Por eso
It's a thousand pages / Give or take a few / I'll be writing more / In a week or two
Blog d'expat, celui d'un prof franco-allemand au Mexique, qui, après y avoir vécu plus de sept ans, s'estime en droit de se faire traiter de chilango (comme d'autres se feraient traiter de parigot).
Et voilà, je ne suis plus délégué du personnel. Non, je
n'ai pas été viré, tststs, au contraire, tous les délégués ont demissionné à l'unanimité et en fanfares de circonstance. Les oreilles m'en bourdonnent encore. Evidemment, je n'ai pas le droit de
vous dire ni le comment ni le pourquoi, mais après tout, il n'y a pas 36 raisons qui poussent des délégués normalement constitués à démissionner comme ça. C'est sûr, voilà un geste qui ne
manque pas de panache, moi qui pensais que le panache, c'était bon pour d'Artagnan, mais finalement, allez, disons-le, bon débarras.
Alors, quelles leçons en tirer, juste au cas où quelqu'un parmi vous serait tenté par l'expérience? Rien de bien transcendant, c'est le moins qu'on puisse dire. J'avais déjà manifesté quelque
scepticisme par-ci par-là, j'ai eu raison de le faire, peut-être pas, qui sait, mais je n'ai pas trouvé ces quinze mois de déléguage particulièrement formateurs,
comme on me l'avait fait miroiter. J'ai appris quelques trucs sur le fonctionnement d'une administration, mais si d'aventure vous passez bien au large de ce savoir-là, vous n'allez probablement
pas mourir idiot.
Non non, je crois que je préfère cultiver mon jardin - jusqu'à une certaine limite, s'entend, puisque mon job, c'est précisément de cultiver celui des autres. Mais au moins je ne me
fatiguerai plus à suggérer des églantines à quelqu'un qui veut planter des chrysanthèmes (et j'arrête ici mon langage fleuri, 'scusez-moi). Oh, et après tout, ce n'est pas si mal,
finalement, le panache. Mordious.
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Je vais sans doute bientôt reprendre mon rythme de croisière bloguesque habituel, mais pour l'instant, il est vrai que ça tarde un peu. Deux raisons à cela: D'un côté, je suis maintenant en version 2 de la plateforme d'Overblog, ça fonctionne plutôt bien, mais il va falloir se réhabituer à certaines nouvelles fonctions. Donc excusez les quelques bizarreries graphiques qui parsèment mon billet précédent. Je vais d'ailleurs en profiter, tant qu'à faire, pour moderniser le design de ce blog, qui est resté quasiment le même depuis deux ans - crime capital s'il en est, dans la blogosphère....
De l'autre côté, c'est le travail avec les ados qui bouffe le plus clair de mon temps. Non pas que je m'en plaigne, bien au contraire: je vous avais dit il y a quelque temps que
j'allais faire des roman-photos avec ces chérubins-z-et-chérubines. Eh bien, c'est en train de se faire. Et chaque vendredi soir, en transférant les photos de l'appareil à l'ordi, je suis
littéralement estomaqué par la manière dont ils se prennent au jeu. Donc, on a forcément envie que le travail du prof soit à la hauteur...
Trois histoires. Le groupe plus âgé a choisi d'en faire deux, à tendance mi-réaliste, mi-telenovela. Le groupe moins âgé est parti dans un délire qui m'oblige à transformer notre cafète tour
à tour en trattoria italienne, en bistro français, en salle d'attente d'aéroport et en bar à putes russe. Je vous raconte? Allons-y, d'abord celles des plus âgés:
1. Il était une fois trois couples heureux de l'être, inséparables dans leur lycée. D'ailleurs, en voici un:

C'est alors, sapristi, qu'arrive une fille nouvelle, qui tombe quasi instantannément amoureux du jeune prof de maths. Mais, fichtre, voilà que les trois garçons jusque là parfaitement heureux
dans leur relation copain-copine s'amourachent de la nouvelle et ne jurent plus que par elle, qui, je le rappelle, n'a des yeux que pour le prof, qui, lui, misère, se retrouve avec un sérieux
problème déontologique sur le bras, d'autant plus que les copines délaissées, malédiction, feront tout pour mener la vie dure à la nouvelle et tenteront l'impossible pour récupérer leurs copains
respectifs taïaut taïaut.
