Por eso
It's a thousand pages / Give or take a few / I'll be writing more / In a week or two
Blog d'expat, celui d'un prof franco-allemand au Mexique, qui, après y avoir vécu plus de sept ans, s'estime en droit de se faire traiter de chilango (comme d'autres se feraient traiter de parigot).
Carrefour boycotté en Chine, tiens tiens... Quelqu'un aurait-il sous-estimé quelque chose? La Chine, c'était la raison invoquée pour fermer les
filiales au Mexique. Et pourtant, la marque était bien implantée dans le coin, bien prononcé à la mexicaine: carrrrrré-fo-ourrr. Je les entends encore: "On va en Chineuh, on va en Chineuh!" Et
voilà ce qui arrive. Irais-je jusqu'à rire sous cape de ces déboires? Noooon, faut pas être salaud. M'enfin ne me poussez pas à bout.
Nicolas Sarkozy, qu'on ne présente plus, finalement ne viendra pas au Mexique (pour des raisons que je ne veux même pas connaître). C'est la deuxième fois qu'il leur fait le coup, aux Mexicains. Il y a de quoi de sentir légèrement froissé, même si sans le vouloir, le président affiche un comportement bien mexicain: poser des lapins. Pour pour mal de gens en place, c'est du stress en moins. Vous imaginez tout les préparatifs qu'impose une visite d'état. Depuis des semaines déjà, des agents secrets infiltrés via la valise diplomatique et déguisés en mariachi ou en vendeurs de tamales parcouraient les lieux de visite présumés, vérifiaient l'origine du moindre trou de chaussette. La visite du Lycée Franco-Mexicain était chronométrée à exactement 22 minutes. À la vingt-troisième, des têtes tombaient. N'empêche, quelle terrible idée: Sarkozy, un Mexicain qui s'ignore?
Finalement, je ne suis pas très allemand. Je viens juste de faire le test proposé par le SPIEGEL, qui publie cette semaine un grand sondage "Comment fonctionnent les Allemands?". Quatre points sur dix. Commentaire: "Vous pouvez quand-même garder votre
passe-port allemand. Si vous en avez un". Entre autres, je me lève plus tard que la moyenne (ouais, et alors?), je suis plus optimiste quand je commence ma journée (alors que les Allemands au
moindre bobo crient à l'apocalypse), je pense qu'une femme peut continuer de travailler quand elle a eu un enfant (no comment), j'ai au moins manifesté une fois dans ma vie. Me reste plus qu'à
faire les tests "Êtes-vous français?" et "Êtes-vous mexicain?". Je crains le pire.
Nicolas Sarkozy, qu'on ne présente plus, finalement ne viendra pas au Mexique (pour des raisons que je ne veux même pas connaître). C'est la deuxième fois qu'il leur fait le coup, aux Mexicains. Il y a de quoi de sentir légèrement froissé, même si sans le vouloir, le président affiche un comportement bien mexicain: poser des lapins. Pour pour mal de gens en place, c'est du stress en moins. Vous imaginez tout les préparatifs qu'impose une visite d'état. Depuis des semaines déjà, des agents secrets infiltrés via la valise diplomatique et déguisés en mariachi ou en vendeurs de tamales parcouraient les lieux de visite présumés, vérifiaient l'origine du moindre trou de chaussette. La visite du Lycée Franco-Mexicain était chronométrée à exactement 22 minutes. À la vingt-troisième, des têtes tombaient. N'empêche, quelle terrible idée: Sarkozy, un Mexicain qui s'ignore?
par Gryphon
publié dans :
Mexique
La dernière trouvaille, au boulot, c'est que dû aux changements divers, aux restructurations inévitables, on nous conseille vivement de nous
reconvertir, de ranger le vieux pardessus de prof de FLE pour entamer une carrière prometteuse dans ce qu'on appelle désormais les
"nouveaux métiers". Youpi. D'un côté, ça tombe bien; j'en avais justement un peu ras la casquette d'expliquer pour la énième fois les arcanes du subjonctif - la routine, toujours la routine, hélas
- et donc, wow, pourquoi pas faire quelque chose de tout à fait différent?
Je me suis tout de suite porté volontaire pour un poste de pianiste de bordel, mais on m'a laissé entendre que nous disposions certes d'un piano, mais pas d'un bordel, du moins pas dans le sens littéral. Dommage. Et finalement, je n'ai même pas eu à choisir, c'est venu tout seul, c'est à dire d'en haut: avec quelques autres, qui eux non plus n'en demandaient pas tant, nous avons été promus... game designers!
