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Les chansons sur ce site peuvent être téléchargées pour un temps limité: 7 jours. Elles n'ont d'autre but que de susciter des passions musicales. Bien entendu, je vous invite à vous ruiner en achat de CDs et d'autres supports, quitte à bouffer de la vache enragée pour le restant du mois...

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Por eso

It's a thousand pages / Give or take a few / I'll be writing more / In a week or two

Blog d'expat, celui d'un prof franco-allemand au Mexique, qui, après y avoir vécu plus de sept ans, s'estime en droit de se faire traiter de chilango (comme d'autres se feraient traiter de parigot). 


Vendredi 30 décembre 2005

Bon, l'Allemagne, tout ça, c'est bien joli, mais, job oblige, on est bien obligé d'aller faire un tour en France, pour se ressourcer, comme disent les coincés du cul, ou tout simplement pour y humer l'air. L'air, en cette saison, est évidemment froid, voire glacial, tellement glacial que notre train en provenance de Francfort a dix-sept minutes de retard, qu'on aura donc loupé notre correspondance à Sarrebruck avant même de commencer le voyage. A Sarrebruck, on nous dit qu'il va falloir poireauter trois heures, tant pis, nous nous balladons à travers la zone piétonnière commerciale, qui ressemble comme deux flocons de neige à toutes les zones commerciales de toutes les villes allemandes, avec les inévitables Karstadt, Kaufhof et restaurants Nordsee, on va déjeuner au Stiefel, dans la vieille ville, on en profite pour goûter aux spécialités régionales, puis on retourne à la gare, prendre le TER pour Strasbourg.

A peine un kilomètre plus loin, un feu sur la voie reste obstinément au rouge, le conducteur du TER est obligé de rebrousser chemin. Retour à Sarrebruck donc, nous ressentons, comment dire, un léger agacement, et on nous explique qu'il va falloir prendre le tram jusqu'à Sarreguemines et de là le car pour Strasbourg. On se met donc en route, avec un étudiant qui veut rentrer à Kehl, en face de Strasbourg, une étudiante qui va rejoindre son copain français, un militaire stationné à Colmar, et une dame âgée qui voulait passer le Nouvel An chez son fils à Offenbourg. Un autre mythe qui fout le camp, soit dit en passant: la fiabilité allemande. A Sarreguemines, le car arrive, et nous voilà en route, de nuit, à travers les Vosges enneigées. C'est un peu dangereux, soit, verglas et compagnie, mais c'est magnifique, aussi. Après ça, plus besoin d'aller voir "Les chroniques de Narnia".

L'hôtel à Strasbourg nous a heureusement gardé notre chambre, malgré nos six heures de retard sur le planning. Juste le temps de se débarbouiller et de demander s'il y a encore des restos ouverts. L'Hippopotamus? hasarde la réceptionniste. Ça va pas, non? Finalement, elle nous trouve un resto alsacien à deux pas. Dix minutes plus tard, j'ai dégusté un Gewürz vendanges tardives - rien de tel pour vous reconcilier avec toutes les compagnies ferroviaires du monde...

Pourquoi Strasbourg, en fait? Metz, c'est plus près, juste en face, pour ainsi dire. C'est qu'on adore Strasbourg, on y va au moins une fois par an, on y a pris nos petites habitudes. Le lendemain, on se dépêche de faire notre shopping, la FNAC, la librarie Kléber, des magasins de fringues. Je trouve ce qu'il me faut pour mes cours de philo, entre autre l'Anti-manuel de Michel Onfray, je suis moins chanceux en matière d'informatique, rien de concis sur l'art de créer un intranet. En feuilletant la presse, j'apprends qu'une nouvelle scène rock est en train de se constituer en France. Tiens, tiens? - Je n'aurai pas eu le temps de creuser le sujet, mais s'il y a parmi vous quelqu'un qui pourrait me renseigner là-dessus, je suis preneur!

Le retour à Oberstein se passe sans histoires.

 

par Volker Rivinius publié dans : Allemagne
Lundi 26 décembre 2005

Et nous revoilà en Europe, passer les vacances de Noël - ce qui, comme chacun sait, n'est pas forcément une activité de tout repos. Le vol a été calme, sans grandes turbulences, mais le voyage, comme toujours, a été long, exaspérément long... Partis de Mexico avec Iberia, on a tout juste eu le temps de ne pas louper la correspondance à Madrid - où le personnel de l'aéroport faisait grêve, donc retard, mais finalement, l'avion décolle et on arrive à Francfort. De là le train jusqu'à Idar-Oberstein, puis le taxi jusqu'à la maison paternelle et nous sommes au bout de nos peines, dix-sept heures de voyage en tout, autant dire qu'il nous faudra deux ou trois jours pour récupérer, vaincre les effets du jetlag, nous accoutumer à ceci et cela.

