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Cielito lindo

Les chansons sur ce site peuvent être téléchargées pour un temps limité: 7 jours. Elles n'ont d'autre but que de susciter des passions musicales. Bien entendu, je vous invite à vous ruiner en achat de CDs et d'autres supports, quitte à bouffer de la vache enragée pour le restant du mois...

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It's a thousand pages / Give or take a few / I'll be writing more / In a week or two

Blog d'expat, celui d'un prof franco-allemand au Mexique, qui, après y avoir vécu plus de sept ans, s'estime en droit de se faire traiter de chilango (comme d'autres se feraient traiter de parigot). 


Mercredi 31 mai 2006

Vous l'avez déjà entendu par-ci par-là, le 2 juin vient d'être décrété Non Blogger Day...

"Je bègue votre pardon?"

Oui, il s'agit tout simplement d'offrir aux nombreux lecteurs dénués de blog notre blog pour qu'ils y postent ce qu'ils veulent. En d'autres termes, si vous voulez savoir quel effet ça fait d'être lu en deux clics trois mouvements dans le monde entier, envoyez-moi vos textes, images, sons, vidéos à cette adresse mail et je vous promets de les publier ici-même, croix de bois croix de fer, si je meurs je regarde une émission de Patrick Sébastien je vais en enfer.

Chanson d'encouragement:

Télécharger: La Grande Sophie - Du courage (mp3) - Acheter

Rubrique "c'est quoi cette chanson?": J'y viens, mais d'abord un rapide panorama culturel français: Littérature? rien à se mettre sous la dent à part Houellebecq. Cinéma? on inspecte les profondeurs insoupçonnées de son nombril. Reste la chanson (oui, j'ai dit "rapide", le panorama), et là, je m'excuse, mais on se défend, surtout en ce qui concerne la chanson féminine. Je n'arrête pas de découvrir depuis un an ou deux des voix étonnantes, détonnantes, Keren Ann, et Camille, et Coralie Clément, et Pauline Croze, et Jean Passe. Et La Grande Sophie et sa chanson parue en 2004. En somme, presqu'un âge d'or...

par Volker Rivinius publié dans : Blog-en-soi
Lundi 29 mai 2006

Avant-goût de la Coupe du Monde à l'IFAL: un match France-Mexique, ça se fête. Samedi, 14 heures, la cafète grouille de monde, de maillots verts, de maillots bleus, ces derniers presque tous affublés du numéro 10.

On nous avait donné la consigne de poursuivre les cours jusqu'à 15 heures; ça nous laisserait toujours la seconde mi-temps. Oui, mais mes étudiants ne l'entendaient pas de cette oreille. Leur consigne à eux, c'était: "on veut voir et on va voir le match!" Que voulez-vous? Je n'allais pas faire le bourreau d'enfants, surtout que les enfants en question commençaient à m'encercler et que face au surnombre, j'ai dû honteusement battre en retraite. Oh, et puis je voulais voir le match aussi...

Arrivé sur la terrasse de la cafète, je constate que d'autres collègues ont eux aussi choisi le repli statégique. Je songe un instant à une improbable (improbable?) finale France-Mexique en Coupe du Monde et à une victoire de la France, suite à quoi, nous à l'IFAL, on pourra fermer boutique et réclamer le rapatriement d'urgence. Pour l'instant, ceci dit, il s'agit d'un match amical. Les hymnes nationaux retentissent, l'arbitre siffle le début du match, clameurs du stade de France via la sono mise à fond, clameurs de la cafète. Et aux étages, des collègues qui réussissent l'exploit de continuer leurs cours. Ça, c'est du courage.

PS: Vous avez été hier 36 lecteurs à lire 276 pages de ce blog. Record battu. Certains d'entre vous ont été saperlipopettement assidus, j'en suis tout retourné. Merci à vous et, euh, on tâchera de continuer sur la lancée.

PPS: Patricia et Nathalie, deux régulières de Chilango!, m'ont donné la permission de dire du mal d'elles. Alors, mettons que... non non, je refuse, c'est impossible, elles sont toutes les deux absolument adorables et faut pas me demander des trucs pareils.

PPPS: N'insistez pas.

