Vendredi 21 octobre 2005 5 21 /10 /Oct /2005 00:00

En train de lire "Liegen lernen", du romancier allemand Frank Goosen (ne cherchez pas; ça n'a pas été traduit et ça ne le sera sans doute pas; beaucoup trop allemand). C'est l'histoire d'un type qui grandit dans les années 80 et 90, n'arrive pas à oublier son grand amour du lycée ni à se décider pour une autre fille, tandis que lentement, il trouve du travail en fac et s'y incruste.

C'est un peu (beaucoup) mon histoire aussi. Alors, d'un côté, c'est sympa de retrouver cette époque à travers le regard d'un type qui vous ressemble, mais d'un autre côté, c'est une hénaurme blessure narcissique: ne croyait-on pas, à l'epoque, de vivre quelque chose de forcément original, individuel, bref: unique, alors que non: on est probablement des centaines à avoir vécu la même chose.

Par Volker Rivinius - Publié dans : Mexique
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Dimanche 16 octobre 2005 7 16 /10 /Oct /2005 00:00

Eh oui, Beigbeder est au Mexique pour promouvoir la sortie de la traduction de "Dernier inventaire avant liquidation", et c'est l'IFAL qui a été choisi pour cadrer l'évènement. On s'en flatterait, n'est-ce pas. J'arrive un peu avant 20 heures avec ma meilleure moitié, on rencontre Christine et Corinne, et en attendant, on va boire un verre à la cafète. Dehors, Gilles a déjà fait installer son matos de DJ; c'est que Beigbeder non seulement va nous faire une charla, c'est à dire un badinage/rien-de-sérieux, mais zencore il va officier en tant que DJ pour un autre inventaire avant liquidation, musical cette fois. Vaste programme.

L'auditorium est vite rempli. J'aperçois des collègues, des gens de l'Ambass, mais aussi pas mal de jeunes Mexicains et c'est tant mieux. Rien de pire qu'un évènement franco-français avec ces gens qui ne rêvent que d'aller revoir leur Normandie. Beigbeder, lui, se fait attendre. Un instant, je crains qu'il va nous faire le même coup que chez Ardisson, s'écrouler bourré dans les coulisses et incapable de bouger. Mais non, le voilà, un verre de téquila à la main, en compagnie du conseiller culturel et du responsable "livres" de l'Ambass. Petite présentation, puis Beigbeder nous confie qu'il a appris quelques expressions mexicaines et lance un tonitruant "CHINGA TU MADRE!" à l'assemblée. Rien de tel pour briser la glace (et pour tester les micros). Sauf qu'après le troisième "CHINGA TU MADRE!" qui entrecoupent son discours, une institutrice d'un certain âge se lève d'un air offusqué et quitte la salle.  "C'est une blague, Madame", dit Beigbeder vaguement repentant, sans effet pour la dame.

En fait, Beigbeder était censé parler de littérature, du roman. Rien de transcendant de ce côté-là, mais on ne s'y attendait pas vraiment. Il préfère visiblement faire son petit show de personnage médiatique, qu'il maîtrise sur le bout des doigts. On sent bien entendu qu'il est cultivé, qu'il s'y connaît en littérature, qu'il a profité du voyage en avion pour relire (oui, je sais, c'est jamais "lire", toujours "relire") "Sous le volcan" de Malcolm Lowry, mais bon: il prend le parti de ne pas se prendre au sérieux, de ne surtout pas correspondre à l'image un tantinet pompeuse du grand écrivain en tournée. 

Après, c'est les questions du public, admiratives, moralisantes, voire universitaires comme celle sur ce que Beigbeder pense de Harold Bloom. Visiblement, Beigbeder pratique très peu les théoriciens postmodernes américains. Il s'en tire en évoquant Molly Bloom, l'héroïne de Joyce, pas mal comme pirouette.  

La charla se termine et après quelque autographes, on passe à la partie musicale. La cour de la cafète est bondée. On a droit à un verre de vin gratuit, l'Ambassade sait se montrer généreuse lors de grandes occasions comme celle-ci ;-)

Valse de CDs. Ça commence plutôt bien: Elvis ("Heartbreak Hotel"), Beatles ("Taxman"), Beach Boys ("Sloop John B."), on remonte doucement l'histoire du rock. Je savoure le "Taxman" à fond la caisse, je vais discuter avec les collègues, qui ont trouvé la prestation de Beigbeder soit amusante, soit discutable. Je rencontre Estela que je n'avais plus revu depuis quatre ans.

La dernière fois, c'était à Paris et elle venait juste de commencer une thèse sur Heidegger. Après, elle a trouvé du boulot au Mexique, et elle veut une photo avec elle et Beigbeder, oups...

Normalement, je n'aime pas beaucoup ce genre de procédés, ça fait assez groupie, mais comme Estela et moi, on s'est pas vus depuis quatre ans... Coucou, le p'tit oiseau etc.

Beigbeder, après, se lasse, il refile les commandes à Gilles (et c'est à ce moment-là que les gens commencent à danser). Il va papoter avec son public, boire d'autres téquilas, puis il disparait, tandis que la fête continue. Bien plus tard, je le vois traverser la cafète aux bras d'une grande blonde et ce sera la dernière chose qu'on verra de lui.

Bon, maintenant on veut Houellebecq. Et après Victor Hugo.

Par Volker Rivinius - Publié dans : Mexique
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Vendredi 14 octobre 2005 5 14 /10 /Oct /2005 00:00

Invités à prendre le thé chez le docteur Morones. Ça ne se refuse pas.

Le docteur appartient à cette vieille frange de Mexicains francophiles, dont il est probablement un des derniers survivants. Il doit avoir dans les 80 ans, je n'ai pas osé demander, et c'est vrai que, quand il préscrit des médicaments, il est obligé de se rappeler s'ils existent encore. Philanthrope, il soigne les pauvres du quartier pour rien ou presque rien. Il vit tout seul avec une Indienne analphabète qui lui fait la cuisine et qui met de l'ordre dans la maison, grande maison, en fait, remplie de livres, de bibelots et d'un nombre impressionnant de peintures 19e siècle, dont un Turner, une collection qu'il a glané par-ci par-là tout au long de sa vie, dans des brocantes, des ventes aux enchères et même chez des clients. "C'est que" dit-il "un médecin, ça va dans les maisons, et les gens vendent parfois."

Nous ne sommes pas les seuls conviés: il y a une de ses amies françaises qui ce samedi prendra l'avion pour aller se faire opérer du genou en banlieue parisienne. On parle de Paris (c'est devenu très cher), de province (on y mange bien), puis on passe à table, éclairée par deux chandeliers à trois branches. Le docteur fait apporter une quiche, puis une tarte tatin commandées à un pâtissier français de Polanco. Complainte de la vieille dame: on a de moins en moins d'amis, puisqu'il en meurt de plus en plus. Le docteur ajoute qu'en effet, ça devient problématique de se loger à Paris. Combien de lettres à de vieux amis n'a-t-il pas envoyées qui sont restées sans réponse. J'ai envie de fumer, mais c'est strictement interdit chez le docteur. Qui est donc aujourd'hui le grand compositeur français? Hum... Boulez? Oh, Boulez!... Le docteur s'étonne que je me promène en chemise, par le climat ambiant. Vous savez que Mexico est une ville de montagne! un rhûme c'est vite attrapé! Il évoque Géricault, Dijon, Romain Rolland, dans un français parfait, sans accent. Et vous pensez vraiment qu'une nuit d'hôtel à Paris coûte plus que 40 euros?! Allez, dit la vieille dame, tu n'es pas si pauvre... Il y avait une sorte de cantine du côté de Montmartre, mais c'est bizarre, la dernière fois que j'y suis allé, je ne l'ai plus trouvée. Ah, Montmartre...