2. Il était une fois un couple heureux de l'être. La fille propose à son mec de passer un après-midi avec ses copines dans un bar, ce qui, mazette, l'agace assez. Il prétexte donc du
travail et refuse un peu rudement de l'accompagner. La fille se retrouve ainsi, que diantre, avec ces copines dans le bar, vaguement tristounette, même si ses copines font tout pour la
consoler. Soudain, tonnerre de Brest, qui voit-elle, elle n'a pourtant pas la berlue, arriver dans ce même bar avec des amis et surtout des amies? Le p'tit ami en question! C'en est trop, par
sangbleu! La fille vient copieusement engueuler son copain, ô rage. Celui-ci n'a pas l'air de trop s'en faire et c'est alors que les copines de la filles se jettent telles des furies sur ce
misérable et sa bande...

...qui prennent tous des salades laitue-tomate dans la tronche. Le couple va t-il se reconcilier? Je n'en sais trop rien...
3. Une nuit au plus profond de la Russie, un mafieux italien entre dans un bar à putes. Il est en rogne, une affaire qui s'est mal passée sans doute, mais se laisse séduire par une des
danseuses, avec qui, kalinka, il entame une danse endiablée.

La danseuse, vous l'aurez deviné, est en fait une agente secrète chargée de surveiller le mafieux, mais voilà que, perestroika, elle tombe amoureuse de lui, elle préfère donc abroger sa mission
et filer à l'anglaise, niet tovaritch, au grand dam du mafieux. Il ne lui reste donc plus qu'à retourner en Italie, où il est accueilli par la parraine, che stronza, autour d'un plat de spaghetti
préparé par la mamma ma dov'è il Vaticano.

L'agente secrète, pendant ce temps, a décidé que son amour était plus fort que toutes les missions impossibles du monde et retrouve la trace du mafieux. Retrouvailles émouvantes, puis ils
décident de commencer une nouvelle vie à... Paris, c'te blague, cependant les flics guettent, le couple manque de se faire abattre, réussit in extremis à prendre un avion à destination
des US of A. Mais, fatalitas, l'avion est pris en otage par un terroriste déguisé en clown, s'ensuit une bagarre, hélas la tentative échoue, l'appareil s'abîme dans l'océan, il n'y aura aucun
survivant, bouhouhou...
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Sur l'invitation de Calamity, une autre liste qui
circule, cette fois concernant les habitudes de lecture passées, présentes et futures. Rien que ça...
Les quatre livres de mon enfance
Arfff... On commence donc par la question la plus difficile. Vous reprendrez bien une petite madeleine? - Même si ça ne nous avancera pas beaucoup, de quoi se souvient-on, finalement? Au hasard
et au risque d'oublier le livre quintessentiel
1. Der kleine Vagabund, par je-ne-sais-plus, en français: "Le petit vagabond", un des mes touts premiers livres et sans doute prémonitoire.
2. Déserts de feu, déserts de glace, par je-ne-sais-plus-itou, ce livre tenant lieu de pas mal de livres d'histoire que j'ai dévorés, surtout quand ça parlait de l'Antiquité. Mon côté
nerd.
3. Astérix chez les Bretons, par Uderzo/Goscinny. Mon premier Astérix; je ne savais pas encore lire, mais je regardais les images jusqu'à ce qu'elles aient un sens.
4. Vendredi ou la vie sauvage, par Michel Tournier, dont une scène m'a poursuivi longtemps: Robinson prend des bains de boue anesthésiants et ne parvient qu'à grand peine à refuser cette
facilité.
Les quatre écrivains que je lirai et relirai encore
Il y en a plus que quatre, mais spontanément: Diderot, Philippe Sollers, T. Coraghessan Boyle, Shakespeare
Les quatre auteurs que je n'achèterai (ou n'emprunterai) probablement plus
Jules Romains, Donna Leon et deux autres dont j'ai déjà oublié le nom.
Les quatre bouquins que j'emmènerais sur
une île déserte:
1.
