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Les chansons sur ce site peuvent être téléchargées pour un temps limité: 7 jours. Elles n'ont d'autre but que de susciter des passions musicales. Bien entendu, je vous invite à vous ruiner en achat de CDs et d'autres supports, quitte à bouffer de la vache enragée pour le restant du mois...

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It's a thousand pages / Give or take a few / I'll be writing more / In a week or two

Blog d'expat, celui d'un prof franco-allemand au Mexique, qui, après y avoir vécu plus de sept ans, s'estime en droit de se faire traiter de chilango (comme d'autres se feraient traiter de parigot). 


Lundi 5 mai 2008

Le speed-dating, vous connaissez, j'imagine? Bonjour-t'es-moche-au-revoir, ou alors bonjour-t'es-cute-au-revoir-quand-même. Du moment que c'est speed, peu importe les résultats.

Même impression mitigée à la vue d'une des innombrables applications pour Facebook, intitulée SocialMe: en gros, vous avez l'image d'un ou d'une facebooké(e) que vous pouvez taguer, c'est à dire affubler d'une appréciation insignifiante style "sweet", "cute", voire "nice" - et vous passez au facebooké suivant. La personne taguée aura le choix de vous remercier ou, si l'épithète ne lui convient pas, de vous gifler virtuellement. Vous pouvez éventuellement, si la photo vous inspire, créer votre propre tag style "supersonic", "jailhouserockish" ou "post-nietzschean". D'expérience, vous risquez de récolter plus de baffes comme ça...

Le plus fascinant, c'est encore de voir défiler ces centaines de photos de profil, des visages surtout, des sourires, de gros éclats de rire le plus souvent, parfois des mines sceptiques ou contemplatives ou tristounettes ou orgueilleuses. D'autres ont mis des photos en pied, toute seule, en bikini, en robe de mariée, en uniforme de travail, avec une ou plusieurs copines, avec un ou plusieurs enfants, avec un mari, un copain, un animal domestique, une famille complète, à la maison, au travail, à la plage, en ville, en voiture. Les photos féminines sont en général plus inventives et plus variées, elles sont parfois (mais plutôt rarement) retravaillées. Elles sont d'ailleurs plus nombreuses que leurs contreparties masculines, ce qui est dans l'ordre des choses, puisque deux tiers des utilisateurs de facebook sont des utilisatrices.

Bref, tout le monde s'y est mis, à la petite photo. Il y a quelques années encore, ce n'était pas si recurrent que ça, on faisait attention à ce qu'il fallait dévoiler. Personnellement, je refusais de promener ma tronche sur le web. Déjà que je signais mes interventions écrites de mon vrai nom, et j'estimais que ça suffisait en matière d'exhibitionnisme. Mais là, non, les réseaux sociaux ont changé la donne: maintenant, c'est carrément louche de ne pas mettre de photo, on se méfie de ceux ou celles qui refusent de se plier à l'exercice. Comme si l'absence de photo cachait un physique d'elephant man ou la gueule d'un pervers recherché par Interpol.

La photo numérique comme gage de veracité - un peu curieux, non? Alors qu'aujourd'hui, on peut faire n'importe quoi avec une photo! Et d'ailleurs, comment sait-on que la photo du profil représente bien celle ou celui qu'elle prétend représenter? Non, on dirait que ça ne pose pas problème: plus la photo est ratée, sous- ou surexposée, floue, pixelisée, plus elle inspire confiance. La mode, décidément, n'est plus aux avatars: sur Second Life, il y a deux ans à peine, tout le monde se créait des physiques de rêve ou de cauchemar, n'importe quoi pour échapper à l'apparence banale du quotidien, celle qui nous reflétait le miroir. Tandis que là, nous entrons pleins pots dans une phase de réalisme, et de réalisme parfois très cru. Ou très courageux, c'est selon.

Ou alors justement non, la multiplication des photos en ligne relativise, banalise. Le nombre de photos nulles ou ratées commence à devenir inquiétant. D'un côté, on fait tout pour prendre le contrepied de ces photos irréelles, mille fois retouchées, qu'on retrouve sur les couvertures de magazines à papier glacé, mais d'un autre côté, on refuse toute prétention esthétique qui, dans cette vision des choses, ne saurait être que mensongère. Et tout ça pour mériter son lot quotidien de "sweet", de "cute" et de "nice"? How sweet, en effet.

Télécharger: George Gershwin - Sweet And Low Down (mp3) - acheter
Télécharger: Tony Sheridan & The Beatles - Sweet Georgia Brown (mp3) - acheter
Télécharger: Brenda Lee - Sweet Nothings (mp3) - acheter

Rubrique "c'est quoi ces sucrecries?": L'occasion de vous refourguer quelques vieilleries sur le thème de "sweet". L'enregistrement de Gershwin, un classique de jazz dont Woody Allen a fait un film, date de 1926, pas moins, 82 ans d'âge et ça swingue toujours autant. Autre vieille rengaine, Sweet Georgia Brown, dans la version de Tony Sheridan, rocker britannique qui a pu s'enorgueillir d'avoir comme backing band les Beatles, en 1962. Et pour finir, Brenda Lee, une des rares rockeuses du début des années 60.

 
 
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