Por eso
It's a thousand pages / Give or take a few / I'll be writing more / In a week or two
Blog d'expat, celui d'un prof franco-allemand au Mexique, qui, après y avoir vécu plus de sept ans, s'estime en droit de se faire traiter de chilango (comme d'autres se feraient traiter de parigot).
Inutile de se justifier quand on blogue, on est d'accord. Ça ne nous empêchera pas de chercher des antécédents, une tradition à laquelle se
raccrocher... Récemment, je suis tombé sur les Mythologies de Roland Barthes. Le livre est maintenant vieux de plus d'un demi-siècle. Le scandale qu'il a pu causer en son temps est loin.
Il n'empêche: ces petits textes qui analysent tout et n'importe quoi pourvu que ça fasse partie du quotidien, que ce soit le Tour de France, Racine, le bifteck et les frites, l'astrologie ou encore le cerveau d'Einstein, voilà qui n'est somme toute pas si éloigné de la démarche d'un blog généraliste. Bien sûr, on dira que pour beaucoup de ses textes, le contexte a disparu: qui se souvient encore de Minou Drouet, de ce que signifie l'acteur d'Harcourt ou l'opération Astra? Pas moi. D
e plus, en 1957, on en est à une sémiotique balbutiante, on s'aperçoit que
Barthes s'escrime à poser un fondement théorique, scientifique à ses analyses. De ce côté-là, c'est l'échec. On peut facilement contester - et on l'a fait plus d'une fois - la définition du mythe
selon Barthes: le mythe comme parole, c'est à dire comme système de communication, comme mode de signification. On peut même refuser cette objectivisation des analyses pour ne garder finalement ce
qui importe vraiment: un regard clair (et subjectif) sur les choses qui nous entourent. Que faut-il de plus?
Le but de l'entreprise barthésienne se veut destructive: l'ennemi, c'est la bourgeoisie. Comme il le dit dans la préface de 1970 (nette plus radicale que celle de 1957), "pas de sémiologie qui finalement ne s'assume comme sémioclastie". Il s'agit donc de s'attaquer à un comportement, un mode de penser plus qu'à une classe sociale - car après tout, c'est comme pour le ringard: on est toujours le bourgeois de quelqu'un d'autre, on n'en sort pas. Mais pour ce qui est du mode de penser, je ne suis pas sûr qu'on ait beaucoup progressé depuis 1957. Les contenus ont changé, c'est clair, mais les formes subsistent.
De fait, beaucoup de ces textes peuvent être transposés dans un contexte de 2008. Pour nommer ce contexte, on trouvera sans doute d'autres termes que "petit-bourgeois". Peut-être "bling-bling"?
Il n'empêche: ces petits textes qui analysent tout et n'importe quoi pourvu que ça fasse partie du quotidien, que ce soit le Tour de France, Racine, le bifteck et les frites, l'astrologie ou encore le cerveau d'Einstein, voilà qui n'est somme toute pas si éloigné de la démarche d'un blog généraliste. Bien sûr, on dira que pour beaucoup de ses textes, le contexte a disparu: qui se souvient encore de Minou Drouet, de ce que signifie l'acteur d'Harcourt ou l'opération Astra? Pas moi. D
e plus, en 1957, on en est à une sémiotique balbutiante, on s'aperçoit que
Barthes s'escrime à poser un fondement théorique, scientifique à ses analyses. De ce côté-là, c'est l'échec. On peut facilement contester - et on l'a fait plus d'une fois - la définition du mythe
selon Barthes: le mythe comme parole, c'est à dire comme système de communication, comme mode de signification. On peut même refuser cette objectivisation des analyses pour ne garder finalement ce
qui importe vraiment: un regard clair (et subjectif) sur les choses qui nous entourent. Que faut-il de plus?Le but de l'entreprise barthésienne se veut destructive: l'ennemi, c'est la bourgeoisie. Comme il le dit dans la préface de 1970 (nette plus radicale que celle de 1957), "pas de sémiologie qui finalement ne s'assume comme sémioclastie". Il s'agit donc de s'attaquer à un comportement, un mode de penser plus qu'à une classe sociale - car après tout, c'est comme pour le ringard: on est toujours le bourgeois de quelqu'un d'autre, on n'en sort pas. Mais pour ce qui est du mode de penser, je ne suis pas sûr qu'on ait beaucoup progressé depuis 1957. Les contenus ont changé, c'est clair, mais les formes subsistent.