Par Volker Rivinius - Publié dans : Mexique
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Dimanche 9 octobre 2005 7 09 /10 /Oct /2005 00:00

Bonne nouvelle: après quelques sessions, je peux affirmer con toda confianza qu'il n'y a ni chieur ni chieuse dans mes cours. Et Dieu sait si on les craint, ces zigotos, ça peut vous saboter un cours pour tout un semestre, et on n'a aucune possibilité de s'en débarrasser: il a payé son cours, il est donc en droit de rester, et à nous de nous débrouiller avec. Bien que l'alerte-aux-chieurs entre profs fonctionne, on ne sait jamais vraiment sur qui on va tomber.

Mais là, tout va bien, petits groupes sympas, atmosphère détendue, rythme de croisière enclenché. Le cours le plus enthousiasmant, c'est l'atelier de philo. J'avais prévu deux sessions introductives, j'en suis à quatre: la question de savoir comment définir la philosophie nous a tenu en haleine deux semaines durant (d'ailleurs inutile d'insister: il est tout à fait illusoire de trouver une seule et unique définition, mettons "philosophie" au pluriel; cependant, se demander ce qu'est la philosophie, c'est déjà philosopher, donc oubien on tombe dans le paradoxe, oubien on en arrive à des conclusions de ce qu'est philosopher etc. etc.). Etc. Armando, le seul philosophe professionnel, se tient comme promis en retrait. Un autre type, par contre, aime bien s'entendre parler, faudra le freiner quelque peu. 

Suis en train de lire, comme tout le monde, j'imagine, le dernier Houellebecq. J'y reviendrai sans doute, mais une chose est certaine: il faut avoir un sacré mauvais esprit pour taxer ce livre d'ennuyeux, comme l'ont fait certains journalistes. Alors que s'il y a une chose ennuyeuse dans la littérature française, ce sont bien les romans de journaliste.

Par Volker Rivinius - Publié dans : Mexique
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Lundi 3 octobre 2005 1 03 /10 /Oct /2005 00:00

C'est tellement classique - et tellement inévitable: à la question rituelle du lundi matin, le "ça va" et ses variantes, qu'est-ce qu'on répond en choeur? "Comme un lundi!" Universalisme du monde du travail, peu importe si on se trouve au Mexique, au Burkina Faso ou sur Bételgeuse.

Bien entendu, c'est beaucoup moins grave que ça en a l'air, mais quand-même: faire cours à sept heures du mat, si possible en pétant l'énergie afin de motiver l'homo quasi non sapiens, qui, lui, s'autorise à bailler aux corneilles. Ou aux colibris, très nombreux dans le quartier. J'ai choisi une chanson de Véronique Sanson, ça ne marche que moyennement, j'aurais dû prendre quelque chose de plus actuel, va savoir, Keren Ann, Coralie Clément, m'enfin ce sera pour la prochaine fois. Carolina aimerait bien parler de "Ne me quitte pas" par Nina Simone. Je lui signale à tout hasard qu'il y a aussi la version originale par Jacques Brel. No me digas? Si si. Ça tombe bien, puisque Martha, elle adore Jacques Brel! Et Georges Brassens! - Bon, des goûts et des couleurs, hein... Et de toute façon, le prof, c'est moi, et je fais pas deejay à mes heures perdues.

Et pourquoi pas "Le lundi au soleil", tant qu'à faire?!

Par Volker Rivinius - Publié dans : Mexique
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Samedi 1 octobre 2005 6 01 /10 /Oct /2005 00:00

En regardant tout ce beau monde en train de papoter, de mirer et commenter les sculptures et photos exposés, j'ai eu soudainement l'impression qu'on en était arrivé, cette fois-ci & une fois pour toutes, à la fin de la période valérienne de l'IFAL, qu'à cet instant précis s'opérait le glissement vers l'avènement du nouveau règne...

(Humph... A peine quatre ans que j'ai quitté l'Europe et je commence déjà à me prendre pour Stendhal...)

