repiquent une tête, puis vont regarder la télé en se goinfrant de gâteaux et en se bombardant de popcorn. Bon, on veut bien être sympa, mais les proverbiales limites sont vite atteintes. On développe une stratégie perfide: écoutez, les filles, demain y a les beaux-parents qui arrivent, on aura besoin d'aide, en cuisine; vous venez nous aider couper les légumes, les viandes, faire la vaisselle, tout ça, hein, les filles? Grands sourires. A demain, donc. On les a plus revues.
On y est resté cloîtré. Naze comme je l'étais, après une folle semaine à former, surveiller, remplacer, tout ce que j'ai fait durant dix jours, c'est regarder l'herbe pousser. Et les nuages passer, le soleil briller, l'orage éclater, la pluie tomber. On aurait pu visiter la ville, un musée, un resto, un bar, une pyramide, un site naturel - non, rien de tout ça, ce sera pour une autre fois.
L'avantage de la villa, c'était aussi qu'on pouvait y emmener le clebs, qui du coup aurait pu gambader à volonté dans le jardin, s'il n'était aussi flemmard que ses maitres adorés. C'est tout juste s'il a daigné prendre la pose:

Le propriétaire des lieux fait, paraît-il, une petite fixation sur Don Quijote, comme on le peut voir entre autres ci-dessus. A noter que le chien préfère la compagnie de Sancho au Don; qu'il serait un peu gauchiste sur les bords que ça ne m'étonnerait pas. Normal, après tout, pour un chien qui vient de la rue...
A vrai dire, on n'était pas tous seuls: il y avait Ofelia, Ofé pour les intimes, qui s'occupe de la maison depuis des décennies. On nous l'avait décrite comme une femme maussade, mal lunée - eh bien pas du tout, elle était charmante, on a vite sympathisé. Elle s'occupait de tout, puis disparaissait, à la manière des domestiques dantan (ce qui m'étonnera toujours). Son fils a une copine allemande, tiens donc, on fait connaissance autour d'une petite bouteille. Caroline, de Brême, étudiante à Bonn, qui vient passer toutes ses vacances dans le coin. Elle songe d'ailleurs à s'y installer. Ofé préférerait que son fiston aille plutôt la rejoindre en Allemagne et qui sait, faire carrière là-bas. Je n'ai rien dit.

Le troisième jour, vers midi, surgissent deux gamines, treize, quatorze ans, accompagnés de la maman d'une des deux, qui nous demandent si elles peuvent profiter de "notre" piscine, parce que la leur n'est pas chauffée. Euh... ouais, allez-y, faites comme chez vous. Elles ne se font pas prier. Splash!... Cuiiiii!... Gnîîî!... - et tout ceci pendant que leur mère va faire les courses.
Le lendemain, vers neuf heures, j'étais encore dans les vapes, à me préparer mon Nès - ding dong! revoilà les princesitas. Cette fois, on les a pour toute la journée - splash!... Cuiiii!... etc. On déjeune avec elles et la mère, on a préparé une sorte de ratatouille (elles ont vu le film, donc ça passe). La mère travaille comme architecte à Mexico, elle est gentille, mais elle n'a aucune autorité sur sa fille. Celle-ci et sa copine repiquent une tête, puis vont regarder la télé en se goinfrant de gâteaux et en se bombardant de popcorn. Bon, on veut bien être sympa, mais les proverbiales limites sont vite atteintes. On développe une stratégie perfide: écoutez, les filles, demain y a les beaux-parents qui arrivent, on aura besoin d'aide, en cuisine; vous venez nous aider couper les légumes, les viandes, faire la vaisselle, tout ça, hein, les filles? Grands sourires. A demain, donc. On les a plus revues.
par Gryphon
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Mexique
Tout récemment, une collègue qui revenait de France et qui avait assisté à une conférence de ministre, nous a prévenu que ça y est, le
ministère n'avait plus de sous. Sans blague? Est-ce que quelqu'un parmi vous - et la question est loin d'être rhétorique - a-t-il jamais, ne serait-ce qu'une fois dans sa vie de contribuable
lambda, entendu un ministre dire: "Bon, les enfants, nous croulons sous l'argent, allez-y, dépensez" ? Personellement, peu importe le gouvernement, le ministère, le pays, je n'ai jamais connu de
propos ministériels autres que misérabilistes, et je ne vais sans doute pas interrompre ma sieste pour si peu. Tout juste j'ajouterais une entrée dans le Dictionnaire des idées reçues de
Flaubert: "Ministère - Doit exceptionnellement s'astreindre à des restrictions budgétaires."
Et en parlant de lettres: Vous savez que dans notre Institut, la plus grande partie de nos étudiants sont Mexicains. Forcément. Parfois, nous avons aussi des Américains, ou Etatsunisiens, comme on dit ici. Il faut dire que les Américains qui choisissent de vivre dans la capitale sont assez éloignés des Gringos de base qui viennent faire la fête (ou ce qu'ils entendent comme tel) à Cancun ou à Acapulco. Pas grand chose à voir. Mais là, je dois avouer que j'étais quand-même scié en fines rondelles de voir un Américain assis dans la cafète en train de lire Candide de Voltaire, et en français dans le texte. Holy frijoles. Me suis demandé si c'était déjà l'effet Obama.
Télécharger: Téléphone - Argent Trop Cher (mp3) - acheter
Et en parlant de lettres: Vous savez que dans notre Institut, la plus grande partie de nos étudiants sont Mexicains. Forcément. Parfois, nous avons aussi des Américains, ou Etatsunisiens, comme on dit ici. Il faut dire que les Américains qui choisissent de vivre dans la capitale sont assez éloignés des Gringos de base qui viennent faire la fête (ou ce qu'ils entendent comme tel) à Cancun ou à Acapulco. Pas grand chose à voir. Mais là, je dois avouer que j'étais quand-même scié en fines rondelles de voir un Américain assis dans la cafète en train de lire Candide de Voltaire, et en français dans le texte. Holy frijoles. Me suis demandé si c'était déjà l'effet Obama.
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par Gryphon
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Mexique
On s'imagine qu'au Mexique tout est possible, même tout ce qui dans d'autres pays ne l'est pas, légalement s'entend. Qu'il y a une grosse
tendance à laisser aller, à laisser faire - eh bien non, pas toujours. Les autorités mexicaines peuvent faire preuve d'une extrême méticulosité quand il s'agit de débusquer les effractions. Votre
bizness, votre chantier ne correspond pas au règlement en vigueur? Vous avez oublié un détail? Vous vous retrouvez à la rue, et votre façade redécorée avec ça:

Mesure exceptionnelle? Du tout. À deux pas de chez moi, c'est maintenant toute une rue qui est clausurada; l'un après l'autre, les immeubles se sont fait apposer la fatale affiche. Par exemple cet immeuble en construction, quasiment achevé. Suffisait que les inspecteurs passent, et hop, clausurado!

Ou encore celui-ci, on en était à peaufiner les détails, la sonnette était déjà installée, manquait plus que les locataires, c'était sans compter sur les fins limiers de l'inspection. Hop, clausurado!

Et celui-ci, par qui la série noire avait commencé, cette porte derrière laquelle carburait un garagiste, tant bien que mal - mal? mal. Hop, clausurado! - Et comme personne n'a le droit d'enlever l'affiche, il faut attendre que le vent, la pluie, les clebs des rues s'en chargent.

Je soupçonne d'ailleurs le salon de coiffure, l'unique survivant de la rue, et dont les volets de fer restent obstinément clos depuis quelques jours, de s'être sabordé lui-même en prévision d'un contrôle et ainsi de partir la tête haute.

Mesure exceptionnelle? Du tout. À deux pas de chez moi, c'est maintenant toute une rue qui est clausurada; l'un après l'autre, les immeubles se sont fait apposer la fatale affiche. Par exemple cet immeuble en construction, quasiment achevé. Suffisait que les inspecteurs passent, et hop, clausurado!

Ou encore celui-ci, on en était à peaufiner les détails, la sonnette était déjà installée, manquait plus que les locataires, c'était sans compter sur les fins limiers de l'inspection. Hop, clausurado!

Et celui-ci, par qui la série noire avait commencé, cette porte derrière laquelle carburait un garagiste, tant bien que mal - mal? mal. Hop, clausurado! - Et comme personne n'a le droit d'enlever l'affiche, il faut attendre que le vent, la pluie, les clebs des rues s'en chargent.

Je soupçonne d'ailleurs le salon de coiffure, l'unique survivant de la rue, et dont les volets de fer restent obstinément clos depuis quelques jours, de s'être sabordé lui-même en prévision d'un contrôle et ainsi de partir la tête haute.
par Gryphon
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Mexique
Bien, amis de la culture, après quelques petits ennuis techniques chez Overblog et une grosse flemme de chez mézigue, je reprends du service. -
Je suis d'ailleurs étonné que vous ayez été malgré tout nombreux, si j'en crois mes stats, à venir faire un tour sur ce blog alors que ça faisait un petit moment qu'il n'y avait que dallissime à se
mettre sous la dent, ergo mmmmerci zà toutes et zà tous.
Ne pensez pas non plus que j'ai passé un mois et demi à me vautrer sur le sofa, sirotant des cocktails les uns plus exotiques les autres, naaaan, et j'en veux pour preuve ce petit photo-clip que j'ai bricolé à l'issue d'une fiestita au boulot et que je m'empresse de vous présenter comme qui dirait derechef. Les fessebouqués parmi vous le connaissent déjà, et comme je n'ai pas eu des masses d'écho, je me suis probablement ramassé un bide. M'enfin jugez vous-mêmes, et si jamais après coup vous avez des questions genre "qu'est-ce que l'auteur a bien voulu nous dire par-là?", n'hésitez pas; les comms c'est fait pour ça. Andale, pues:
Ne pensez pas non plus que j'ai passé un mois et demi à me vautrer sur le sofa, sirotant des cocktails les uns plus exotiques les autres, naaaan, et j'en veux pour preuve ce petit photo-clip que j'ai bricolé à l'issue d'une fiestita au boulot et que je m'empresse de vous présenter comme qui dirait derechef. Les fessebouqués parmi vous le connaissent déjà, et comme je n'ai pas eu des masses d'écho, je me suis probablement ramassé un bide. M'enfin jugez vous-mêmes, et si jamais après coup vous avez des questions genre "qu'est-ce que l'auteur a bien voulu nous dire par-là?", n'hésitez pas; les comms c'est fait pour ça. Andale, pues:
par Gryphon
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Mexique