Avouez que ça jette, ça déchire, ça la fait. Bon, me direz-vous, c'est bien, mais qu'a-t-il de si nouveau, ce métier? C'est relatif, bien sûr. Pour un prof de FLE, c'est même tellement nouveau qu'il faut qu'il adopte l'anglicisme, gaime disaïneur. Le comble, pour un prof de FLE. Alright, dites-vous encore, un rien agacé, mais on ne s'improvise pas game machin du jour au lendemain, voyons! Exact. Pas plus que chirurgien dentiste, encore que le game bidule peut même de nos jours se former sur le tas... Oui, le chirurgien dentiste aussi a priori, mais ce n'est pas moi qui va lui servir de cobaye. Admettons, insistez-vous un peu lourdement, et qu'allez-vous donc disaïnier, comme ça, hein? (pouf pouf). Sur quoi je vous demanderai, dignement, si vous la voulez, votre baffe, et j'ajouterai que pour l'instant, on en est à la création de personnages.
Chaque chose en son temps. On se dirige donc tout droit vers l'adventure game, mâtiné d'une once de simulation et d'un rien de stratégie. On aurait pu imaginer aussi un ego shooter, où un gros crétin musclé s'amuserait à massacrer des élèves récalcitrants à grands coups d'exceptions grammaticales. Même que, comme me le faisait remarquer un collègue, comme ça au moins, il ne tomberait pas à court de munitions, ha ha ha, sacré plaisantin! Mais soyons sérieux, d'autant plus que nous sommes en pleine phase délirante: il lui faut une biographie, à mon personnage, une apparence provisoire (je bidouille une photo) et une motivation genre question de vie ou de mort, une quête dans l'urgence, contre la montre, et si possible, tiens oui, un zeste de Bildungsroman ou comme on dit aujourd'hui, une coming-of-age-story, un personnage qui évolue (difficile, ça...). Et peut-être ceci. Et peut-être cela. J'en sais trop rien.
Quand je pense aux sommes vertigineuses qui sont investies dans la conception d'un jeu vidéo, ça laisse rêveur. Surtout si je compare à mon salaire à moi.
Télécharger: Jackson C. Frank - Blues Run The Game (mp3) - acheter
Télécharger: Queen - Play The Game (mp3) - acheter
Télécharger: Peter Gabriel - Games Without Frontiers (mp3) - acheter
Rubrique "c'est quoi ces joujoux?": Chanteur folk quasiment oublié, Jackson C. Frank avait sorti en 1965 un album où surnageait le discret Blues Run The Game, repris plus tard par Simon & Garfunkel. On leur en a beaucoup voulu, aux Queen, de sortir en 1980, en plein déferlement new wave, cette ballade grandiloquente d'une autre époque; avec le temps, on est devenu plus indulgent. La chanson de Peter Gabriel, elle, colle parfaitement à son époque, 1980 itou. Autant son ex-groupe, Genesis, sombrait dans la guimauve collinsienne, autant Gabriel apparut comme celui qui avait définitivement des choses à dire.
Je me suis tout de suite porté volontaire pour un poste de pianiste de bordel, mais on m'a laissé entendre que nous disposions certes d'un piano, mais pas d'un bordel, du moins pas dans le sens littéral. Dommage. Et finalement, je n'ai même pas eu à choisir, c'est venu tout seul, c'est à dire d'en haut: avec quelques autres, qui eux non plus n'en demandaient pas tant, nous avons été promus... game designers!
Avouez que ça jette, ça déchire, ça la fait. Bon, me direz-vous, c'est bien, mais qu'a-t-il de si nouveau, ce métier? C'est relatif, bien sûr. Pour un prof de FLE, c'est même tellement nouveau qu'il faut qu'il adopte l'anglicisme, gaime disaïneur. Le comble, pour un prof de FLE. Alright, dites-vous encore, un rien agacé, mais on ne s'improvise pas game machin du jour au lendemain, voyons! Exact. Pas plus que chirurgien dentiste, encore que le game bidule peut même de nos jours se former sur le tas... Oui, le chirurgien dentiste aussi a priori, mais ce n'est pas moi qui va lui servir de cobaye. Admettons, insistez-vous un peu lourdement, et qu'allez-vous donc disaïnier, comme ça, hein? (pouf pouf). Sur quoi je vous demanderai, dignement, si vous la voulez, votre baffe, et j'ajouterai que pour l'instant, on en est à la création de personnages.