De fait, beaucoup de ces textes peuvent être transposés dans un contexte de 2008. Pour nommer ce contexte, on trouvera sans doute d'autres termes que "petit-bourgeois". Peut-être "bling-bling"?
par Gryphon
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Choses lues
Comme j'ai été tagué deux fois en quelques jours, j'espère que vous ne m'en voudrez pas, Marie et Véronique, de régler ça en un
seul billet. Ce n'est pas qu'on manque de place, bien sûr, mais bon, deux billets de tagueries qui se suivent, ça risque d'exaspérer même le plus patient de mes
lecteurs, faut se mettre à leur place, aussi ;-)
Bien. On commence par le tag insideparisien: nommer six de mes manies. Ça fait un peu autocritique devant les camarades du comité central, ou alors dimanche matin à la confesse - et je ne suis même pas sûr d'arriver jusqu'à six, à moins d'inclure les habitudes et les addictions. Voyons voir.
1. Je suis beatlemaniaque. J'en ai déjà parlé et bien sûr, j'assume complêtement. Et d'une.
2. J'ai la manie de préparer mes cours au dernier moment. Il me faut cette petite pression pour avoir au moins une bonne idée à servir à mes étudiants. Depuis quelque temps, il y a cette règle à l'IFAL de faire approuver ses photocops 48 heures à l'avance, ce que j'ai fait semblant d'ignorer (pour l'instant, ça marche!). Et de deux.
3. J'ai une sainte horreur de sortir de chez moi sans avoir pris ma douche. Ne serait-ce que pour contrecarrer le vilain préjugé que les Français ne se lavent pas. Comme il arrive qu'on n'ait plus de gaz ou plus d'eau, je me souviens d'avoir annulé des cours à cause de ça, prétextant une maladie exotique genre grippe aviaire. Et de trois.
4. Je suis très grognon le matin. "Et ton chien aussi!" me crie ma meilleure moitié. Ben oui, que voulez-vous, il s'adapte au chef de la horde. Mon chien à moi, ça. Brave bête. Et de quatre.
5. J'ai tendance à ne pas terminer ce qu'on me demande de faire. Et de cinq. Et en conséquence, il n'y aura pas de six. On est maniaque ou on ne l'est pas.
On passe au tag véronicovancouvérien: mentionner six choses sans importance sur soi. Normalement, il faut commencer par recopier cinq règles liées au tag. Euh... oui, voir ci-dessus, manie 5. La proposition est un tantinet paradoxale: si c'était vraiment sans importance, on ne s'en souviendrait pas. A la rigueur, ça me permettra de me la jouer Perec, sans adjonction du "je me souviens". Andale, pues:
1. J'aimais bien descendre la rue de Noisy, les après-midi ensoleillées, quand j'allais à mon cours de piano.
2. J'ai pris un dimanche le tramway de Cologne au hasard, en me disant que c'était une bonne idée pour explorer la ville. Me suis horriblement ennuyé.
3. J'ai trouvé une édition brochée en bon état de Pélagie-la-Charette par Antonine Maillet pour dix francs, chez Gibert.
4. Un soir à Greifswald, j'ai démandé S. en mariage et elle a carrément refusé.
- "Sans importance, on avait dit!"
- Justement.
5. Herr Peet m'a fait une ristourne de 1% sur une chemise que je lui ai achetée dans son magasin à Idar-Oberstein. Radin.
6. Chaque quinzaine, après avoir encaissé mon chèque, je vais manger des tacos al pastor à la Plancha Azteca. C'est presque une manie.