Chanson dédiée au gardien de but mexicain:

Télécharger: Rufus & Carla Thomas - When You Move You Lose (mp3) - indisponible

Rubrique "c'est quoi cette chanson?": En matiere de soul, il n'y a pas que Motown, dans la vie. Rufus et Carla Thomas sont issus de l'écurie Stax, domiciliée à Memphis/Tennessee. Un son plus rugueux, plus sudiste tout simplement, pour ce duo vaguement incestueux entre Rufus le père et Carla la fille paru en 1965. Quel rapport avec le foot? Aucun, mais je n'allais quand même pas vous mettre We Are The Champions...

par Volker Rivinius publié dans : Mexique
Jeudi 25 mai 2006

En France, la gente masculine se fait traiter de "monsieur" et c'est à peu près tout. Au Mexique il y a bien sûr señor, mais encore toute une gamme d'appellations plus ou moins contrôlées, parfois vaguement moyenâgeuses.

Par exemple, l'épithète le plus fréquemment utilisé pour qualifier ma pomme, c'est jóven. Buenas dias, jóven Volker. J'ai regardé dans le dico, ça veut dire "jeune". Ah. Sympa d'être traité de jeunôt la quarantaine passée. J'ai vite compris, vu la façon respectueuse qui accompagnait l'interpellation, qu'il n'y avait rien d'insultant d'être abordé comme ça. Au contraire, s'il fallait une traduction plus adéquate, il faudrait réactiver un archaïsme: "damoiseau", ou comme dit mon Robert, "jeune gentilhomme (pas encore chevalier)". Je n'ai pas grande ambition de me faire sacrer chevalier, même si le jóven en recèle un semblant de promesse, mais il est vrai que les gens respectables, très dans la force de l'âge, on les appelle ici don. Comme Don Juan, Don Diego de la Vega alias Zorro. Ou Don Camillo. Plus respectable encore, le caballero, sans adjonction du prénom, et cette fois, c'est bien "chevalier" qu'on veut dire.

Il y a pourtant une façon très simple de monter en grade: aller aux WC. Sur toutes les portes de WC dans l'ex-vice-royaume du Mexique, il y a marqué caballeros. Quelle noble étiquette pour une si basse besogne... Mais c'est bien connu: devant un besoin urgent, nous devenons tous chevaliers. Faut juste attacher le destrier, se défaire de la lance, de l'écu, de l'haubert, faire taire le trouvère qu'on a engagé pour chanter nos prouesses, puis de pénétrer les lieux d'aisance sans peur et de les quitter sans reproche (c'est la partie la plus coriace). Et de crier "Montjoie! Noël!"

Dieus! oncques ne vit chevalier qui etoit en si moult mesaise avant cuentes rendus, et ci finist li post d'hui.

Chanson simili-moyenâgeuse:

Télécharger: The Byrds - John Riley (mp3) - Acheter

Rubrique "c'est quoi cette chanson": Premier groupe américain à synthétiser au début des sixties le folk dylanien et le son de Liverpool, les Byrds ont assez souvent dans leur carrière eu recours à des mélodies traditionelles, ainsi cette vieille ballade anglaise. C'est l'histoire d'une damoiselle en son jardin qui est abordée par un jouvenceau. Ce dernier la demande en mariage (il ne perd pas son temps), or la damoiselle répond "Hélas je ne puis; mon fiancé est parti en croisade et j'ai promis d'attendre son retour" Le jouvenceau répond: "Oui, mais s'il a été occis?" - "Dans ce cas," sanglote la damoiselle, "je t'épouserai". C'est alors que le jouvenceau laisse tomber le masque, "C'est moi, ton fiancé! Je suis de retour! (Quand est-ce qu'on mange?)" - Quelle andouille, quand-même...

par Volker Rivinius publié dans : Mexique
Mercredi 24 mai 2006

Ça fait maintenant presque deux semestres que je donne des ateliers de philo en plus de mes cours de français. Moment propice pour un petit bilan?

Je n'ose même pas dire "j'enseigne la philo", non pas parce que j'usurpe une fonction qui n'est pas la mienne, mais tout simplement parce que nous sommes une école de français langue étrangère, et donc, atelier de civilisation ou pas, l'aspect linguistique prime. J'explique des concepts, d'accord, mais j'explique aussi du vocabulaire, je corrige des hispanismes, des verbes mal conjugués, des pronoms pas à leur place. D'un autre côté, ça élimine dès le départ la forme du cours magistral: Pourquoi ruminer durant deux heures du concept de Nietzsche chez Spinoza, si mes étudiants peuvent avoir la même chose en espagnol en s'inscrivant dans une université du coin? Non, inutile de concurrencer les facs, ni surtout d'appliquer le principe bonjour-assis-vos-gueules. Et puis, c'est barbant, les cours magistraux, on s'endort, et même ceux qui par je ne sais quel prodige restent éveillés ne retiendront qu'environ 10% du cours. 