Inauguration, donc, du foyer de l'IFAL, renové, quasi-marbré et même décoré malgré lui: lors des travaux, en grattant du plâtre, on a trouvé une peinture murale datant de 1983, passablement érotique, qu'on s'est donné la peine de restaurer. Ce soir, re-donc, la salle est noire de monde, pontes mexicains, pontes de la communauté française. On attend l'arrivée de l'ambassadeur, dont c'est une des premières apparitions publiques (pour l'anecdote, l'ancien n'était resté qu'un an au Mexique, puis on l'a appelé au siège de l'OTAN à Bruxelles - et pourtant, il se plaisait bien, ici...). L'ambassadeur arrive, c'est la ronde des discours protocolaires. "Vous, les Français, vous êtes vraiment formels", s'étonnera plus tard Jean-François, notre collègue québecois (on assume, on assume...).

Après, c'est le concert, du Vivaldi, du Bach, du Händel, et, sérieux contraste, le "Clair de lune" de Debussy, sans doute en guise de hommage à la France par la Jeune Symphonie de Bellas Artes. Sauf que c'est à ce moment qu'on se rend compte que l'inauguration est victime de son propre succès, et qu'on passe rapidement la consigne au personnel de l'Ambass et aux profs de l'IFAL de céder leur place aux invités. Je cède, j'adore être héroïque comme ça. Patricia, elle, est furax. On lui avait laissé entendre qu'elle pouvait venir au concert avec ses élèves, et maintenant, plus personne n'entre. Un instant, elle songe à redécorer le foyer à l'aérosol et à sa manière, mais finalement, on descend retrouver Fred, le Fred, mon chef de cuisine favori, tout styles et époques confondus. Il est debout depuis quatre heures du matin, à fignoler des canapés pour le cocktail postmusical. Comme on se plaint amèrement d'avoir été reconfiguré personnel 2e catégorie, il nous fait goûter en avant-première à tout ce qu'il a préparé. On se ré-ga-le. Paraît d'ailleurs que le concert n'était pas terrible.

Par Volker Rivinius - Publié dans : Mexique
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Mardi 20 septembre 2005 2 20 /09 /Sep /2005 00:00

Sacré Schröder ! Il aura quand-même réussi à foutre un tout aussi sacré bordel dans le paysage politique allemand. Perdant, oui, mais vainqueur - on n'en est plus à un paradoxe près. Rémonté du plus bas des sondages, qui, c'est désormais une habitude, n'avaient rien laissé prévoir. Face à lui, Angela Merkel, la candidate de la droite, ne faisait et ne fait pas le poids. Comment pouvait-elle s'imaginer, elle, femme, Allemande de l'Est, protestante, vivante en secondes noces et sans enfants, représenter la CDU, parti masculin, ancré à l'Ouest, catholique et traditionaliste?

Après coup, bien sûr, on peut faire le malin. Et d'ailleurs, ça ne va pas tarder, je ne donne pas cher pour l'avenir politique de la candidate. ll faudra sans doute un Sarkozy pour battre Schröder. En fait, la CDU en a un, de Sarkozy, dans la personne de Friedrich Merz - sauf que celui-ci se tient pour l'instant à l'écart, tapi dans l'ombre, comme aiment dire les éditorialistes.

Donc, aucune majorité, ni pour rouge-vert, ni pour noir-jaune. De toutes les coalitions possibles, la plus à la mode en ce moment c'est celle dite "Jamaïque", du nom des couleurs du drapeau noir-jaune-vert. Donc une alliance entre la droite, les libéraux et les verts - faisable et infaisable à la fois. Jamaïque? Joschka Fischer, le patron des verts, a rigolé en s'imaginant ses opposants soudain en dreadlocks, un spliff à la main et du reggae en guise de musique de fonds. Si cette coalition se concrétise, l'ambassadrice de la Jamaïque en Allemagne invite tous les chefs de parti concernés dans son pays. En voilà de la motivation...

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Samedi 17 septembre 2005 6 17 /09 /Sep /2005 00:00

Eh non, pas de défilé, on avait trop la flemme (et pourtant ça se passe à cent mêtres de chez nous). Mais comme on y a été l'année dernière, et que rien ne ressemble à un défilé qu'un autre défilé... Ceci dit, voilà à quoi on a échappé, par exemple le bataillon des infirmières:

ouaip! je veux bien être malade sous ces conditions

Ou encore ceux qui clôturent la parade: les charros, les cavaliers mexicains comme on se les imagine quand on s'est un peu trop gavé de westerns hollywoodiens des années 50.