Chaque chose en son temps. On se dirige donc tout droit vers l'adventure game, mâtiné d'une once de simulation et d'un rien de stratégie. On aurait pu imaginer aussi un ego shooter, où un gros crétin musclé s'amuserait à massacrer des élèves récalcitrants à grands coups d'exceptions grammaticales. Même que, comme me le faisait remarquer un collègue, comme ça au moins, il ne tomberait pas à court de munitions, ha ha ha, sacré plaisantin! Mais soyons sérieux, d'autant plus que nous sommes en pleine phase délirante: il lui faut une biographie, à mon personnage, une apparence provisoire (je bidouille une photo) et une motivation genre question de vie ou de mort, une quête dans l'urgence, contre la montre, et si possible, tiens oui, un zeste de Bildungsroman ou comme on dit aujourd'hui, une coming-of-age-story, un personnage qui évolue (difficile, ça...). Et peut-être ceci. Et peut-être cela. J'en sais trop rien.
Quand je pense aux sommes vertigineuses qui sont investies dans la conception d'un jeu vidéo, ça laisse rêveur. Surtout si je compare à mon salaire à moi.
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Télécharger: Queen - Play The Game (mp3) - acheter
Télécharger: Peter Gabriel - Games Without Frontiers (mp3) - acheter
Rubrique "c'est quoi ces joujoux?": Chanteur folk quasiment oublié, Jackson C. Frank avait sorti en 1965 un album où surnageait le discret Blues Run The Game, repris plus tard par Simon & Garfunkel. On leur en a beaucoup voulu, aux Queen, de sortir en 1980, en plein déferlement new wave, cette ballade grandiloquente d'une autre époque; avec le temps, on est devenu plus indulgent. La chanson de Peter Gabriel, elle, colle parfaitement à son époque, 1980 itou. Autant son ex-groupe, Genesis, sombrait dans la guimauve collinsienne, autant Gabriel apparut comme celui qui avait définitivement des choses à dire.
par Gryphon
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Mexique
Résumé de l'épisode précédent: England rules.
En 1963, Sheila chantait "T'es plus dans le coup, Papa". Papa, à la rigueur, pouvait s'y habituer; on a tous été jeunes, n'est-ce pas? Quand arrivent les Stones, en 1968, ils iront sensiblement plus loin: "Non seulement t'es plus dans le coup, Papa, mais encore je vais te refaire LA TÊTE AU CARRÉ!!" Du moins, c'est l'impression qu'il pouvait avoir, Papa, rien qu'en écoutant la musique et sans comprendre un traître mot aux paroles.
Les Stones, de leur côté, revenaient de loin; 1967 avait été une année désastreuse; Jagger et Richards avaient pu éviter la prison de justesse, vers la fin de l'année sortait un album faiblard, Their Satanic Majesties Request, vite considéré comme un sous-Sgt. Pepper's. La honte. Visiblement, le psychédélisme de type british, avec ses frasques mi-parodiques mi-nostalgiques d'un empire colonial perdu, ne convenait pas aux Stones, au contraire de leurs illustres concurrents. Coup de bol ou d'inspiration, ils se réinventent et sortent début 1968 un 45 tours époustouflant, Jumpin Jack Flash, nous y voilà.
Personnellement, pour symboliser tout cette période soixantehuitarde, période brève comme le nom devrait l'indiquer, je préfère Jumpin Jack à Street Fighting Man, qui reste un document d'époque. Tandis que Jumpin Jack Flash va au delà; pour les Stones d'abord, puisque la chanson est la matrice de tous les titres des Stones à venir, même quarante ans après, pour nous ensuite, qui n'avons pas (consciemment) vécu cette époque. Il y a décidément un je-ne-sais-quoi de subversif qui surplombe cette chanson, quelque chose qui, à condition de l'avoir bien écouté, fait que plus jamais vous regarderez votre supérieur hiérarchique ou n'importe quel emmerdeur du quotidien de la même façon. Dorénavant, il y aura toujours cette alternative: lui refaire LA TÊTE AU CARRÉ, fût-ce verbalement.
Alors finalement, qu'importe-t-il de s'attarder sur des discours lénifiants, léninistes, passés de mode tout comme la sotériologie psycho des années 70 ou l'exégèse de la pub des années 80. Les discours s'usent, d'autant plus quand ils se figent, je ne vous apprends rien. Les sons, eux, persistent, continuent à faire leur chemin. La chanson des Stones permet de comprendre 1968 comme une attitude, et non plus comme un processus historique classé, fiché et encartonné.