Nous sommes dans l'ère du communicatif. Soit, communiquons. Inspirons-nous des cafés philosophiques qui ont été créés en France depuis une quinzaine d'années. Un animateur, qui définit un thème, qui lance quelques idées, et voyons voir ce qui se passe. Généralement, il se passe quelque chose...

On a pas mal critiqué les cafés philosophiques, on a dit que ce n'était pas de la vraie philosophie (et puis qu'est-ce que la vraie philosophie? - excellente question, question suivante), mais force est de constater que ça fonctionne, pour des gens qui n'ont plus fait de philo depuis le lycée, voire pas de philo du tout, et aussi pour d'autres qui arrivent avec un solide bagage culturel. Le tout est de faire comprendre que tout le monde est capable de philosopher. Une fois que les étudiants ont compris ça, c'est gagné. Après, ça devient un cours comme un autre, où il faut lancer et relancer le débat, motiver les timides et couper le sifflet aux bavards. A la différence près - et là il faut être diablement circonspect - que l'enseignant ne doit pas confondre supériorité linguistique et supériorité intellectuelle: il y a peu de mérite à refuter les arguments d'un étudiant lorsque celui-ci est limité dans son expression d'une langue qui n'est pas sa langue maternelle. Si la discussion avait eu lieu en espagnol, elle aurait pris un autre tour.

Bien sûr, on entend parfois des choses curieuses, des participants qui s'épanchent sur leurs bobos personnels, ou qui s'exposent à une profession de foi qui n'a pas grand chose à voir avec la philosophie. À l'enseignant alors de saisir la balle au bond, de jongler avec et de faire son Socrate. De la philosophie de saltimbanque? Peut-être, mais j'assume...

Euh... je vous ai déjà parlé de mon iPod?

Télécharger: The Who - I Don't Even Know Myself - Acheter

Rubrique "c'est quoi cette chanson?": C'en est une par un des groupes les plus introspectifs de l'histoire du rock, notamment via Pete Townshend, tête pensante du groupe. Enregistré en 1970 et prévu pour un EP, elle a fini face B du 45tours Won't Get Fooled Again. Un peu "l'enfer c'est les autres", un peu "la vie est un songe" et la difficulté de réaliser ce théorème prisé par les philosophes (mais récupéré par les psys): "Connais-toi toi-même"...

par Volker Rivinius publié dans : Mexique
Samedi 20 mai 2006

Ça y est, j'ai un iPod. Me voilà miraculeusement en phase avec mon époque. L'ennui, c'est que mon ordi n'est pas du tout en phase avec l'iPod. C'est que jusqu'à présent, mes CDs se transformaient en fichiers .wma, que je pouvais lire avec le Windows Media Player. Ce dont l'iPod se contrefout royalement. Lui, il veut iTunes, Quicktime et convertir les fichiers (ou alors je n'ai pas compris). Microsoft vs. Apple - libre à chacun d'y voir une nouvelle querelle des Anciens et des Modernes. A la réflexion, ce serait plutôt une nouvelle querelle des Bouffons.

Avec tous ces fichiers musicaux, il fallait déjà être titulaire d'un ou deux diplômes en business administration, juste pour les classer de manière tant soit peu logique. Maintenant, il faut en plus gérer les fichiers iPod. Je vais devenir cinglé, je le sens. Qui plus est (et là, je n'ai vraiment pas compris), le Quicktime se met automatiquement en marche dès que je clique sur un lien mp3 et je ne peux plus télécharger de petites musiques, grrrr.... Donc, comment faire? Tout balancer sur l'iPod puis désinstaller Quicktime? Puis le réinstaller en cas de besoin? Achetez vous des ordis, qu'y disaient. Ça va vous faciliter la vie, qu'y disaient.

Quand-même: je me rappelle de mon premier walkman à cassettes, dix chansons sur une face, dix sur l'autre, ça me paraissait énorme! Et là, sur mon iPod, j'ai - 'ttendez que je vérifie - 3259 chansons dessus, gasp! Si je veux tout écouter à raison de huit heures par jour, il me faudra 120 jours. Mais bon, j'ai pas que ça à faire et vous non plus.

Sur un point, le Media Player est supérieur au iTunes: il permet de classer les chansons par année de parution, ce qui flatte mon goût pour les voyages musicalo-temporels. Et d'ailleurs, c'est ce que je vous propose aujourd'hui: un trip musical, en sautant d'une décennie à l'autre, avec 5 chansons (issues des 3259) à télécharger. En voiture....

