Por eso
It's a thousand pages / Give or take a few / I'll be writing more / In a week or two
Blog d'expat, celui d'un prof franco-allemand au Mexique, qui, après y avoir vécu plus de sept ans, s'estime en droit de se faire traiter de chilango (comme d'autres se feraient traiter de parigot).
A en croire certains, tous les maux de la planète viendraient de la pensée 68; c'est même devenu tellement courant qu'au moindre
disfonctionnement entr'aperçu dans les news, dans la rue, dans la chambre à coucher, au moindre pavé trouvé sous la plage, c'est le spectre de mai 68 qu'on évoque. Je sais bien qu'il y a eu le
livre de Luc Ferry et d'Alain Renaut, mais quand-même: je n'ai toujours pas compris en quoi elle consiste exactement, cette pensée 68. Un
truc de gauchistes? Oui, mais lesquels? Déjà qu'il fallait différencier entre les trotzkistes, les maoïstes, les italiens (Gramsci), voire ceux qui se déclaraient marxistes tendance Groucho. Ou
alors un truc de hippy, de baba fleurant le patchouli, retourné à la terre ou au Népal ou juste on ze road? Bien entendu, si on part d'une caricature, on n'ira pas bien loin.
Mais surtout, qu'elle aurait été l'alternative à l'époque? La pensée "ancien combattant"? Ou pire, la pensée "résistant de la dernière heure" avec son cortège d'hypocrisie, d'autoritarisme grandiloquent et d'un autre âge? Quitte à choisir, je préfère les quelques barricades, et je dis bien "quelques". Mai 68, c'était un affrontement de minorités; pour la grande masse des gens, on constate plutôt une absence de pensée, comme aujourd'hui, comme toujours. Suffisait d'attendre que l'essence revienne.
Je n'avais que trois ans l'époque, et tout ce dont je me souviens, c'est une vague inquiétude parentale. On n'habitait pas très loin de Nanterre. Trois ans, ça signifie aussi que par la force des choses, j'ai raté tout un tas de musiques qui ont paru cette année-là et que j'ai dû rattraper par la suite. Et puis, soyons sérieux, une année où paraissent tant de disques épatants, elle est si mauvaise que ça?
Parmi les groupes à commenter directement les évènement de mai 68, les Stones, Street Fighting Man: "Well what can a poor boy do / Than to sing in a rock'n'roll band? / Cause in sleepy London Town there's just no place for a street fighting man". Comme souvent chez les Stones, les paroles disent une chose et la musique l'inverse, en l'occurence: oui! il y a de la place pour le combattant des rues. En rétrospective, Jagger avait sans le vouloir vu juste. Alors que ça barde partout ailleurs, l'Albion, pas perfide pour deux pennies, reste calme, préférant les ballades à Carnaby Street que de bazarder Piccadilly. Les Anglais, aussi, en avaient vu d'autres depuis 1963, cinq ans d'explosion de scène rock pour voir venir. A une exception près: le 17 mars, à Grosvenor Square, une manif anti-guerre du Vietnam tourne au vinaigre; Jagger y est, manque de se faire tabasser et apporte de fait la caution de la partie "swingin'" de Londres: "everywhere I hear the sound of marching charging people"...
Comparé à l'Angleterre, la France faisait de son côté l'effet d'une cocotte-minute sur le point d'exploser (à suivre)...
Télécharger: The Rolling Stones - Street Fighting Man (mp3) - acheter
Mais surtout, qu'elle aurait été l'alternative à l'époque? La pensée "ancien combattant"? Ou pire, la pensée "résistant de la dernière heure" avec son cortège d'hypocrisie, d'autoritarisme grandiloquent et d'un autre âge? Quitte à choisir, je préfère les quelques barricades, et je dis bien "quelques". Mai 68, c'était un affrontement de minorités; pour la grande masse des gens, on constate plutôt une absence de pensée, comme aujourd'hui, comme toujours. Suffisait d'attendre que l'essence revienne.
Je n'avais que trois ans l'époque, et tout ce dont je me souviens, c'est une vague inquiétude parentale. On n'habitait pas très loin de Nanterre. Trois ans, ça signifie aussi que par la force des choses, j'ai raté tout un tas de musiques qui ont paru cette année-là et que j'ai dû rattraper par la suite. Et puis, soyons sérieux, une année où paraissent tant de disques épatants, elle est si mauvaise que ça?
Parmi les groupes à commenter directement les évènement de mai 68, les Stones, Street Fighting Man: "Well what can a poor boy do / Than to sing in a rock'n'roll band? / Cause in sleepy London Town there's just no place for a street fighting man". Comme souvent chez les Stones, les paroles disent une chose et la musique l'inverse, en l'occurence: oui! il y a de la place pour le combattant des rues. En rétrospective, Jagger avait sans le vouloir vu juste. Alors que ça barde partout ailleurs, l'Albion, pas perfide pour deux pennies, reste calme, préférant les ballades à Carnaby Street que de bazarder Piccadilly. Les Anglais, aussi, en avaient vu d'autres depuis 1963, cinq ans d'explosion de scène rock pour voir venir. A une exception près: le 17 mars, à Grosvenor Square, une manif anti-guerre du Vietnam tourne au vinaigre; Jagger y est, manque de se faire tabasser et apporte de fait la caution de la partie "swingin'" de Londres: "everywhere I hear the sound of marching charging people"...
Comparé à l'Angleterre, la France faisait de son côté l'effet d'une cocotte-minute sur le point d'exploser (à suivre)...
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par Gryphon
publié dans :
Musiques