...et juste après, Zorro est arrivééééhéhé...

Voilà d'ailleurs une excellente idée pour améliorer le déroulement soporifique des défilés du 14 juillet: en guise de lanterne rouge, faire défiler des Français à béret, baguette sous le bras, verre de pinard à la main, en train de râler sur tout et sur rien. Ça, ça aurait de la gueule.

 

Par Volker Rivinius - Publié dans : Mexique
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Vendredi 16 septembre 2005 5 16 /09 /Sep /2005 00:00

C'est au moment de la fête nationale mexicaine qu'on se rend compte qu'on n'est plus en Europe.

Surtout quand ça prend des allures résolument gnan-gnan comme sur Televisa, la chaîne populiste d'ici, où l'on vous assomme de louanges mexicano-mexicaines, où de médiocres présentateurs constatent de la ferveur patriotique en-veux-tu-en-voilà sur les visages de la foule forcément en liesse. Mouais. En fait, la foule, c'est des gens comme vous et moi venus voir le défilé, le feu d'artifice, bref, faire la fête, et tant pis s'ils servent malgré eux de décor aux imageries ronflantes de Televisa.

Les chilangos, eux, profitent du week-end pour quitter la capitale et aller faire la fête à Acapulco ou d'autres endroits de la côte. D'autres affluent vers le zócalo, là où le président va lancer le grito traditionnel. Nous, à l'IFAL, on s'est organisé une fiestita pour l'occasion, du pozole, des tostitas et même des danseuses traditionelles, ay ay!

c'est sûr que ça change des p'tits bals du 14 juillet...

 

Par Volker Rivinius - Publié dans : Mexique
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Mercredi 14 septembre 2005 3 14 /09 /Sep /2005 00:00

Routine des cours. Me demande si je vais être capable d'enseigner pour la énième fois les joies de la France multiculturelle comme le veut le programme, mais disons que pour l'instant, c'est bien parti. Un niveau E (avancé) assez agréable, avec en prime la future épouse d'un collègue parmi les élèves. Ah oui, et avec Carolina, l'actrice argentine un peu paumée et à la sensibilité à fleur de peau.

Le cours de philo a démarré en trombe. Quinze inscrits. Hum... je ne devrais pas, mais je suis pas peu fier que cet atelier ait réuni tant de monde, alors que pas mal de propositions du même type se cassent la gueule à cause du manque d'inscrits. Ils sont enthousiastes, il faut les freiner. Des ingénieurs, des avocats, une psychologue, quelques étudiants et même un philosophe professionnel: Armando, qui vient pour la troisième fois dans mes cours - et qui en sait sans doute plus que moi sur la matière. Le loup dans la bergerie? Non, il a vu que le cours s'inspirait des cafés philosophiques à la française ouverts à tous et il va respecter ça.

Mon niveau D par contre ne risque pas d'être transcendant, loin de là. Trois heures tous les lundis et mercredis, après le cours du matin et six heures de salle d'internet - je ne vais être très frais. Vais demander à Christine de me le changer contre des heures administratives, puisqu'on va s'atteler à ce projet de e-learning, créer une plateforme, des exercices en ligne, audio, vidéo - un gros, gros projet, sapristi, encore faut-il qu'on nous débloque les fonds nécessaires et surtout qu'on crée une équipe soudée. Julia et les deux Nathalie sont partantes; à elles les concepts pédagogiques, moi de mon côté je m'occuperai du côté bassement techno. Nous avons le soutien du nouveau directeur, un soutien assez actif d'ailleurs, puisqu'il y ajoute ses idées. Finalement très sympathique, le nouveau directeur, le genre de scientifique comme ceux qui étaient mes chefs pendant huit ans, avant mon arrivée au Mexique.

Ai revu "Deep Impact", film de comète. C'est de la science-fiction: les Etats-Unis sont gouvernés par un président black. 

Par Volker Rivinius - Publié dans : Mexique
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