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Cielito lindo

Les chansons sur ce site peuvent être téléchargées pour un temps limité: 7 jours. Elles n'ont d'autre but que de susciter des passions musicales. Bien entendu, je vous invite à vous ruiner en achat de CDs et d'autres supports, quitte à bouffer de la vache enragée pour le restant du mois...

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Por eso

It's a thousand pages / Give or take a few / I'll be writing more / In a week or two

Blog d'expat, celui d'un prof franco-allemand au Mexique, qui, après y avoir vécu plus de sept ans, s'estime en droit de se faire traiter de chilango (comme d'autres se feraient traiter de parigot). 


Dimanche 31 décembre 2006

C'est l'heure des bilans, ce qui, vu la date, n'étonnera personne. Donc voyons voir un peu ce que j'ai pu retenir de l'année musicale - choix évidemment subjectif et discutable comme il se doit...

Pour commencer, je n'ai pas du tout accroché aux Arctic Monkeys, ni d'ailleurs à grand chose de nouveau en provenance du UK cette année. Une fois n'est pas coutume, ça a bougé beaucoup plus aux Etats Unis; on parle de plus en plus de ce mouvement de folk psychédélique appelé New Weird America, qui regroupe des artistes hétéroclites et à contre-courant de l'insupportable bienpensance américaine actuelle. C'est plutôt une bonne nouvelle. De ce mouvement et en dehors, j'en retiens quatre: Sufjan Stevens, Beirut, Joanna Newsom et Cat Power.

La reprise de l'année: Petra Haden et sa version a cappella de God Only Knows. - Pari risqué que de s'attaquer à ce classique des Beach Boys, probablement une des meilleures chansons jamais enregistrées. Pari gagné. J'en avais déjà eu l'intuition en écoutant une version en duo, Brian Wilson et les Corrs, et donc, force est de constater: cette chanson passe mieux avec des voix féminines.

Les revenants de l'année: J'aurais pu choisir Dylan, mais comme il revient d'une manière ou d'une autre tous les ans... Donc, les revenants de 2006: The Who, qui sortent un nouvel album plus de 20 ans après le dernier. Bien sûr, ils sont reduits à un duo, l'entreprise est donc discutable à souhait, mais après tout, ça a l'air de fonctionner (sur certains titres).

Du côté français: Bon, je suis un peu éloigné de la source, et si des blogeurs français avaient le courage d'utiliser un peu plus des sites comme The Hype Machine, on en saurait davantage, mais je retiens une autre revenante: Charlotte Gainsbourg, dont le dernier album, produit par feu son papa, date de 1986. Elle a su s'entourer de grosses pointures comme Air, comme l'ex-chanteur des Pulp Jarvis Cocker, il n'empêche que la parution de 5:55 s'intègre bien dans cette tendance à revaloriser les égéries sixties oubliées (Clothilde, Jacqueline Taïeb etc.), les petites rengaines faussement innocentes dont justement Serge Gainsbourg a été le pourvoyeur le plus prolifique. Sur le titre choisi, on reconnaîtra d'ailleurs les violons de Bonnie And Clyde. Encore une tendance nostalgique, me direz-vous...

Du côté allemand: Il y a bien eu un nouvel album des épatants Hambourgeois de Kante, mais je viens tout juste de le commander. En attendant, j'ai bien apprécié la production lo-fi de Barbara Morgenstern, que j'ai déjà posté il y a quelques mois. Belle chanson, moitié en angalis, moitié en allemand, issu de l'album The Grass Is Always Greener (à qui le dis-tu...), qui regorge d'autres merveilles.

Du côté latino: J'en retiens deux. Kinky, du nord du Mexique, mélange de dance et musique traditionelle du coin (l'inévitable accordéon), coopérant sur quelques titres avec l'ex-chanteur de Men At Work (qui ça?), et puis les Brésiliens de Cansei de Ser Sexy, de l'électro-pop qui n'a plus rien de brésilien tel qu'on le connaît. Bref, si on voulait danser cette année, il fallait se tourner vers le sud. Ça vous étonne vraiment?