Bizarrement, la clip original est introuvable sur YouTube aussi bien que sur DailyMotion, sans doute une question de droits d'auteurs. Par contre, j'ai mis la main sur cette version en semi-live en noir et blanc qui est d'époque, même si je n'ai pas pu retrouver d'où elle sort. Elle vaut son coup d'oeil.
Et au cas où vous ne sauriez plus où vous avez rangé votre CD, voici la chanson originale:
Télécharger: The Rolling Stones - Jumpin Jack Flash (mp3) - acheter
En 1963, Sheila chantait "T'es plus dans le coup, Papa". Papa, à la rigueur, pouvait s'y habituer; on a tous été jeunes, n'est-ce pas? Quand arrivent les Stones, en 1968, ils iront sensiblement plus loin: "Non seulement t'es plus dans le coup, Papa, mais encore je vais te refaire LA TÊTE AU CARRÉ!!" Du moins, c'est l'impression qu'il pouvait avoir, Papa, rien qu'en écoutant la musique et sans comprendre un traître mot aux paroles.
Les Stones, de leur côté, revenaient de loin; 1967 avait été une année désastreuse; Jagger et Richards avaient pu éviter la prison de justesse, vers la fin de l'année sortait un album faiblard, Their Satanic Majesties Request, vite considéré comme un sous-Sgt. Pepper's. La honte. Visiblement, le psychédélisme de type british, avec ses frasques mi-parodiques mi-nostalgiques d'un empire colonial perdu, ne convenait pas aux Stones, au contraire de leurs illustres concurrents. Coup de bol ou d'inspiration, ils se réinventent et sortent début 1968 un 45 tours époustouflant, Jumpin Jack Flash, nous y voilà.
Personnellement, pour symboliser tout cette période soixantehuitarde, période brève comme le nom devrait l'indiquer, je préfère Jumpin Jack à Street Fighting Man, qui reste un document d'époque. Tandis que Jumpin Jack Flash va au delà; pour les Stones d'abord, puisque la chanson est la matrice de tous les titres des Stones à venir, même quarante ans après, pour nous ensuite, qui n'avons pas (consciemment) vécu cette époque. Il y a décidément un je-ne-sais-quoi de subversif qui surplombe cette chanson, quelque chose qui, à condition de l'avoir bien écouté, fait que plus jamais vous regarderez votre supérieur hiérarchique ou n'importe quel emmerdeur du quotidien de la même façon. Dorénavant, il y aura toujours cette alternative: lui refaire LA TÊTE AU CARRÉ, fût-ce verbalement.
Alors finalement, qu'importe-t-il de s'attarder sur des discours lénifiants, léninistes, passés de mode tout comme la sotériologie psycho des années 70 ou l'exégèse de la pub des années 80. Les discours s'usent, d'autant plus quand ils se figent, je ne vous apprends rien. Les sons, eux, persistent, continuent à faire leur chemin. La chanson des Stones permet de comprendre 1968 comme une attitude, et non plus comme un processus historique classé, fiché et encartonné.
Bizarrement, la clip original est introuvable sur YouTube aussi bien que sur DailyMotion, sans doute une question de droits d'auteurs. Par contre, j'ai mis la main sur cette version en semi-live en noir et blanc qui est d'époque, même si je n'ai pas pu retrouver d'où elle sort. Elle vaut son coup d'oeil.
Et au cas où vous ne sauriez plus où vous avez rangé votre CD, voici la chanson originale:
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par Gryphon
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Musiques
A en croire certains, tous les maux de la planète viendraient de la pensée 68; c'est même devenu tellement courant qu'au moindre
disfonctionnement entr'aperçu dans les news, dans la rue, dans la chambre à coucher, au moindre pavé trouvé sous la plage, c'est le spectre de mai 68 qu'on évoque. Je sais bien qu'il y a eu le
livre de Luc Ferry et d'Alain Renaut, mais quand-même: je n'ai toujours pas compris en quoi elle consiste exactement, cette pensée 68. Un
truc de gauchistes? Oui, mais lesquels? Déjà qu'il fallait différencier entre les trotzkistes, les maoïstes, les italiens (Gramsci), voire ceux qui se déclaraient marxistes tendance Groucho. Ou
alors un truc de hippy, de baba fleurant le patchouli, retourné à la terre ou au Népal ou juste on ze road? Bien entendu, si on part d'une caricature, on n'ira pas bien loin.