Collectif - Comment survivre sur une île déserte (CD-ROM inclus)
2. Anna Nasse, 1001 activités marrantes à réaliser soi-même avec un CD-ROM quand on n'a pas d'ordi qui va
avec
3. Benoît de Cocaux, Le sable et nous. Radotages à l'ombre de l'unique palmier (4 tomes)
4. Vendredi, Cannibalisme pour débutants ou Comment j'ai fini par bouffer Robinson
Les (quatre fois quatre) derniers mots d'un de mes livres préférés
"...confits et des pistaches. -- Cela est bien dit, répondit Candide, mais il faut cultiver son jardin."
Les quatre premiers bouquins sur ma liste à lire (ou à relire)
Mmmoui... Comme vous voyez sur la photo, il y a encore un gros tas qui m'attend. Mais avec quelque probabilité, ce sera:
1. Marguerite Yourcenar, L'Oeuvre au noir
2. Daniel Kehlmann, Die Vermessung der Welt
3. J.J. Rousseau, Rêveries du promeneur solitaire
4. Jean-Christophe Rufin, La Salamandre
Les quatre lecteurs (lectrices) dont j'aimerais connaître les quatre
Là, je vais tricher un peu, puisque je sais que j'ai pas mal de
lectrices dans mes liens. Par ordre d'apparition: 1. Laurange, 2. E., 3. Blue, 4. Marie, 4,5 Véronique, 4,75. Tous ceux ou celles qui veulent.
Et en bonus, 4 chansons aux titres littéraires:
Télécharger: The Velvet Underground - Venus In Furs (mp3) - acheter
Télécharger: Maxime Le Forestier - Education Sentimentale (mp3) - acheter
Télécharger: David Bowie - 1984 (mp3) - acheter
Télécharger: Kate Bush - Wuthering Heights (mp3) - acheter
Rubrique "c'est quoi ces grandes zoeuvres?": Tirée du tout premier album du Velvet (1967), Venus in Furs est inspiré du roman de Sacher-Masoch, celui qui donna son nom non pas à la Sachertorte mais au masochisme. Je n'en dirai pas plus. Quant à la chanson du Forestier (1972), elle n'a en dépit de son titre rien à voir avec l'auteur de Madame Bovary. Flaubert aurait probablement hurlé, mais la chanson est très jolie quand-même. Bowie, une fois viré ses Spiders of Mars, nous a pondu tout un album tissé autour du roman d'Orwell: Diamond Dogs. Sur cette chanson, il s'est (plus qu') inspiré de la rythmique d'Isaac Hayes. Pour finir, le premier grand tube de Kate Bush en 1978, ou elle se glisse dans le rôle de la fantômatique Cathy, héroïne de l'unique roman de la plus sauvage des soeurs Brontë. A lire et à relire. A écouter et à réécouter.
j'avais de temps en temps des lectures plus urgentes, parfois
je me suis dit: tiens, aujourd'hui je vais plutôt lire un journal, mais bref, voilà, je répète: ça y est.Alors, que penser de ce pavé, lauréat du Goncourt et de l'Académie Française, comme auparavant La Bataille de Patrick Rambaud, à croire que ce ne sont que guerres et massacres qui suscitent l'enthousiasme des deux académies à la fois?
On est bien sûr toujours tenté de chercher à quoi ça ressemble. On a signalé la tradition française de la littérature du mal, Sade, Blanchot, Bataille, et c'est peut-être déjà une raison pour laquelle Jonathan Littell - faut-il le rappeler? un Américain naturalisé Français vivant en Espagne marié à une Belge qui écrit en français sur un Allemand, ça c'est de l'expat... - a écrit son roman en français: la tradition préexistait, en matière de littérature française, on en a, dirions-nous, vu d'autres. Alors qu'on se rappelle de l'accueil qui a été fait à American Psycho lors de sa parution aux Etats-Unis...
Peut-être, peut-être pas. J'ai trouvé quelques échos de la littérature allemande, Ernst Jünger entre autres, qu'on croise d'ailleurs dans le roman. Les sanatoriums suisses de La Montagne Magique de Thomas Mann, et plus encore le couple frère & soeur incestueux, qui apparait dans Wälsungenblut, une nouvelle du même Thomas Mann.
