Jeudi 14 octobre 2010 4 14 /10 /Oct /2010 05:47

Oui, faisons-nous chahuter

Par la vie, par la ville

Les paroles, les bagnoles

Les grands chefs, le D.F

Les supers, les marchés

Oui, faisons-nous chahuter

 

Et chantons à tue-tête

L’air nouveau de la vendeuse de journaux

« ¡El Universal! ¡El Gráfico dos pesos! »

Allez, tous en chœur!

 

Oui, faisons-nous chahuter

Par tes yeux, les banlieues

Les jours tristes, les touristes

Les corps non avenus

Les départs, les allées

Oui, faisons-nous chahuter

 

Et chantons à tue-tête

L’air doré du revendeur de billets

« ¡Vas a ganar dos cientos millones! »

Allez, tous voleurs!

 

Sí, faisons-nous chahuter

Par l’amour, les détours

Les images, les brassages

L’historique banc public

Les passages, les cloutés

Sí, faisons-nous chahuter

 

Et chantons à tue-tête

L’air métisse de la jovén de service

« ¿Quieres otro cafecito? ¿O un pan dulce? »

Allez, une âme-sœur !

Par Gryphon - Publié dans : Poetics
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Lundi 11 octobre 2010 1 11 /10 /Oct /2010 04:36

Well, the train left the station, it had two lights on behind

Yeah the train left the station, it had two lights on behind

 

Les trains sont-ils supersoniques?

Non. Mais ils vont loin, les trains,

Quand-même, et quand il le faut.

Et dans la nuit ils diffusent lueurs

Et bruits et fureurs

Mmh-hmm, et fureurs

 

Mystery train rolling down the track

Mystery train rolling down the track

 

Après avoir subi trois jours & trois nuits de souverain mépris, connasse, je suis monté dans le train en gare de Vienne/Autriche aplati réduit détruit anéanti, filant vers le nord où j’habitais alors. Aux alentours de Prague, j’étais ragaillardi. Aux alentours de Berlin, j’étais euphorique. Jamais su pourquoi. Les villes ? Rien à voir. Le nord ? Aucun rapport. Restait le mystère du train.

 

Well I might as well look back over yonder

Way back over the hill

Lord I might as well look back over yonder

Way back yonder across the hill

 

Les trains, il n’y a que ça qui vaille

Quand ça déraille

Mmh-hmm, il n'y a que ça qui vaille

 

Bluesy sampling: Robert Johnson, Junior Parker/Sam Philipps, Jimi Hendrix

Par Gryphon - Publié dans : Poetics
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Vendredi 1 octobre 2010 5 01 /10 /Oct /2010 00:06

Je vous vois, amies,
tandis que le cortège s'ébranle s'avance à pas lourds démesurés
tandis que se fêtent grands zommes et mythes à la mode
préhispanique coloniale
indépendante insurgée
révolutionnaire télé
je vois vos corps nus danser danser s'exposer
sous le soleil contrepointé lunaire
délier de vos pas légers le cortège qui s'écourte
des colifichets qu'on feint nous faire connaître
oui, nous y sommes
non, nous n’y sommes pour rien

(Viva Allende! Viva Hidalgo)

Frêles humains stigmatisés héros sanctifiés
banni soit leur nom au contraire des
vôtres issus d'histoires tragiques de Grèce de Rome
sauvés d'un continent à cet autre
qui n'a de latin que vos prénoms païens
et vos nombrils où s’explicitent des univers humides de sens
que vous importe si vous y êtes
car vous en êtes

(Viva la Corregidora !)

Je vois vos visages me dévisser et me diviser
en éclats tranchants de miroir blême
reflétant rayons d'espagnol et quelques photons nahuatl
tandis que le cortège s’évapore dans un bruit de confetti

(Viva Guerrero! Viva Morelos!)

Je m'en irai donc mendier mon chemin
faire la manche en vers endimanchés portés
à ébullition par vos souples nervures
et mon sang cool
J’y suis
J’y suis presque

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Mercredi 22 septembre 2010 3 22 /09 /Sep /2010 00:41

On frappe on frappe
Je suis pas là
Je suis parti voir là-bas si tu y es
Si nous y sommes
À Carhaix via Carthage
À Dubaï via Dublin
Je suis parti et pas là
Je suis par-ci ou par-là
Blablabla
N’en frappez plus je suis pas là
(J’insiste)
Je suis parti ouïr ci-gît si tu y chantes
Si ça nous chante
À la Scala via Callas
À Budokan via Dylan
Frappez donc, frappez toujours
(Où suis-je ?)
Tralala
Je suis pas là j’ai laissé
Pourtant plein de messages
Sur Facebook via Tobrouk
Sur Twitter via pas d’heure
Sur mon répondeur
Et sur la porte (patate !)
Via la voisine
Bref je suis pas là
(Et du coup la voisine non plus.)

