Samedi 24 janvier 2009

Dans les années 80, il y avait ce film, où quatre personnes soudain se retrouvaient bloquées la nuit dans un ascenseur, sans aucun moyen de communiquer vers l'extérieur. À eux de s'en sortir, et une heure et demie de pellicule n'était pas de trop pour le faire. Aujourd'hui, un tel scénar est difficilement crédible: quelle est la probabilité qu'au moins une des personnes ait un portable en état de marche? 100 % ou presque. Bien sûr, on peut toujours imaginer que l'un des quatre est réfractaire au portable, que le second n'a plus de crédit, que le troisième n'a plus de piles et que le quatrième, l'andouille, l'a oublié sur son bureau, son portable. D'accord, mais tout spin doctor vous dira que comme situation de départ, c'est passablement tiré par les cheveux.


Technologie et trame narrative - je pensais à ça en regardant la première saison de Gossip Girl, qui est bien la première série non seulement à inclure les réseaux portable/blogosphère/YouTube, mais à s'en servir comme fondement de toute l'histoire. Ça va du désormais célèbre "XOXO" du générique au fait de recevoir n'importe quel ragot n'importe où n'importe quand sur son portable. Il fallait aussi que ça se passe dans un milieu urbain, dans un milieu jeune où l'on surévalue les ragots, dans un milieu rigide où toute déviance d'un chemin tracé dans ses moindres détails s'avère lourde de conséquences. L'Upper East Side new-yorkais faisait l'affaire.


Personnellement, je ne me suis jamais passionné pour séries narrant les péripéties de nantis US. Dallas? Pouah! Beverly Hills 92machinbidule? Qu'ils crèvent. Là pourtant, je me suis laissé prendre au jeu, peut-être parce que l'univers de Gossip Girl ressemble étonnamment à du Balzac - mâtiné d'un peu de Laclos. On y retrouve des Lucien de Rubempré, des Delphine de Nucingen, des Valmont, un ou plutôt une Rastignac, tant la parole féminine domine. On chercherait en vain un Vautrin, un Gobseck ou un Colonel Chabert, mais rien n'empêche, après tout, d'y inclure dans une prochaine saison un escroc, un narco portoricain ou un vétéran de la guerre du Golfe. A la place, il y a pour l'instant cet ancien musico, sorte d'all-American guy qui habite à Brooklyn, ce qui est sans doute à Manhattan ce qu'Angoulême est à Paris.


Comme pour les romans de Balzac, il est inutile d'y chercher un trop-plein de réalisme: trop recherchées, les répliques, trop stylé, trop archétypisée, l'univers de la mystérieuse Gossip Girl. Le problème évidemment, ce qu'avec une telle dépendance du côté hi-tech, la série risque de vieillir vite. Qui a dit "peau de chagrin"?




Télécharger: Suzanne Vega - As Girls Go (mp3) - acheter

Télécharger: Death In Vegas - Girls (mp3) - acheter

Télécharger: Edwyn Collins - A Girl Like You (mp3) - acheter

Par Gryphon - Publié dans : Visioconférences - Communauté : L'Avis des Eclectiques
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés