Samedi 25 février 2012 6 25 /02 /Fév /2012 00:05

 

C’est le retour impromptu
Des regards amoureux qui l’eût
Cru.

Moi oui, jeunes gens, perdus
Dans la nuit bleue orange sanguine.
« Tonight in the jungle » nous
Jure le Habana Banana Bar
Et du rhum y aura (c’est urbain
Et pirate à la fois) et des
Regards amoureux

Donc
Dilués dans la masse touffue
Des noctambules aguerris

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Lundi 24 octobre 2011 1 24 /10 /Oct /2011 03:41

« Si seulement » dit-elle, si seule

 

Son corps nu se heurte au concret cimenté

La poussière s’étrenne sur ses cheveux

Ses pieds s’égarent sur les dalles réchauffées

Par le pas du chat

 

Une fois de plus

Les murs rétrécissent

Intimant l’intimidée

À des allants plus extimes

 

Pendant ce temps

Le chat surveille son territoire

À croire

Que

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Jeudi 6 octobre 2011 4 06 /10 /Oct /2011 22:03

Calle Donceles les fanions jaunes

s’agitent honnêtes et droits

Les rues sont sèches comme la loi

Le maire de Mexico prend la parole

à l’intérieur et à l’ombre

 

Dehors, les supporters supportent

le soleil et les pics de pollution

Sous le bitume les pavés

Sous les pavés le sang de l’histoire

insupportable du centre dit

« historique »

 

Aucun rapport aucun rapport

 

Sur l’écran géant on voit s’agiter

les silhouettes autorisées

en plan rapproché, voire même

en plan américain

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Dimanche 11 septembre 2011 7 11 /09 /Sep /2011 04:09

Me suis encore rêvé

Gardien de phare

Breton flamand féroïen  

Je pointais faisceau illuminé  

Sur ligne d’horizon illusoire  

Entre océan noir et ciel tourmenté  

 

Et rassurant tel matelot tel

Kraken sirène marin monstre    

Capitaine  

Et m’associant aux réseaux asociaux 

De vagues vagues

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Samedi 27 août 2011 6 27 /08 /Août /2011 21:18

 

Je me souviens de l’invasion

de la Baie des Cochons

mais j’étais pas là pas né

(et pourtant)

 

Je me souviens de la mort

de Crassus triumviré

mais c’est loin, en Asie Mineure

(et parthant)

 

« ¿Por qué México ? » me demande

le serveur moustachu de noir vêtu

Me rappelle plus

« ¡Hay tanto violencia ! »

Oui j’ai vu

 

Ma présence reste une énigme

D’aucuns s’en souviendront

(De l’énigme)

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Dimanche 3 juillet 2011 7 03 /07 /Juil /2011 18:46

Manière de voir, oui. Je n’ai jamais eu de sympathie particulière pour Breton, ni pour Aragon, mais me voilà tout d’un coup bombardé « spécialiste de la littérature surréaliste ». C’est du moins ainsi que Cristina me présente au directeur du MUNAL, musée du centre-ville où du reste je n’ai jamais mis les pieds. Spécialiste… Oups ? J’ai donc intérêt à le devenir assez rapidement, sous peine de me retrouver moi-même dans une situation surréaliste, tendance catastrophe.

Le MUNAL veut organiser une exposition de peintres surréalistes l’été prochain, et l’IMCINE, l’institut mexicain de cinématographie, propose une rétrospective du cinéma surréaliste en parallèle. C’est là où je suis censé intervenir : diriger le catalogue de la rétrospective et planifier la rétrospective proprement dite. Il faut trouver trois essayistes et surtout trouver les films, des photos et voir qui en détient les droits. Deadline : fin novembre.

