Por eso
It's a thousand pages / Give or take a few / I'll be writing more / In a week or two
Blog d'expat, celui d'un prof franco-allemand au Mexique, qui, après y avoir vécu plus de sept ans, s'estime en droit de se faire traiter de chilango (comme d'autres se feraient traiter de parigot).
Encore que hi5, je ne suis pas sûr que ce soit si global que ça: énormément de Latinos inscrits, et du reste, comme me l'a fait remarquer Mickou, c'est surtout pour des "ados boutonneux", comme une rallonge de Skyblog donc. - D'un autre côté, faut pas tout laisser aux ados, boutonneux ou pas. On est bien d'accord. Le problème de hi5, c'est qu'une fois qu'on a établi sa petite vitrine de soi-même et qu'on commence à collectionner des "amis", même tirés par les cheveux, on ne sait plus quoi faire d'autre. Tandis que chez facebook, il y a tout un tas d'applications diverses qu'on peut monter et démonter à volonté, comme dans une boîte de Lego d'antan. Tant qu'à faire...
"À faire", oui: avec le blog, hi5 et facebook, je me demande comment je vais gérer tout ça. Qui a dit "chronophage"? Si ça continue comme ça, je me fais virtualiser pour de bon, me transformer en amas d'octects dissiminés clopin-clopant dans les méandres du web, accédant du coup à ce nouvel idéal en vogue: la transparence la plus totale... Hé, en voilà, de la perspective! Non seulement ça m'épargnera des frais de dentiste, mais ça me procurera dès à présent le corps glorieux promis par la résurrection chrétienne. D'ailleurs, en parlant de "corps glorieux": prononcez "facebook" bien à l'anglaise, parce que sinon, ça fera un peu moins glorieux et un peu trop olé-olé...
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Télécharger: King Crimson - 21st Century Schizoid Man (mp3) - acheter
Rubrique "c'est quoi ces coucous?": Comme vous le savez, les Police sont en tournée et seront bientôt à Mexico. Sauf que les tickets qui restent coûtent la bagatelle de 2.300 pesitos, donc dans les 150 euros. N'exagérons pas. J'attendrai le DVD et vous, en attendant, vous pouvez télécharger ce titre du second album. Quant à celui du Roi Cramoisi, il date de 1969 et on verra bien si c'est prophétique ou pas. A bien y penser, quand ils évoquent les brûlures de napalm, ça sent un peu trop sa guerre du Vietnam; on a fait "mieux" depuis.
Hou, quel titre dramatique.... Mais bon, j'en avais déjà glissé un mot dans les commentaires: c'est vrai qu'à l'IFAL, on va subir
quelques changements radicaux ces prochains temps. Quoi exactement, ¿quién sabe? Ce qui est sûr, c'est que dans trois ans au plus tard, nous aurons quitté le bâtiment qui nous héberge depuis
soixante ans et nous serons alors probablement dispersé par-ci par-là dans la capitale, voire au-delà.Je vous laisse imaginer les stupeurs et tremblements que la nouvelle a causé parmi les collègues. Depuis bientôt deux semaines, on ne parle plus que de ça. Conséquence irrévocable: chacun cherchera la solution que lui conviendra le mieux, et la petite famille IFAL va éclater comme une pastèque trop mûre. J'y reviendrai (et plutôt trois fois qu'une), mais pour l'instant quelques réactions disparates mises en musique:
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Ma division administrative française favorite: canton du Massegros
Mon petit poisson tropical favori: le Tetra fantôme noir
Mon prénom égyptien favori: Amonherkepechef
Mon cépage français favori: le dameron
Mon alcaloïde très toxique favorite: l'aconitine
Mon empereur de Chine favori: Yelü Longxu
Mon évènement favori de l'an 1177: lettre du pape Alexandre III au roi Jean
Mes dicotylédones favorites: les Balsaminaceae
Ma communautée non-incorporée d'Alabama favorite: Bon Secour
Mes bataks favoris: les Simalungun
Mon chef-lieu de département argentin favori: Tartagal
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Cool, non? Enfin, "cool"... Il est clair qu'en 1979 il y avait trois mille groupes plus excitants à voir en concert que Supertramp. Des noms? Blondie, the Buzzcocks, the Clash, Gang Of Four, the Jam, Killing Joke, Madness, the Police, Nina Hagen, the Specials, XTC; du côté français Jacno, Marquis de Sade, Téléphone, Bijou et j'en passe. Seulement nous, on avait quatorze ans, on aimait bien les mélodies de Supertramp, et d'entendre des choses comme "When I was young, it seems that life was so wonderful", ça nous interpellait 'achement au niveau du vécu, t'vois. Surtout à quatorze ans.
Donc, dès que la nouvelle de leur arrivée nous était parvenue, on a décidé d'y aller. Ce serait notre premier concert et les billets nous ont coûté une fortune: 69 Francs (nouveaux). Face à notre enthousiasme proche du délire, plusieurs parents se sont alors inquiétés: pensez-donc, un concert de rock, dans une salle appelée Abattoirs, Porte de Pantin, le nord-est parisien! Décidés de protéger leur progéniture du contact avec un milieu aussi malfamé, ces parents proposaient un deal: on vous rachète le billet et on vous paye, ché pas, une soirée resto à la place, c'est bien, non? Y en a eu qui se sont laissés tenter, ha! Nous par contre, réduits au nombre de trois, les mecs cool, la fraction hardcore, les caïds du quartier, on y allait et on laissait les traîtres jouer à papa-môman dans une pizzeria minable de banlieue-ouest.
Et de fait, quand dans la salle les lumières se sont éteintes, qu'on gueulait d'enthousiasme, quand a retenti l'harmonica de "School", quand Hodgson a entamé "I can see you in the morning when you go to school", il était clair que le lendemain au lycée, on aurait des choses à raconter. Nous.
Jolie montée d'adrenaline pour cette rentrée dès le premier jour: je dois participer à une table ronde, pour le traditionnel stage de formations des profs. Formation placée cette
fois-ci sous le signe du "français sur objet spécifique", autrement dit: le FOS. Moui. Ça me fait un sigle de plus et des jambes finalement pas si belles que ça, puisque primo, je n'ai aucune
idée qui va participer à cette table ronde, et secondo de quoi on va parler exactement. Le FOS sans rien, c'est quand-même un peu vague...
Je me rends donc à l'Alliance Française, en fait notre pire ennemi héréditaire juré, mais là, il semblerait qu'on ait en haut lieu fumé le calumet de la paix, avec ces
coyotes à foie jaune qui eux parler avec langue fourchue - nanjrigole, c'est des collègues. Les deux autres participants sont des collègues venus de France, les présentations se font, bonjour,
bienvenue, puis ce sera à nous.
Juste avant de prendre la parole, je sens le petit démon sur mon épaule qui me murmure "t'es nul t'as rien à dire tu vas t'faire ramasser". Je le fais taire in extremis et je me lance.
Evidemment, après quelques échanges, on se rend compte que ça part dans tous les sens. Perplexité croissante du public. Bon, il est clair que les participants auraient dû se rencontrer avant,
histoire de centrer le débat sur quelque chose de consistant. Je retiens juste que la collègue de Bordeaux parvient aux mêmes conclusions que moi, bien qu'elle ait une approche pédagogique et moi
une approche philosophique, mais je crois bien qu'on est les seuls à s'en réjouir...
C'est d'ailleurs le thème de ma conférence deux jours après, "Philosophie et FLE". Une cinquantaine d'inscrits, yessss! - Oui, mais avant de se prendre la tête souvenons-nous que les collègues
sont payés pour assister à une conférence de formation, donc ça motive... J'avais cogité pendant les vacances quels rapports il pouvait bien y avoir entre la philo et le FLE et,
oui, force est de constater qu'il y en a. Si nous comprenons la philosophie comme volonté de s'arracher à un déterminisme quel qu'il soit (national, familial, social, sexuel etc.), le FLE peut y
contribuer. Pour les étudiants d'une part, qui en apprenant une langue étrangère s'arrachent au déterminisme linguistique, acte qui peut entraîner d'autres arrachements. Pour
les profs d'autre part, qui en enseignant sont confrontés à une autre culture et par-là même parviennent à relativiser leur culture d'origine, comme tout expat tant soit peu
sensible le sait bien. Le profs de langue ont probablement un petit avantage dans le sens où la langue est leur métier et que c'est la langue qui structure, qui construit la
réalité. Petit exemple franco-espagnol? En français, nous avons le verbe "être" qui se traduit soit par "ser", soit par "estar". Par contre, les hispanophones ont un même mot pour
"sommeil" aussi bien que pour "rêve": "sueño". Et ce ne sont là que des exemples des plus apparents...
Quelques jours plus tard, je termine le livre de Luc Ferry, Apprendre à vivre. Mis à part que j'aurais adoré, quand j'ai commencé à étudier la philo, d'avoir un livre si limpide à ma disposition, je constate que dans les dernières
pages, il fait la part belle aux profs de langue (indirectement, d'accord). Il y a donc matière à cogiter et ce semestre sera sans doute plus philosophique que prévu...