Mais surtout, qu'elle aurait été l'alternative à l'époque? La pensée "ancien combattant"? Ou pire, la pensée "résistant de la dernière heure" avec son cortège d'hypocrisie, d'autoritarisme grandiloquent et d'un autre âge? Quitte à choisir, je préfère les quelques barricades, et je dis bien "quelques". Mai 68, c'était un affrontement de minorités; pour la grande masse des gens, on constate plutôt une absence de pensée, comme aujourd'hui, comme toujours. Suffisait d'attendre que l'essence revienne.
Je n'avais que trois ans l'époque, et tout ce dont je me souviens, c'est une vague inquiétude parentale. On n'habitait pas très loin de Nanterre. Trois ans, ça signifie aussi que par la force des choses, j'ai raté tout un tas de musiques qui ont paru cette année-là et que j'ai dû rattraper par la suite. Et puis, soyons sérieux, une année où paraissent tant de disques épatants, elle est si mauvaise que ça?
Parmi les groupes à commenter directement les évènement de mai 68, les Stones, Street Fighting Man: "Well what can a poor boy do / Than to sing in a rock'n'roll band? / Cause in sleepy London Town there's just no place for a street fighting man". Comme souvent chez les Stones, les paroles disent une chose et la musique l'inverse, en l'occurence: oui! il y a de la place pour le combattant des rues. En rétrospective, Jagger avait sans le vouloir vu juste. Alors que ça barde partout ailleurs, l'Albion, pas perfide pour deux pennies, reste calme, préférant les ballades à Carnaby Street que de bazarder Piccadilly. Les Anglais, aussi, en avaient vu d'autres depuis 1963, cinq ans d'explosion de scène rock pour voir venir. A une exception près: le 17 mars, à Grosvenor Square, une manif anti-guerre du Vietnam tourne au vinaigre; Jagger y est, manque de se faire tabasser et apporte de fait la caution de la partie "swingin'" de Londres: "everywhere I hear the sound of marching charging people"...
Comparé à l'Angleterre, la France faisait de son côté l'effet d'une cocotte-minute sur le point d'exploser (à suivre)...
Télécharger: The Rolling Stones - Street Fighting Man (mp3) - acheter
Mais surtout, qu'elle aurait été l'alternative à l'époque? La pensée "ancien combattant"? Ou pire, la pensée "résistant de la dernière heure" avec son cortège d'hypocrisie, d'autoritarisme grandiloquent et d'un autre âge? Quitte à choisir, je préfère les quelques barricades, et je dis bien "quelques". Mai 68, c'était un affrontement de minorités; pour la grande masse des gens, on constate plutôt une absence de pensée, comme aujourd'hui, comme toujours. Suffisait d'attendre que l'essence revienne.
Je n'avais que trois ans l'époque, et tout ce dont je me souviens, c'est une vague inquiétude parentale. On n'habitait pas très loin de Nanterre. Trois ans, ça signifie aussi que par la force des choses, j'ai raté tout un tas de musiques qui ont paru cette année-là et que j'ai dû rattraper par la suite. Et puis, soyons sérieux, une année où paraissent tant de disques épatants, elle est si mauvaise que ça?
Parmi les groupes à commenter directement les évènement de mai 68, les Stones, Street Fighting Man: "Well what can a poor boy do / Than to sing in a rock'n'roll band? / Cause in sleepy London Town there's just no place for a street fighting man". Comme souvent chez les Stones, les paroles disent une chose et la musique l'inverse, en l'occurence: oui! il y a de la place pour le combattant des rues. En rétrospective, Jagger avait sans le vouloir vu juste. Alors que ça barde partout ailleurs, l'Albion, pas perfide pour deux pennies, reste calme, préférant les ballades à Carnaby Street que de bazarder Piccadilly. Les Anglais, aussi, en avaient vu d'autres depuis 1963, cinq ans d'explosion de scène rock pour voir venir. A une exception près: le 17 mars, à Grosvenor Square, une manif anti-guerre du Vietnam tourne au vinaigre; Jagger y est, manque de se faire tabasser et apporte de fait la caution de la partie "swingin'" de Londres: "everywhere I hear the sound of marching charging people"...
Comparé à l'Angleterre, la France faisait de son côté l'effet d'une cocotte-minute sur le point d'exploser (à suivre)...
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Musiques











