Jeudi 23 novembre 2006

En discutant avec Francine samedi dernier, alors qu'on était en train de fêter l'anniv' de Julien à l'Arlequin, on s'était rendu compte que s'il y avait quelque chose qui nous manquait en matière de gastronomie française, c'était bien les petits trucs, pâtés ou terrines sans nom, voire un banal croque arrosé d'un ou deux panachés. Les petits plats de bistro, pour tout vous dire.

Alors imaginons maintenant qu'on organise une bouffe et qu'on dit à des musicos d'apporter les plats et autres ingrédients, qu'est-ce que ça donnerait? Bien entendu, un musicien n'est pas forcément un fin gastronome, ni moi non plus d'ailleurs, enfin je réussis quand-même assez bien les glaçons (à condition d'avoir la recette sous la main). En cherchant bien, on trouve cependant tout ce qu'il faut pour fabriquer un menu plus ou moins substantiel.

On s'ouvre l'appétit avec des botanitas, du popcorn, apporté par Hot Butter, groupe éphémère dont le seule survivance consiste en ce titre, un ancêtre de l'électro sorti en 1972. Ou alors des potato chips, qui font le bonheur de Slim Gaillard: "crunch, crunch, I don't want no lunch, all I want is potato chips". Y en a qui se satisfont de peu, faut croire. Petite ritournelle jazzy de 1954.

Je crains bien qu'on n'ait pas grand chose à boire, que de l'eau, réclamée à corps et à cris par Melissa Etheridge, sur un titre de 1988. Ce sera donc un peu austère de ce côté-là, mais déjà arrive Nino Ferrer pour nous apporter des cornichons, via sa chanson rigolote de 1965. Et pas seulement: aussi de la moutarde, des p'tits oignons, du corned beed, du poulet froid, bref, tout ce qu'il faut pour un pique nique digne de ce nom. Paul McCartney se joint à nous avec une Flaming Pie. Une quoi? Ah, une tarte flambée! J'ignorais que Sir Paul s'y connaissait, en cuisine alsacienne, il est vraiment plein de ressources. Et puis Valérie Lemercier nous propose de goûter à ses frites consolatrices. Ma foi, c'est pas de refus... 

Bon, un petit dessert? Oui, mais pas trop lourd, une salade de fruits fera l'affaire, surtout quand c'est Bourvil qui l'a préparée. Vous avez remarqué? Slim, Nino, Valérie, Bourvil - c'est bien la preuve que cuisine, humour, tendresse vont très bien ensemble, mais oui, nonobstant ces fieffés diététiciens qui veulent nous persuader du contraire. On se calme un peu, en sirotant un café bien noir, bien serré préparé par Sarah Vaughan, sous forme de ballade bluesy de 1949. Pour ceux qui préfèrent du thé, pas de panique, on en a aussi, du Darjeeling par William Sheller (faut toujours qu'il fasse son Londonien, celui-là). On fait passer le tout avec un rhum du démon, sûrement piqué à la réserve secrète de Castro, avec les compliments des néo-swingueurs de Eight To The Bar. Ça vous remet d'applomb aussi sec, pfouh... Et puisqu'on est entre nous, on se fait une petite fumette pour terminer; non non, on ne refuse rien à Gainsbourg, pas de chichis.

C'est alors qu'arrive Jacques Brel, très en retard, très embarrassé, et il nous apporte... quoi, encore des bonbons? Enfin, on préfère ça à ses fleurs, c'est vrai que c'est moins périssable...

Update, en réaction aux commentaires: quelques gâteries, au cas où on aurait encore un petit creux.

Et une surprise du chef:

... de la bande originale du film de Diane Kurys; moins mythique que La Boum, mais en tout cas la musique était meilleure. Je viens de le dégoter aujourd'hui même...

Par Volker Rivinius - Publié dans : Mexique
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