Le lendemain, on se ballade, emmitouflés et dans le coton de toute manière, à travers la ville, en constatant les changements intervenus depuis le mois d'août, des magasins fermés, d'autres qui viennent d'ouvrir. On glane les historiettes, les ragots, les faits divers, parmi lesquels il y en a un de sinistrement spectaculaire: le libraire de la Hauptstrasse, un type un peu bab que je fréquentais à chacun de mes passages, s'est suicidé en septembre. Vêtu d'un pyjama trempé, il s'est jeté sur le cable de haute tension de la gare; ça n'a pas raté...

Idar-Oberstein, donc. Vous ne connaissez pas? Et pourtant, c'est une ville mondialement célèbre!... Enfin, "mondialement", n'exagérons rien, mais force est de constater que la ville a pris du galon depuis qú'elle s'est découverte lieu de naissance de... Bruce Willis, hé oui, l'acteur, l'ex de Demi Moore, "Die Hard", yippicayeh motherfucker (on a les citations qu'on a...). Comment il a fait pour naître là? C'est qú'Idar-Oberstein était ville de garnison américaine après la guerre, et le papa de Bruce était militaire stationné dans une caserne du coin. Il en faut peu, voyez-vous. Tout ceci serait resté plus qu'anecdotique si le Bruce en personne ne s'était pas pointé dans sa ville natale l'été dernier, incognito bien entendu, et au grand dam de M. le maire qui aurait tant voulu se redorer le blason avec une réception solennelle, en compagnie de M. le curé, M. le commissaire, M. le député régional, Mme l'organisatrice du festival de musique d'orgue intercommunal, avec orchestre de cuivres folklorique, fillette rougissante qui offrirait "ces quelques fleurs" et dégustation exhaustive des spécialités de la région. Hélas non, le Bruce a préféré le ni-vu-ni-connu, et après avoir visité sa maison natale et bu une bière dans un bar au coin de la rue, ce qu'à peine quelques photos floues attestent, il est reparti en Californie. En attendant une seconde visite, qui sait.

Passé Noël, il a commencé à neiger, exactement ce qu'il nous fallait pour nous dépayser. Voilà ce qu'on aperçoit du haut de la terrasse:

Vous voyez le bâtiment jaune au fond? C'est un ancien hôpital; François Truffaut s'y est fait soigner quand il était bidasse. Je vous le redis: mondialement célèbre, ce bled!...

par Volker Rivinius publié dans : Allemagne
Lundi 19 décembre 2005

Le plus dur est passé: les fêtes qui restent, ce sont celles avec mes élèves, limitées aux heures des cours. Mais là, du jeudi au dimanche, on s'en est donné à coeur joie. Et à foie jaune.

Jeudi familial: on a été invité chez mon beau-père et sa compagne à déguster du champagne, du saumon, du pâté. Ambiance feutrée, agréable, on discute un peu de tout et je tâche de faire quelques efforts en espagnol. Ma meilleure moitié reçoit un cadeau. Moi, rien. Grrrr.

Vendredi collégial: Nathalie P. a invité quasiment tout l'IFAL pour son baby shower. D'abord, comme le veut la tradition, c'était exclusivement féminin, mais à la réflexion elle s'est dit que ce serait plus marrant avec quelques mecs en garniture, donc me voilà. On était allé, ma meilleure moitié et moi, choisir un cadeau dans un magasin pour bébés dans la Zona Rosa, une sorte de salopette. Sur le courriel d'invitation, Nathalie avait demandé qu'on apporte des couches, vu qu'elles sont de plus en plus cher, mais là, franchement, je n'avais aucune idée que choisir, et puis ça devient de plus en plus hi-tech, ces machins, le genre avec iPod incorporé devant et four à micro-ondes derrière. On arrive, on papote, on rigole. La plupart des collègues partent en vacances dès ce week end, alors qu'il reste encore trois jours à tirer. J'imagine qu'à partir de lundi, il n'y aura plus que trois profs dans un IFAL quasiment désert à se partager tous les cours restants. Je sens qu'il va en pleuvoir, des expressions écrites. Un des collègues qui resteront jusqu'au bout, c'est Hubert. Il nous raconte ses vacances au Sénégal, où il était retourné voir la famille. Sauf qu'il en est revenu avec un vilain paludisme et il a dû se faire hospitaliser. Tant d'années passées au Mexique ont laissé des traces: il n'est plus du tout accoutumé à l'Afrique et devra dorénavant se faire vacciner comme n'importe quel blanc-bec. Delphine me raconte ses déboires pour obtenir ses billets d'avion, une agence sur internet a failli l'arnaquer, lui réclamant 2000 dollars de plus que convenu (mais ça a fini par s'arranger). Le bébé de Nathalie, c'est pour fin janvier.