 

Par Gryphon - Publié dans : Poetics
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Mercredi 15 septembre 2010 3 15 /09 /Sep /2010 23:23

Quand on parle de « mexicanisation » d’un pays, comme dans un article récent de Newsweek à propos du Brésil, ça ne présage rien de bon. A l’heure où il est du dernier chic, selon une de mes étudiantes, d’avoir un narcotrafiquant dans ses relations, voilà où nous en sommes, au Mexique.

 

Pas étonnant, donc, que bon nombre de Mexicains n’ont pas trop envie de fêter le Bicentenaire de l’Indépendance, ni le Centenaire de la Révolution – même si malgré tout la fête populaire va battre son plein. Ceci dit, les réponses que j’ai obtenues après un petit sondage sont plutôt pessimistes : non, il n’y a rien à fêter, ou si peu, et on ferait mieux d’étudier l’histoire mexicaine pour comprendre comment on en est arrivé là : dans un pays où on se demande si la fameuse transition démocratique a vraiment eu lieu, et comment un néolibéralisme mal géré a pu laisser tant de gens sur le carreau. Sans parler des plus de 28000 morts victimes de la guerre des narcos, sans parler du trafic meurtrier des femmes et des migrants d’Amérique centrale. 

  img-0614.jpg

 

Pourtant, les fêtes du Bicentenaire sont aussi l’occasion d’une réflexion sur l’identité. Celle-ci peut prendre des allures de patriotisme bon-enfant, naïf, véhiculé par les spots publicitaires gouvernementaux, la distribution gratuite de drapeaux, des paroles de l’hymne national. D’un autre côté, la réflexion se fait plus intense – et surtout plus critique : en témoignent une quantité énorme de livres publiés au cours des derniers mois, des expos d’art, de photos, des émissions de télévision comme « Discutamos México », des films (historiques, satires sociales, dessins animés). Ce sont peut-être là quelques signes porteurs d’espoir, qui confirment envers et contre tout une dynamique mexicaine, même si l’impression dominante est celle d’un pays coincé entre la langue de bois et la gueule de bois.

 

J’ignore comment la situation va évoluer, mais on aurait tort de croire que ces fêtes du Bicentenaire, c’est la fin des frijoles.  Je me rappelle d’un autre bicentenaire, celui de la Révolution française, 14 juillet 1989. Le soir, on avait eu droit à un défilé multicolore et multiculturel, concocté par Jean-Paul Goude, et pendant un court instant, on a pu avoir l’impression qu’après ce 14 juillet, plus rien d’intéressant n’allait se passer dans le monde pour le reste de l’année. C’était avant le 9 novembre.

Par Gryphon - Publié dans : Mexique
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Lundi 13 septembre 2010 1 13 /09 /Sep /2010 01:12

Le visage clignant ensoleillé

Courant sur la pelouse interdite

Dans les yeux la bouille de Bozzuffi

Dans l'oreille la voix de Ventura

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Mercredi 1 septembre 2010 3 01 /09 /Sep /2010 20:34

Nobody knows the troublantes

Formes fugaces que j'ai vu tourner

Autour des tables

Oh yes Lord!

N'en avez-vous pas marre marre marre

De confronter quelques idées

Poétisantes

À la magie du réel?

Laisse-moi commander un dessert

Et un café

Serré Serré

 

En fait de sentiments

(Nobody knows)

C'est un fait qu'il ne me reste guère

Que des I'm lovin' it d'hamburger

(Bâillements)

La fatigue me gagne et me perdra

Par Gryphon - Publié dans : Poetics
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Samedi 14 août 2010 6 14 /08 /Août /2010 00:21

Les jungles du Chiapas a priori impénétrables
Foisonnent d'endroits insoupçonnés
Tel ce château bleu
Y respirent les aigues-marines et les lapis-lazuli
Y s’égarent quelques azulejos colonisateurs
Château bien caché, presqu’invisible
Et craint et redouté et condamné
Puis effacé des mémoires vives
Puis rêvé

Nadie fue, nadie irá

Protégé par une faune fantasque
Et une flore carnivore
Et des chemins qu’ignorent même les Tzotzil et les Tzaltel
Si le hasard s’y aventure
Ce n’est que labyrinthe à perdre raison
Les murs se conjuguent en nuances azures
En bleu de ciel cruel, en bleu terreur
En bleu barbu de conquistador
En bleu de B. Traven, en bleu
D'exilé

Nadie fue, nadie irá

Aux portes translucides répondent
Des pièces aux dimensions mobiles
Aux espaces qui se rétractent et aux
Couloirs aléatoires et organiques où se couche
Le jaguar le plus insomniaque
Et son rêve sonne ton réveil hors de
Ce songe bleui que tu m’as raconté
Et qui répond et qui s’accorde aux tons bleuâtres de
Ma fumée

Nunca fui, nunca iré

 

Par Gryphon - Publié dans : Poetics
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Mercredi 11 août 2010 3 11 /08 /Août /2010 04:01