Plaisir coupable: Les Texas Lightning, la participation allemande au Grand Prix de l'Eurovision 2006. C'est vous dire. De la country guignolo, avec l'exacerbation de tous les clichés du genre, mais en fin de compte, c'est mine de rien le tube feel good de l'année, tiré de l'album Meanwhile Back At The Ranch... Le groupe, probablement sans lendemain, compte parmi ses membres une célébrité derrière les fûts, Olli Dittrich, qui joue en Allemagne le même rôle qu'Alain Chabat en France. En voici la vidéo, j'aggrave mon cas:

 Et voici tout le bazar à télécharger:

par Volker Rivinius publié dans : Musiques
Mercredi 27 décembre 2006

Le 24, on a fêté tranquillement à deux, presque à trois si on avait pu convaincre Patricia de venir nous rejoindre. Le lendemain, on avait le proverbial déjeuner de famille. Sonnez hautbois, résonnez musettes.

Quand je dis "famille", je veux dire "famille mexicaine", c'est dire dans les 40 personnes, et encore il en manquaient à l'appel. Cette année, je suis d'ailleurs monté en grade et je peux dorénavant me targuer de l'appellation "neveu adoptif". On ne rigole pas. C'est l'équivalent de la Légion d'Honneur, ici.

Et bien entendu, il y avait le repas traditionnel (cf. photo). Bon, je vous concède qu'à première vue, ça n'a pas l'air trop appétissant, ça a comme qui dirait un petit air de "déjà mangé" - mais je vous assure que c'est bigrement bon; les romeritos (sorte de ragoût au romarin, avec pommes de terre et beignets de crevettes), le bacalao (de la morue en sauce), et puis, plus banalement, de la dinde aux marrons. Pas de Noël mexicain sans ces trois plats.

Le maître de maison nous a reparti autour de plusieurs tables, un ordre très strict, selon les filiations, l'âge, les sensibilités, on allait se servir au buffet, puis, tout le monde assis, on allait se régaler, tous sauf ma voisine de gauche, une cousine forcément, qui s'est mis dans la tête d'amuser la galerie avec force anecdotes et force décibels dans la voix. Genre Boeing 747 au décollage. Evidemment, vu mon trop récent rang de neveu, je n'avais aucune autorité pour lui dire de la fermer et de manger avant que ça ne refroidisse. Et quand bien même...?

Elle: ET ALORS UNE CHOSE MARRANTE S'EST PASSÉE EN ARRIVANT ICI...

Moi: C'est quand-même dommage de laisser refroidir ces excellents romeritos...

Elle: VOUS NE DEVINEREZ JAMAIS, D'AILLEURS PAS PLUS TARD QU'HIER...

Moi: D'ailleurs, quand ça refroidit, c'est carrément dégueulasse...

Elle: JE ME DISAIS MAIS C'EST PÔH POSSIBLE QUE JE ME DISAIS...

Moi: Paraît en plus que, quand ça refroidit, ça développe DES TOXINES...

Elle: ALORS LÀ JE ME SUIS DIT ON AURA TOUT VU, MAIS TOUT TOUT TOUT...

Moi: C'EST TRÈS DANGEREUX, LES TOXINES, ON RISQUE DE PERDRE UN OEIL!

Elle: ET JE LE VOIS TEL QUE JE VOUS VOIS, AUSSI SEC, SANS FAÇON, MAIS OUI...

Moi: OU PIRE, ON RISQUE DE PERDRE LA VOIX! A JAMAIS!...

Elle: J'ÉTAIS SUR LE CUL! SUR LE CUUUL, J'ÉTAIS!

Moi: BON, JE PROPOSE UNE MINUTE DE SILENCE, POUR EUH... POUR GANDHI!