Trois semaines après cette rencontre au MUNAL, je commence à y voir plus clair. Deux sur trois essayistes ont été trouvés, le travail avec l’équipe de l’IMCINE fonctionne à merveille  et je découvre le cinéma surréaliste mexicain – du moins sur papier, puisque je n’ai vu aucun de ces films. L’idée sera de faire dialoguer les films mexicains avec ceux d’autres pays, dont forcément en premier lieu la France, d’où le mouvement est parti.  Je n’ai toujours aucune sympathie particulière pour Breton, ni pour Aragon, mais il est vrai que le surréalisme  et les idées qui en découlent ne rompent pas  le fil d’Ariane de mes préoccupations personnelles, de Diderot en passant par le romantisme allemand, les symbolistes, jusqu’aux expressionnistes,  beatniks, psychédéliques,  punks, sans parler de quelques francs-tireurs ou plutôt francs-tireuses comme Claude Cahun, Sylvia Plath ou Linda Lê. Bref, tout ce qui a tendance à bousiller une vision conventionnelle du « réel » par le biais de la langue ou tout autre moyen d’expression artistique. 

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Lundi 6 juin 2011 1 06 /06 /Juin /2011 05:21

Les vagues de chaleur se suivent
et se rassemblent sur mon toit
un complot, sans doute
¡Cuidado! Dangereuses dorures

J’anticipais cela
à Cologne en quatre-vingt-six
ces chaleurs, ces reflets de couleurs
oui, j’anticipais cela (ne
me demandez pas
comment ni pourquoi)

Alors qu’ici et maintenant
à Mexico en deux mille onze
Je sens comme une
réminiscence
de ce froid bleu clair d’automne
made in Nordrhein-Westfalen
qui me traque jusque dans
ma chambre dans les rues de la
Cuauhtémoc rio Rhin

Sur son t-shirt orange : « Push zero »
(mais j’ai dû mal lire)

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Vendredi 22 avril 2011 5 22 /04 /Avr /2011 00:20

La pluie nous a pris par surprise
Et personne n’a pensé à parer
Les éclairs sont horizontaux, bizarre
Au-dessus de la ville on entend les cris
Des passagers secoués en passe
D’atterrir à Benito Juárez
Et Arturo Ripstein est déprimé

On n’avance pas et ça se gâte
Les sémaphores font ce qu’ils veulent
Les portables s’alourdissent
Les vacanciers potentiels restent en ville
Loin des chambres d’hôtels d’Acapulco
Et de villas à Cuernavaca
Arturo Ripstein est déprimé

Tombent des grêlons gros comme coccinelles
(De chez Volkswagen) et on hume une
Printanière odeur d’automne
Par instinct, le teint des visages
Plagie le pelage des chiens de rues

Arturo Ripstein est déprimé
Et ne rêve plus d’aller à Cannes

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Samedi 2 avril 2011 6 02 /04 /Avr /2011 22:23

« Und ? Was ist aus dir geworden? »
“Nix.” (Dialogue entendu lors
d’une réunion d’anciens élèves)



« alors, t’es devenu quoi ? »

« rien. »

rien ? c’est pas beaucoup

c’est pas hénaurme et

c’est pas crédible


‘ttention en tant que poète

je saurai te tirer

les vers du nez


“he’s a good guy, you know
always was…”


sa femme l’a trompé avec son chef

snif snif ouin

damn! il s’est trouvé une autre

dame depuis

assez maternelle, j’ai trouvé


il n’est jamais venu

et n’ira sans doute jamais

au Mexique


d’un autre côté

nul n’est obligé

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Lundi 14 mars 2011 1 14 /03 /Mars /2011 21:39

Voix blanche voix noire

Dans lumières rougeoyantes kriek cerise

Je reste vaguement détendu

Évoquant Kant avec une inconnue

Oui, Kant, et la voix blanche

Chante « Rescue Me »


Taximètre éteint

Le véhicule avale la nuit urbaine

Le chauffeur monte le son stéréo

d’Universal, une radio

Deep Purple et son feu au lac

Je voudrais que ça dure

 

De la norteña issu d’un transistor pourri

Tacos al pastor con todo

Le gars se brule les doigts

En maniant les tortillas

Mais il en a l’habitude et même

Il en a le métier

 

[Mais soudain…]

 

Il n’y a pas d’autre issue que de

Sauver mon cul dans l’interculturel

Et survivre à un sourire qui tue

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