1996: Mike Flowers Pops - Wonderwall (mp3) - Acheter

Les Anglais avaient réussi l'exploit de balayer le grunge. Oasis, Blur, Pulp, The Verve - le sticker "buy british" sur les CDs n'était pas une injonction nationaliste, mais tout simplement une question de bon sens. On pouvait même se permettre une excentricité telle celle des éphémères Mike Flowers Pops et transformer le mégatube d'Oasis en easy listening, avec faux grésillement de vinyle, fausse voix ringarde, faux instruments d'occase, fausses choristes mortes d'ennui. Cette version est au rock ce que Le nom de la rose est au roman historique et signifie par conséquent l'entrée de la postmodernité dans la pop culture... Mmmnon, je raconte des conneries.

1986: Suzanne Vega - Left of Center (mp3) - Acheter

Quand Suzanne Vega apparut, on crut d'abord à une folkeuse attardée. Qu'allait-elle faire aussi, avec sa guitare acoustique, en plein règne MTV, de clips pharamineux et de musiques médiocres? On la sous-estimait: elle était diablement en avance sur son époque. Liz Phair, Fiona Apple, Cat Power lui en doivent beaucoup. Left of center, marginale, elle l'était, mais ça changerait dès le second album. Deux ans plus tard, je l'ai vue sur scène à Paris. Elle nous a récité l'unique phrase en français qu'elle connaissait: "Vouleï vouw coucheï avec mwoah?" Et comment donc, Suzanne, c'est quand tu veux. Passe un coup de fil avant, quand-même. 

1976: Genesis - A Trick of the Tail (mp3) - Acheter

Peut-être l'année la plus pépère de toute l'histoire du rock. A défaut de révolution, de guerre de Vietnam, on se retirait dans son petit monde, retournait à la terre, et quand les chèvres vous en laissaient le loisir, on bouquinait de la psycho, de la science-fiction et de l'ésotérisme. A l'image du Phil Collins de l'époque: chevelu, barbu, bonnet de laine communautaire, brûle-gueule dans la bouche, une écharpe d'au moins dix mètres autour du cou, relax Max, à l'aise Blaise, cool Raoul. Et on se fabriquait des musiques très sophistiquées et très virtuoses. Et très datées, quand on se donne la peine d'y jeter un coup d'oreille trente ans après. Genesis, cette année-là, ne sort pas moins de deux albums, A Trick of the Tail puis Wind and Wuthering. Et pourtant, après le départ de Peter Gabriel, on donnait pas cher de l'avenir du groupe. Retour de manivelle, le groupe, désormais sous l'égide de Phil, va connaître ses plus grands succès. Je sais, le monde est injuste, mais c'est le seul monde qu'on a, et ça restera comme ça. Ah ouais? Tu parles, Charles, car dès l'année suivante: "iiiiiiiiiiiiiiiii aaaaaaaaaam an antichristuh" et vous connaissez la suite. Euh... excusez le sarcasme, en fait j'adore cette chanson.

1966: Michel Polnareff - L'Oiseau de nuit (mp3) - Acheter

Année charnière. Le rock devient chose sérieuse. Tout ce qui paraît cette année-là fait figure de classique absolu (ou du moins le devrait). On n'en a plus idée aujourd'hui, mais un énergumène qui risquait sa vie parce qu'il se laissait pousser la frange d'un centimètre de plus et qui le soir retournait chez lui avec Revolver ou Aftermath ou Highway 61 Revisited sous le bras, croyait fermement que ces groupes qu'il allait écouter étaient détenteurs d'un savoir. Un savoir qui serait à jamais imperméable aux bourges avec lesquels il venait de rompre, mais accessible à force d'écoutes répétées au beatnik néophyte enthousiaste qu'il était. Même du côté français, on oublie ses rengaines yéyé, on part pour Londres et à l'instar de Michel Polnareff, on enregistre un fabuleux premier album.

1956: Johnny Burnette: The Train Kept A-Rollin' (mp3) - Acheter

Curieusement atypique, cette chanson. Le train? A l'époque, tout chanson rock qui se respecte parle de bagnoles: cadillacs, chevrolets, t-birds. Et du plaisir qu'on peut y avoir un samedi soir alors qu'on vient juste de recevoir sa paye. Alors que là, non, une rencontre dans un train qu'on s'imagine propulsé à une vitesse vertigineuse et désespérante par le trio de Johnny Burnette. Rien à voir avec l'optimisme provoc' de l'époque. Les chansons sur les trains allaient réapparaître douze ans plus tard, avec le blues revival. Ceci expliquant peut-être cela.

par Volker Rivinius publié dans : Mexique
 
 
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