Elle: FRANCHEMENT JE SAVAIS PLUS QUOI DIRE! LA REINE DES CONNES!

Moi: PERSONNE POUR GANDHI? VRAIMENT PERSONNE?

Finalement elle a fini pas s'occuper de son assiette. Comme tout le monde. Et ça en faisait, des assiettes à laver:

´

Rubrique "c'est quoi ces gazouillis?": Crier ou se taire, cruel dilemme. Crier dans la bonne humeur, comme le propose Ernie Maresca en 1962. Il y a eu une version française dans les années 80 par un groupe de rockabilly, qui réussissait à faire rimer "chouette" et "baskets". Autre façon de crier, celle des Tears For Fears en 1985, comme hygiène mentale salutaire. Ou simplement se taire, comme le décrit Michel Berger en 1982, sur cette ballade plutôt dépressive. J'ignore s'il y a France Gall dans les choeurs, mais après tout, c'est très probable.

Voilà. Je ne pouvais pas terminer autrement que sur un petit hommage à James Brown, qui vient de mourir il y a quelques jours. Le Mister Dynamite, le Godfather of Soul - le revoici sur un titre live enregistré en 1968 au non moins mythique Apollo Theatre.

par Volker Rivinius publié dans : Mexique
Dimanche 24 décembre 2006

Comme vous ne le savez sans doute pas, j'ai un petit blog parallèle en allemand (oui, je sais, sur une plateforme concurrente...), beaucoup moins approvisionné que celui-ci, avec peu de lecteurs, mais assez tout de même pour se faire remarquer et aussi se faire inviter par la communauté des blogueurs allemands de Mexico. Communauté qui se résume à cinq membres (râclements de gorge). Ainsi donc, samedi dernier, ma meilleure moitié et moi-même se mirent en route vers l'inconnu, dans le sud de la ville, à Coyoacán...

Comme en tant qu'Allemand, on ne se refait pas non plus, tout a été organisé en deux tours trois mouvements, telle heure, telle date, telle bière, telle saucisse. Bien sûr, l'attrait principal était de pouvoir mettre des visages sur les blogueurs - et là, c'était pour moi une expérience tout à fait inédite - ou encore, voir enfin à quoi ressemblaient ces blogueurs dans un environnement non-virtuel... L'autre idée, c'était de renouer avec des Allemands, vu que je n'en connais aucun à Mexico, alors même qu'il y en a plusieurs milliers qui y vivent (dans une ville de 22 millions d'habitants, soit).

Le tout avait donc lieu chez Andreas. J'y retrouvais Roland et Hollito, dont je fréquente les blogs de façon plus irrégulière que je ne devrais, plus deux autres qui s'identifiaient comme "simples lecteurs". Première constatation: un certain parallélisme biographique. On est tous au Mexique pour raisons sentimentales, pour aller rejoindre une meilleure moitié mexicaine - sauf Hollito, qui a attiré sa meilleure moitié chez lui, à Bielefeld; il est ingénieur, donc pas de problème majeur pour trouver un boulot lucratif en pays teuton, mais il préférerait quand-même habiter au Mexique...

Je n'ai pas eu l'impression que la communauté allemande fonctionnait autrement que la communauté française: il y a un forum franco-mexicain ici et un forum germano-mexicain . Ça rassure. Là, où le bât blesse - mais ça n'a rien à voir avec cette rencontre - c'est qu'au Mexique, la France et l'Allemagne sont concurrentes sur le plan économique, ce qui empêche malheureusement une coopération plus intense sur le plan culturel. Dommage de constater que l'Europe s'arrête aux frontières de l'Europe...

On discute, de tout et de rien, de nos expériences respectives, la nuit tombe, et il fait plus frisquet au sud que dans le centre-ville. On n'a pas pu rester trop longtemps, vu qu'en ce moment, une fête chasse l'autre, mais cette première rencontre a été assez concluante. A voir, à suivre...

