Cette fois-ci, c'est la bonne: après deux tentatives avortées, le président Sarkozy viendra au Mexique ce dimanche soir... Oui, dois-je vraiment vous rappeler ce que ça coûte comme efforts de logistique et d'hystéries organisatrices? D'aucuns disent - oui, je dis "d'aucuns", parce que quand vous demanderez qui a dit ça, tout le monde répondra "pas moi!" - bref, je disais donc? ah oui: d'aucuns disent que la visite de Jacques Chirac il y a une dizaine d'années, c'était autrement plus relaxant. On a dû changer d'époque entretemps...
D'ailleurs, dans les milieux autorisés, on ne dit plus "le Président de la République", on dit "le PR". Bizarre, ça... PR, 'ttendez que je me rappelle... c'était le sigle du "parti républicain", non? En anglais, ça donne "public relations". Le président serait-il devenu un parti à lui tout seul ou une nébuleuse de la communication, ou encore une sorte de Voldemort, un You-Know-Who dont il faut taire le nom pour ne pas le voir surgir? PR, prononcé à la va-comme-je-te-pousse, ça sonne comme "père". Le père Foucauld? Goriot? Lachaise? Aucun des trois sans doute, inutile de vous faire mon Lacan du pauvre. Tout au plus peut-on se rappeller qu'on a déjà eu un président que se faisait appeler "tonton" puis "dieu" sous l'avatar de Kermitterrand la grenouille. Les ressemblances s'arrêtent là, quoi de plus opposé aussi que l'adage mitterrandien "il faut laisser le temps au temps" et le slogan sarkoziste "travailler plus pour gagner plus", cessez de rigoler bêtement, voulez-vous?
On a vraiment changé d'époque: force est de constater que NS PR fout la trouille, du moins à tout ceux qui sont censés s'en occuper. Et pour cause, on l'a vu suffisament ces derniers temps: au moindre pépin, vous vous retrouvez dans le colimateur, vous êtes mutés, virés, radiés. A chaque passage, ça en fait, des pauv' cons qui se cassent. Quelle élégance. En attendant, tout le monde viendra voir le PR lundi, lors d'une réception open air, on attend quelque deux mille personnes. On sera bien entouré d'agents de sécurité, de gardes du corps autre que le nôtre, de snipers sur les toits, ça sera charmant, j'en suis sûr. Me suis rappelé du film "Vatel", autre lieu, autre époque, où l'arrivée de Sa Majesté Le Roy, SMLR donc, affolait autant de monde. Ou encore...
Flashback:
nous sommes le 17 août 1661; une longue colonne de carosses somptueux se dirige vers Vaux-le-Vicomte; Louis XIV et sa cour se rendent à une fête sur invitation du surintendant Nicolas Fouquet.
Nicolas Sarkozy, lui, arrive dimanche avec quatre avions. Fouquet sait recevoir: son château est le plus beau du Royaume, Versailles n'est pas encore construit. Fouquet sait s'entourer: La
Fontaine, Madame de Sévigné, Madame de Scudéry, Le Vau, Le Brun, Le Nôtre, aux cuisines: Vatel, déjà lui, et Molière, qui en cette journée du 17 août va représenter sa pièce Les Fâcheux,
tiens donc, et il y aura musiques, ballets, jeu d'eaux et de lumières, bref, une fête multimédia inouïe qui retentira dans toute l'Europe. C'est une des raisons pourquoi on appelle le 17e siècle
le "Grand Siècle" et qu'on appellera le 21e autrement. Trop beau, tout ceci; trop de fastes, et quand Fouquet ira jusqu'à vouloir offrir Vaux-le-Vicomte à SMLR, ce sera la goutte qui fait
déborder le vase royal. Trop de condescendance. Trois mois après la fête, Fouquet est arrêté - pas par n'importe qui, d'ailleurs: par d'Artagnan le mousquetaire, le vrai, rien à voir avec Dumas.
Les biens sont confisqués, SMLR récupère tout, y compris Molière, Le Nôtre, Le Brun etc., Versailles va se construire. Fouquet subit un long procès truffé d'irrégularités et est emprisonné à vie.
On murmurera que l'Homme au Masque de Fer, c'est lui.
Je me demande pourquoi je vous raconte tout ça, peut-être que ces derniers temps, les histoires royales me trottent dans
la tête. Pour en revenir au PR, j'ai pour l'instant l'impression que les Mexicains ne s'y intéressent que d'une façon biaise. Moi: "Sarkozy arrive." Un ami mexicain (moue appréciative): "Ah?"
Moi: "...et avec lui Carla Bruni". Un ami mexicain (rayonnant): "AH BON?!"

son portable. Il fallait aussi que ça se passe dans un milieu
urbain, dans un milieu jeune où l'on surévalue les ragots, dans un milieu rigide où toute déviance d'un chemin tracé dans ses moindres détails s'avère lourde de conséquences. L'Upper East Side
new-yorkais faisait l'affaire.
Comme cette photo glanée sur la toile tente de le montrer, le vestimentaire tient un rôle non négligeable dans le dernier Batman, The Dark Knight. Je ne sais pas si ce film est
réellement le mmmmmeilleur-meilleur de l'année, en tout cas, il est à l'origine d'une découverte désastreuse concernant ma propre garderobe.
qui ont déjà leur diplôme en poche et qui ont envie d'en apprendre un peu plus. Je me demandais aussi si j'allais me sentir à l'aise dans ce milieu
universitaire que j'avais quitté en 2001 après y avoir bossé pendant huit ans. Sur ce point, j'ai été vite rassuré: le coordinateur- en-chef de la Ibero se présente en jeans, t-shirt délavé, grosse
bedaine et barbe blanche qu'on dirait le Père Noël en vacances d'été. Pas de doute: je suis bien dans une fac de sciences humaines, c'est partout pareil et j'ai bien fait de rester moi-même en
jeans et en baskets.
Y tu mamá tambien