Et voilà. Il ne me reste plus qu'à taguer les autres... Bon écoutez, je vous laisse carte blanche. Si vous voulez vous essayer à l'un ou l'autre ou les deux, faites-moi signe et je mettrai un lien vers votre post sur le mien. Deal?
Télécharger: Michel Sardou - Manie Manie (mp3) - acheter
Rubrique "c'est quoi ce maniaque?": Incroyable mais vrai, sur cette chanson on dirait bien que le Sardou fait de l'électro avant l'heure - alors qu'elle date de 1977, l'époque de "La Java de Broadway" et d'autres joyeusetés du même genre. S'il s'était abstenu de l'interprêter comme un crooner des années 50, ç'aurait pu devenir une chanson potable. Comme ça, ce sera juste une curiosité de plus.
Bien. On commence par le tag insideparisien: nommer six de mes manies. Ça fait un peu autocritique devant les camarades du comité central, ou alors dimanche matin à la confesse - et je ne suis même pas sûr d'arriver jusqu'à six, à moins d'inclure les habitudes et les addictions. Voyons voir.
1. Je suis beatlemaniaque. J'en ai déjà parlé et bien sûr, j'assume complêtement. Et d'une.
2. J'ai la manie de préparer mes cours au dernier moment. Il me faut cette petite pression pour avoir au moins une bonne idée à servir à mes étudiants. Depuis quelque temps, il y a cette règle à l'IFAL de faire approuver ses photocops 48 heures à l'avance, ce que j'ai fait semblant d'ignorer (pour l'instant, ça marche!). Et de deux.
3. J'ai une sainte horreur de sortir de chez moi sans avoir pris ma douche. Ne serait-ce que pour contrecarrer le vilain préjugé que les Français ne se lavent pas. Comme il arrive qu'on n'ait plus de gaz ou plus d'eau, je me souviens d'avoir annulé des cours à cause de ça, prétextant une maladie exotique genre grippe aviaire. Et de trois.
4. Je suis très grognon le matin. "Et ton chien aussi!" me crie ma meilleure moitié. Ben oui, que voulez-vous, il s'adapte au chef de la horde. Mon chien à moi, ça. Brave bête. Et de quatre.
5. J'ai tendance à ne pas terminer ce qu'on me demande de faire. Et de cinq. Et en conséquence, il n'y aura pas de six. On est maniaque ou on ne l'est pas.
On passe au tag véronicovancouvérien: mentionner six choses sans importance sur soi. Normalement, il faut commencer par recopier cinq règles liées au tag. Euh... oui, voir ci-dessus, manie 5. La proposition est un tantinet paradoxale: si c'était vraiment sans importance, on ne s'en souviendrait pas. A la rigueur, ça me permettra de me la jouer Perec, sans adjonction du "je me souviens". Andale, pues:
1. J'aimais bien descendre la rue de Noisy, les après-midi ensoleillées, quand j'allais à mon cours de piano.
2. J'ai pris un dimanche le tramway de Cologne au hasard, en me disant que c'était une bonne idée pour explorer la ville. Me suis horriblement ennuyé.
3. J'ai trouvé une édition brochée en bon état de Pélagie-la-Charette par Antonine Maillet pour dix francs, chez Gibert.
4. Un soir à Greifswald, j'ai démandé S. en mariage et elle a carrément refusé.
- "Sans importance, on avait dit!"
- Justement.
5. Herr Peet m'a fait une ristourne de 1% sur une chemise que je lui ai achetée dans son magasin à Idar-Oberstein. Radin.
6. Chaque quinzaine, après avoir encaissé mon chèque, je vais manger des tacos al pastor à la Plancha Azteca. C'est presque une manie.
Et voilà. Il ne me reste plus qu'à taguer les autres... Bon écoutez, je vous laisse carte blanche. Si vous voulez vous essayer à l'un ou l'autre ou les deux, faites-moi signe et je mettrai un lien vers votre post sur le mien. Deal?