Oui, je sais, les sources, les sources... Claude Lanzmann avait critiqué que dans la réalité, aucun ancien nazi n'avait jamais été aussi bavard, que les bourreaux refoulaient plutôt leurs souvenirs. C'est cette même impression qu'on a quand on regarde les innombrables documentaires sur cette période. D'accord. Raison de plus d'écrire un roman: qu'est-ce qu'un nazi impliqué dans les pires massacres aurait-il pu raconter, et comment l'aurait-il raconté? Et en même temps, dilemme, comment faire pour que le lecteur lise jusqu'au bout ces 900 pages, qu'il ne s'ennuie pas en suivant les péripéties d'un nazi "ordinaire"? Il y a dans ce roman un équilibre infiniment complexe entre le réalisme le plus cru (et parfois insupportable) des situations décrites et le personnage principal, le dénommé Aue, presque surréel dans sa manière d'être, d'agir et de réfléchir.
Grand livre.
Rubrique "c'est quoi ces...?": Non, rien cette fois-ci. Je ne vais pas vous faire le coup d'Adorno, comme quoi aucune poésie n'est plus possible après 1945, mais force est de constater que la seule musique qui irait avec ce billet, ce serait des chants nazis. Alors...
En ces heures solennelles, j'appelle mes lecteurs à voter pour - ah non, trop tard. Flûte. Encore une occasion perdue pour exercer mon influence. Si c'est pas malheureux.
En attendant d'apprendre à mes élèves à se lever quand je rentre dans la salle, réforme qui va assurément résoudre en un rien tous les problèmes d'éducation, j'ai des projets à terminer, moi. Notamment avec les ados, toujours aussi mmmmmmmugnons, et d'ailleurs je ne vais pas tarder à entamer les procédures d'adoption en bonne et due forme. Oui, pour les 36 au complet.
Mais il y a autre chose: plus je discute avec les étudiants, que ce soit en cours de philo ou à bâtons rompus à la cafète, je me rends compte que côté filles, une génération épatante est en train d'émerger. Elles ont la vingtaine, le diplôme en poche, elles sont en quête d'un premier boulot, pas forcément au Mexique, d'ailleurs. C'est là généralement que le bât blesse: l'indépendance féminine est mal vue, au sud du Rio Grande. Disposer de ses propres revenus, habiter toute seule - autant de conflits programmés avec la sacrosainte famille, horizon indépassable pour beaucoup d'entre elles. Quand en plus, on veut émigrer au Québec, comme E***, ou qu'on veut rejoindre un copain tchèque à Vancouver, comme J***, on se retrouve rapidement dans une situation qui frise la haute trahison.
De tout ça, elles en sont conscientes. Elles ont des opinions mûrement réfléchies sur les questions de famille, de religion, d'état. Elles vont se battre. Et elles se démarquent nettement de leurs compagnons d'âge masculins qui, eux, préfèrent le plus souvent s'accrocher aux traditions, surtout si c'est maman qui les incarne. Ça peut parfois déboucher sur un machisme invivable, et elles sont de moins en moins prêtes à l'endurer.
Je crois bien que je vais voter pour elles.
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Rubrique "c'est quoi ces lendemains chantés"?: The La's, groupe mythique. Un seul album en 1990, puis ils se séparent. Je les avais vu en concert dans un petit club à Cologne, concert bordélique, abrégé pour des problèmes de larsen. Ils ont failli se bagarrer entre eux, mais concert était sublime malgré ou justement à cause de tout ça. Quant à Ziggy, fils de Bob, on a cru qu'il allait reprendre sans problèmes le flambeau de feu son père, et en 1989, tout portait à y croire, le son, les inflexions y étaient, mais ça s'est un peu calmé par la suite.
Et puis, faire chanter La Marseillaise à la mémé Matthieu une fois de plus, c'est désolant. En parlant de réformes, va-t-on revenir à l'ORTF? Encore un coup comme ça, et je sens que je vais quitter le pays. - Ah non, c'est déjà fait... Flûte et re-flûte. En tout cas, voici un antidote:
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