Samedi domestique: Petite fête chez nous, en comité restreint. J'avais bien essayé de débaucher Jean-François (il avait quelque chose samedi soir et devait boucler ses valises pour son retour à Montréal dimanche matin) ou Fabienne (elle avait déjà deux fêtes, alors une troisième...), mais il y aura seulement Soazik et Nathalie F. & Alejandro. Encore l'après-midi, on s'était jeté dans la melée pour l'inévitable shopping de Noël. On a à peu près trouvé tous les cadeaux qu'il fallait, puis on a été victimes d'une shoppinguite aigue et on s'est acheté plein de trucs pour NOUS, yahouhou! Je sais, ça frise l'obscénité - mais bon, un peu d'obscénité dans la vie n'a jamais tué personne (aux dernières nouvelles, tout du moins). Tant mieux, donc, si la soirée a été reposante et marrante. Pour une fois, je me suis aventuré à faire de la cuisine: des pancakes aux pommes saupoudrés sucre et cannelle. Mouais, vachement sophistiqué, hein? J'en connais une qui doit être morte de rire... Je signale à tout hasard que ça a été quand-même un franc succès (sans me vanter, bien sûr, mais ça, vous l'aviez compris).

Dimanche collégial - mais ceux de ma meilleure moitié, et là, on me demande d'être un petit peu plus discret: Parmi les invités, Fred, comme chacun sait mon cuisinier favori-tout-styles-toutes-époques-confondus (cf. infra), et qui a ramené une bûche de Noël fabriqué par ses soins, certains en avaient les larmes aux yeux. J'avais dans l'idée de lui commander une galette des rois à la française, histoire de faire goûter à mes étudiants autre chose que la rosca habituelle, mais Fred m'annonce que le prix de l'amande ayant doublé en un an, ça risquait d'être très cher. Par contre, les prix des crevettes a sensiblement baissé. Très bien pour les amateurs de fruits de mer, mais moi, ça ne m'arrange pas. Allégresse, danse, on s'est encore une fois bien amusé.

A ceci près qu'il est minuit, que je suis censé me lever demain à six heures et que je n'ai encore rien préparé pour mes cours, aïe... Je pourrais bien sûr improviser, mais parfois c'est risqué. Je vois ça d'ici: "Bonjour, aujourd'hui, nous allons PARLER! Qu'est-ce que vous avez fait le... week end?... Comment ça, rien? comment ça, vous vous en foutez? comment ça, vous voulez être remboursés?" Etc. etc.

par Volker Rivinius publié dans : Mexique
Mercredi 14 décembre 2005

La saison des fêtes a commencé - et quand on dit "fêtes", au Mexique, ça prend tout de suite des dimensions qu'on chercherait en vain ailleurs. Bref, c'est le marathon Guadalupe-Reyes, qui dure du 12 décembre - fête de la vierge de Guadalupe, l'une des plus importantes fêtes religieuses du pays - au 6 janvier - jour de la fête des rois - et comme le nom l'indique, c'est bel et bien une sorte de fête continue. Moi-même, je suis sur-booké du jeudi au lundi inclus et j'ai déjà dû refuser des invitations. Evidemment, tout le monde a la flemme, tout le monde compte les jours et les heures jusqu'aux vacances, et pour ce qui est des cours restants, c'est tout juste le minimum syndical, avec l'accord tacite des étudiants qui eux-mêmes ont d'autres chats à fouetter.