Rubrique "c'est quoi ces outre-rhénanités?": Un florilège teuton, à commencer par une des fines fleurs de la Neue Deutsche Welle, la new wave allemande, sur son chant de cygne: dernier 45tours à avoir paru en 1984, suivi par la séparation du groupe. Nena, depuis, a plus ou moins réussi une carrière en solo, tout en gardant son image d'icône eighties. Ensuite, un titre plus récent, de 2004, par un groupe issu de l'école de Hambourg (appellation recusée par la plupart des concernés). La dernière, c'est une rarité, voire une bizarrerie, qui mèle notre Jojo (plus si) national (que ça) à un groupe allemand, The Rattles, qui surfaient sur la beatlemania. Hallyday, en 1965, n'en était pas à son premier titre chanté en allemand, suivant en ceci l'habitude de pas mal de chanteurs et chanteuses français, qui, s'ils voulaient réussir dans un pays non-francophone, se devaient de chanter dans la langue du pays concerné. Dans le cas de Lass die Leute doch reden (Laisse donc parler les gens), on fit semblant de s'enorgueillir d'une réelle coproduction franco-allemande. En réalité les Rattles ont enregistré la musique et les choeurs chez eux, puis ont envoyé la bande à Paris où Hallyday allait chanter dessus. Dans un allemand assez net, d'ailleurs. Sûr qu'il va s'en souvenir, maintenant qu'il est résident suisse pour raisons de santé ;-)

 

par Volker Rivinius publié dans : Mexique
Samedi 23 décembre 2006

Pas trop tôt, ces vacances... Ces derniers jours, je fonctionnais au radar. Mais maintenant, je peux me reposer comme tout vulgaire guerrier, dépenser allègrement mon aguinaldo, autrement dit: mon treizième mois, et rattraper les lectures d'un tas de livres et de revues qui s'entassaient dans l'appart. Joie.

Justement, en parcourant un numéro des Inrockuptibles, je suis tombé sur une chose curieuse, au détour d'une phrase: un journaliste évoque "ce complexe de supériorité règlementaire des expatriés envers la mère-patrie". Tiens donc? On se prendrait donc tous pour Superman et les 4 Fantastiques réunis? On devrait se faire interner?

Voilà qui incite à la réflexion, non? Non? Pas grave. Quoi qu'il en soit, le blog restera actif durant les vacances de Noël, que je vous souhaite joyeux (et sans complexes), et comme je vais rester sur place, je vous raconterai la Navidad d'ici, photos à l'appui.

A télécharger, des chansons supérieures et complexes:

par Volker Rivinius publié dans : Mexique
Lundi 18 décembre 2006

Y a pas que les profs de français qui bossent comme si leur vie en dépendait. Non, je connais d'autres catégories socio-professionnelles qui, au moment même où j'écris, s'efforcent de gagner leur bifteck, et tant pis s'ils sont végétariens. D'autres ont l'air de glander, mais font dépendre leur vie quand-même. Par exemple ceux-là:

Et si celui qu'on voit de dos fait un pas un arrière, j'espère pour lui qu'il aura respecté les consignes de sécurité et que sa cordelette est bien reliée à tout ce qu'il faut. Parce qu'on n'est pas exactement au rez-de-chaussée. Magie du zoom:

Mais comment peuvent-ils être si cool, tout en haut au bord du néant? Je ne comprendrai jamais, moi qui suis pris de vertiges dès que je monte sur une chaise...

Rubrique "c'est quoi ces hauteurs?": Deux titres complètement antagonistes, comme monts et vallées. Le premier est issu de l'album Discovery, ou encore, comment mettre de la pop dans sa électro pure et dure, le tout accompagné d'un anime ('ttention, c'est du japonais) de science-fiction qui se passe très haut dans le ciel. Le second, un country-blues des Stones en 1966, paru sur Aftermath, annonce la période musicologue de Beggar's Banquet, donc back to ze roots, donc à ras le sol.

par Volker Rivinius publié dans : Mexique
 
 
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