Télécharger: Michel Sardou - Manie Manie (mp3) - acheter
Rubrique "c'est quoi ce maniaque?": Incroyable mais vrai, sur cette chanson on dirait bien que le Sardou fait de l'électro avant l'heure - alors qu'elle date de 1977, l'époque de "La Java de Broadway" et d'autres joyeusetés du même genre. S'il s'était abstenu de l'interprêter comme un crooner des années 50, ç'aurait pu devenir une chanson potable. Comme ça, ce sera juste une curiosité de plus.
par Gryphon
publié dans :
Blog-en-soi
Nous aussi, à l'IFAL, nous sommes très fiers d'être entrés de plein pied dans l'ère sarkozyste. D'ailleurs, en voici la preuve:

Y a pas à dire, ça fait du bien d'être en phase avec son époque.
Télécharger: The Jam - Mr. Clean (mp3) - acheter

Y a pas à dire, ça fait du bien d'être en phase avec son époque.
Télécharger: The Jam - Mr. Clean (mp3) - acheter
par Gryphon
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Mexique

Journée de la femme? Ce sera l'occasion, comme l'année dernière, de poster un
spécial chansons féminines, sauf que cette fois-ci, on va se restreindre à la France des Sixties et de vous faire écouter sept petites merveilles désopilantes de chanteuses injustement
oubliées.
A vrai dire, on doit ces redécouvertes en grande partie au blogroll musical et aux efforts infatiguables de Filles Sourires, de Blowupdoll, de Dans Mon Cafe et tant d'autres. Aucun de ces blogueurs n'est Français, ils ne passeraient sans doute pas un DELF A2, mais ils ont bien compris que ces chansons-là, c'était une histoire de look et d'inflexions - donc pas du tout dans la
tradition de la "chanson à texte" française. Probablement la raison
pour laquelle on ne s'en souvient plus en France.
Ou presque: vous vous étonnerez sans doute de trouver Chantal Goya dans la liste, ouaip, cette même Chantal qui nous a donné les immortels Bécassine c'est ma cousine et autres Voulez-vous fumer un joint, grand-mère? - C'est que nos francophiles blogueurs n'ont pas nos préjugés (et notre expérience): ils ont vu Chantal Goya dans Masculin Féminin de Godard et dégoté la discographie complète cuvée Sixties qui recèle quelques pépites, qui l'eût cru? Même si certaines inflexions de la voix annoncent déjà les incommensurables Bécassine c'est ma cousine et autres Voulez-vous m'accompagner à mon club d'échangistes, grand-mère?
En ce qui concerne les autres, je vous ai mis quelques liens informatifs, histoire de ne pas être trop bavard. Et maintenant, musiques!
Télécharger: Chantal Goya - Tu m'as trop menti (mp3)
Je ne crois plus à tes promesses / Tu m'as trop menti / Tu connaissais mon adresse / Tu ne m'as pas écrit
Télécharger: Tiny Yong - Huits jours par semaine (mp3)
Huits jours par semaine /Trente-six heures par jour / Il faut que tu viennes / Me parler d'amour
Télécharger: Chantal Kelly - Caribou (mp3)
Il est perdu le temps déjà / Où nous jouions toi et moi / Aux Indiens dans la forêt
Télécharger: Gillian Hills - Rien n'est changé (mp3)
Rien n'est changé / Tout est comme par le passé / Les jours qui nous ont séparés / Sont oubliés
Télécharger: Christine Pilzer - Champs Elysées (mp3)
Ma mini-jupe et mes chaussettes / Mon panty jaune à pois, mes badges et mes lunettes / Mon rose à joues sur mes paumettes / Mon noir autour des yeux - et voilà,
je suis prête!
Télécharger: Jacqueline
Taïeb - Ce soir je m'en vais (mp3)
Ce soir je m'en vais / Hélas, il est fini / Le beau voyage à Londres / Demain je serai à Paris
Télécharger: Claudine Longet - L'amour est bleu (mp3)
Doux, doux, l'amour est doux / Douce est ma vie, ma vie dans tes bras
par Gryphon
publié dans :
Musiques