A l'IFAL, on a même commencé un petit peu plus tôt, samedi 10. C'était d'abord l'occasion de la remise de diplômes, puis on a continué sur la lancée avec une fête de Noël avec piñatas et tout ce qu'il faut. Je vous explique: après 500 heures de français et un examen niveau E réussi, on a droit à un diplôme vrai de vrai, le genre à scotcher au-dessus du lit, et pour en souligner le caractère solennel, on invite les heureux lauréats et bien sûr leur famille à une remise de diplôme en bonne et due forme. C'est ainsi que samedi, nous, les profs des niveaux E, on se retrouve assis sur la scène de l'auditorium, derrière le dirlo qui accueille tout le monde avec un petit discours. Puis on se lève, et les étudiants sont appelés l'un après l'autre, bises, poignées de mains, félicitations, photos souvenir. Pas mal des mes anciens élèves sont là, Wendy avec son mari français et son bébé (à qui il a fallu changer les couches in extremis), Paolina, tiens? elle a changé de coiffure, Elisabeth, Armando, Alejandra, ô toi que j'eusse aimé, Xochitl, Carlos. "Maintenant on peut s'asseoir, non?" demande Virginie qui commence à fatiguer. Non, non, on reste debout, comme Chirac au 14 juillet. On finit par réunir tous les lauréats sur scène, on se fait mitrailler par des appareils numériques dernier cri, puis photos individuelles-moi-et-mon-prof, et là, oui!, on peut enfin s'asseoir, en l'occurence dans la cafète, où Sandra nous sert un ponche un peu trop sucré, gare à la casquette le lendemain.

relax, après la remise

Puis c'est l'heure des piñatas. Je vous explique encore: ça fait partie des traditions de Noël, une sorte de bonbonne garnie de sept pics, un pour chaque péché mortel, qu'on fait gigoter sur un fil et qu'il faut fracasser à coups de batte de baseball, et alors, la piñata s'ouvre et libère ses trésors, des bonbons, des fruits, des chocolats - enfin, chez nous, elles étaient juste remplies de cacahuètes, encore ces maudites questions de budget sans doute. Pour faire durer le plaisir, on a quand-même organisé trois (3) piñatas, une pour les enfants, une pour les profs, une pour les élèves.

Celle des enfants... 

 --- et celle des profs.

Celle des profs, c'est Francine qui l'a littéralement explosée, et les yeux bandés en plus: deux, trois coups secs, et la piñata était réduite en miettes. Tiens.... elle, d'ordinaire si douce, si timide, hé ben, on n'aurait pas cru... 
par Volker Rivinius publié dans : Mexique
Vendredi 9 décembre 2005

25 ans que John Lennon est mort. Ça ne rajeunit personne, pas même celles ou ceux parmi vous qui n'étaient pas nés.Pour moi, ça fait partie de ces évènements qui bon gré mal gré vous marquent pour toute une vie, ça fait resurgir des circonstances personnelles, on se rappelle avec une précision à couper au couteau où on était et ce qu'on faisait quand on a entendu la nouvelle. Dans mon cas, c'était un banal jour de lycée. Je déboulais vers sept heures moins quart dans la cuisine pour boire mon café. On avait allumé la radio pour savoir ce qui passait dans le monde, et c'est là que la nouvelle est tombée. Plus tard, en arrivant au lycée, deux types qui connaissaient mes penchants beatlesques ont simulé une crise de larmes histoire de se foutre de ma gueule. Ah ouais, y en avait, des GROS CONS, dans mon lycée... Une vingtaine d'années plus tard, le petit frère de mon meilleur pote de l'époque en a fait un film, melant brillamment souvenirs personnels, le mythe de la mort supposée de McCartney en 1966 et l'assassinat de Lennon.

Aujourd'hui, il y a eu pas mal de commémorations, des articles de presse qui évaluent l'héritage, d'inévitables témoignages de gens qui étaient sur place ou presque sur place. Bien sûr, à chacun son Lennon, il n'empêche que l'attitude qui consiste à en faire une icône pacifiste, voire un Jésus bis, look cuvée 1969 aidant, a quelque chose de particulièrement agaçant. La mère Ono s'y emploie depuis plus de vingt ans, et je ne suis pas sûr du tout que ça va rendre service à la légende de feu son époux. Après tout, cette phase pacifiste n'a pas duré longtemps dans la vie de Lennon, trois ans tout au plus. Après, il est devenu militant crypto-communiste, puis il fait le zouave dans les bars californiens, puis il s'est mué en papa poule, jusqu'à son retour en studio en 1980. Dans les biographies qui ont paru ces derniers temps, on tente de déboulonner la statue christique, on accentue ses côtés bad boy. Lennon, un modèle à suivre? A quoi bon? John Lennon, c'est surtout quelqu'un qui a su se servir de sa voix et d'une guitare, ce qui n'est pas la moindre des choses, loin de là. Suffit de l'écouter. Tout le reste n'est qu'anecdotique.

par Volker Rivinius publié dans : Mexique
 
 
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