Et en parlant de vinyle, on se souvient tous du grésillement de la platine sur la galette, grésillement d’autant plus perceptible que le disque était usé. Moi, à la limite, je m’en foutais, du moment que le morceau était reconnaissable et qu’on pouvait l’écouter à fond la caisse. Une longue pratique des Puces de Clignancourt à la recherche de disques d’occase supposés rarissimes m’y avait habitué. Mon meilleur pote de l’époque, lui, ne supportait pas le moindre bruit parasite sur ses 33tours, ça le rendait tout bonnement malade.  Ainsi, un jour que j’étais chez lui, il me propose d’aller chez son disquaire au centre commercial de Plaisir/Yvelines pour échanger son « Led Zeppelin III », vu qu’est entaché d’un grésillement insupportable, dit-il, pire qu’une séance chez le dentiste sans anesthésie. Donc on s’est mis en route.

On arrive chez le disquaire et on décide de fouiner un peu dans les bacs avant d’en venir au vif du sujet. Je découvre « Wonderwall », le premier album solo de George Harrison, que je n’ai encore jamais vu en vrai et je me demande comment il a pu atterrir chez le disquaire de Plaisir. Le disquaire s’approche. Oui, vous savez, dit-il, ça c’est un album qui ne s’est jamais très bien vendu, quand il est sorti en 1967. Oui, dis-je d’un air entendu, un très mauvais départ pour Apple. Voilà. Une fois admis que nous sommes entre experts à qui on ne la fait pas, on peut passer aux choses sérieuses.

On était en 1981, on avait seize ans ; il y avait à cette époque pas mal de musiques intéressantes à se mettre sous la dent, mais mon meilleur-pote-de-l’époque et moi, on préférait les époques précédentes, en gros 1965 à 1975, et souvent on devenait les chouchous des disquaires qui, eux, avait vécu cette période et nous racontaient leurs anecdotes inventées ou non.

Dites, dis-je – et c’est moi qui devenait le porte-parole, puisque mon pote, appelons-le Frank (puisqu’il s’appelle comme ça), ne parlait pas un mot de français et que je devais donc lui servir d’interprète -   il y a un problème avec ce disque, ça grésille, c’est carrément inaudible ! Ben on va voir ça, dit le disquaire, sort le disque de sa housse, la met sur sa platine. Le premier morceau démarre, je ne détecte aucun problème. J’aurais peut-être dû vérifier les remontrances de Frank chez lui avant de me lancer dans des exagérations qui risquent d’embarrasser tout le monde chez le disquaire. Frank garde une mine impassible, celle d’un type qui sait qu’on va lui rendre justice.

Non, écoutez, dit le disquaire, ça c’est pas du grésillement, c’est le gars du mixage qui a fait ça.

Exactement. Tout le monde sait qu’au tout début de « Led Zeppelin III », il y a ce curieux tffff… tffff… tffff…, juste avant que vous ne  vous ramassiez le riff de « Immigrant Song » EN PLEINE GUEULE ! – heu, ‘scusez-moi.  Frank cependant ne l’entend pas de cette oreille. Il insiste qu’au tout début du disque, il y a un « crouic » peu orthodoxe qu’aucun gars du mixage n’aurait laissé passer.

C’est ça ce que vous appelez inaudible, demande le disquaire. Et devant ma mine déconfite, il accepte d’échanger le disque. Heureusement qu’on était entre experts.  

Par Gryphon - Publié dans : France
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Mardi 10 août 2010 2 10 /08 /Août /2010 00:43

L'autre jour, en passant au Pendulo, j'ai vu des vinyles en vente. D'accord, rien que des classiques, du Dylan, du Santana, du Led Zep, qui s'adressent sans doute à une clientèle nostalgique - mais j'avoue que j'étais frappé par la taille des pochettes, énormes par rapport aux petites images d'un boîtier CD. J'en avais perdu le souvenir. Trimballer deux, trois disques comme ça, sous le bras, vous transformait en profession de foi ambulante, tant vous montriez au monde entier les tronches de vos héros du moment, des images qui ne manqueraient pas de frapper les esprits, parfois au sens littéral.

 

Ça a changé depuis, quand on se promène avec sa clé USB ou son iPod. Que montre-t-on? Avant tout qu'on est l'heureux propriétaire d'un gadget électronique. La musique, elle, est devenue secondaire. Si avant on affirmait, preuve à l'appui, "j'écoute les Stooges" (dégaine d'Iggy Pop bien en évidence), on affirme aujourd'hui "j'ai un iPod" (écouteurs en blanc clinique dans les oreilles, maltraitées par du pipeau standard téléchargé sur les sites usuels). Bref, en parlant de "visibilité", autre mot à la con forgé par l'engeance marketing, on voit surtout le client-consommateur lambda dans la perspective ciblée de l'entreprise. Seule vision qui compte.

 

Par Gryphon - Publié dans : Musiques
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