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It's a thousand pages / Give or take a few / I'll be writing more / In a week or two

Blog d'expat, celui d'un prof franco-allemand au Mexique, qui, après y avoir vécu plus de sept ans, s'estime en droit de se faire traiter de chilango (comme d'autres se feraient traiter de parigot). 


Mercredi 26 mars 2008
Inutile de se justifier quand on blogue, on est d'accord. Ça ne nous empêchera pas de chercher des antécédents, une tradition à laquelle se raccrocher... Récemment, je suis tombé sur les Mythologies de Roland Barthes. Le livre est maintenant vieux de plus d'un demi-siècle. Le scandale qu'il a pu causer en son temps est loin.

Il n'empêche: ces petits textes qui analysent tout et n'importe quoi pourvu que ça fasse partie du quotidien, que ce soit le Tour de France, Racine, le bifteck et les frites, l'astrologie ou encore le cerveau d'Einstein, voilà qui n'est somme toute pas si éloigné de la démarche d'un blog généraliste. Bien sûr, on dira que pour beaucoup de ses textes, le contexte a disparu: qui se souvient encore de Minou Drouet, de ce que signifie l'acteur d'Harcourt ou l'opération Astra? Pas moi. D
e plus, en 1957, on en est à une sémiotique balbutiante, on s'aperçoit que Barthes s'escrime à poser un fondement théorique, scientifique à ses analyses. De ce côté-là, c'est l'échec. On peut facilement contester - et on l'a fait plus d'une fois - la définition du mythe selon Barthes: le mythe comme parole, c'est à dire comme système de communication, comme mode de signification. On peut même refuser cette objectivisation des analyses pour ne garder finalement ce qui importe vraiment: un regard clair (et subjectif) sur les choses qui nous entourent. Que faut-il de plus?

Le but de l'entreprise barthésienne se veut destructive: l'ennemi, c'est la bourgeoisie. Comme il le dit dans la préface de 1970 (nette plus radicale que celle de 1957), "pas de sémiologie qui finalement ne s'assume comme sémioclastie". Il s'agit donc de s'attaquer à un comportement, un mode de penser plus qu'à une classe sociale - car après tout, c'est comme pour le ringard: on est toujours le bourgeois de quelqu'un d'autre, on n'en sort pas. Mais pour ce qui est du mode de penser, je ne suis pas sûr qu'on ait beaucoup progressé depuis 1957. Les contenus ont changé, c'est clair, mais les formes subsistent.

De fait, beaucoup de ces textes peuvent être transposés dans un contexte de 2008. Pour nommer ce contexte, on trouvera sans doute d'autres termes que "petit-bourgeois". Peut-être "bling-bling"?
 
 
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