Bref, comme l'année dernière et celle d'avant, c'est reparti pour un tour:Où étiez vous en 2004, 1999, 1994, 1989 ... et avant ?
Que faisiez-vous ? Étiez-vous heureux ?
Racontez-nous ce que vous avez fait depuis votre naissance, de cinq ans en cinq ans (uniquement les années finissant par un 4 ou un 9).
Novembre 1969: J'ai quatre ans, j'habite toujours à Marly-le-Roi dans les Yvelines, et puisqu'en cette année érotique, l'homme a eu l'idée de marcher sur la Lune, mes parents décident que le moment est propice pour s'acheter une télé. Je passe à côté de l'évènement; moi, ce que je préfère, c'est de regarder... Zorro! Et Bernardo. Et le Sergent Garcia. Après coup, pas étonnant que je finisse par atterrir au Mexique et que je joue dans un groupe du nom de Vol de Nuit...
Novembre 1974: Tous les mercredis, mon frangin et moi recontrons Patti et Valli, des jumelles suisses. Nos mères sont amies, et pendant qu'elles papotent, nous on s'amuse, on sillonne les forêts, on s'invente des pièces de théâtre et on recrée le monde à notre image. Ça durera encore quelque temps, puis elles se découvrent des trucs de filles qui dépassent mon entendement.
Ah oui, et sinon, l'année a été très foot: Beckenbauer, Müller, Maier, Breitner...
Novembre 1979: En mai, comme tout bon protestant, j'ai été confirmé; en fait de confirmation, c'était surtout la fin de ma carrière religieuse. Je profite néanmoins de l'avalanche de cadeaux qu'on reçoit à ce moment-là, et de l'argent récolté grâce à Dieu je décide de m'acheter une guitare, alléluia. "Pffff... , disent mes parents, apprend d'abord le piano" - "Nan! grognè-je, je serai John Lennon ou rien! (et sauf vot' respect, je vous emmerde)". La première mélodie que je sais gratouiller en m'esquintant les doigts, c'était ça:
Novembre 1989: En novembre, à Cologne, mes colocs et moi gardons les yeux rivés sur la télé: le Mur vient de tomber. Contrairement à Sarko, on ne va pas à Berlin; après tout, les Prussiens c'est eux et les Rhénans c'est nous. Quand une de nos chambres devient vacante et qu'on organise le casting habituel, il y a des Ossis de Leipzig parmi les candidats. Putain, l'accent... C'est finalement une fille du sud-ouest que sera choisie.
Novembre 1994: Toujours à Cologne, en train de gagner ma vie, mais j'ai changé d'appart et j'habite avec Mella. On sera bientôt rejoint par la flamboyante Alex dont le style de vie va exaspérer tous les locataires de l'immeuble.
Novembre 1999: Dernière année au bord de la mer baltique, comme assistant de la fac de Greifswald. La vie universitaire teutonne m'ennuie et une idée a germé: partir pour le Mexique retrouver ma meilleure moitié. Pour l'instant, je me fais quelques escapades sur l'île de Hiddensee, à l'endroit même, où aux dires de Nina Hagen, Micha avait oublié la pélicule couleur. C'était au temps de la RDA, et c'était Nina Hagen avant Nina Hagen.
Novembre 2004: Je suis au Mexique. Une certaine routine commence à prendre le dessus. J'entre en hibernation.
et ce jusqu'en 2009, année hoûleuse et surtout musicale... A suivre éventuellement ;)
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Cinquième concert, donc, et on va bientôt arrêter de les compter. Pour un groupe qui s'appelle Vol de Nuit (je vous épargne le récit des nuits blanches passées à chercher un nom qui nous
convienne à peu près...), rien de plus approprié que de débuter dans un café qui s'appelle Cafe de Noche, endroit supposé promouvoir la culture dans un quartier réputé difficile mais en
fait tout juste populaire. On colle notre affichette disaïné avec les moyens de bord, on fait quelques photos souvenir et on attend. Le public, par exemple. Comme on est pas encore si célèbres
que ça, on démarre le concert avec une demie douzaine de zigues; tout se passe bien, on est bien plus à l'aise que lors du dernier concert où on guettait la réaction du public face aux compos. Je
me gourre sur une des chansons, la chanteuse sur une autre, peu importe, l'un(e) rattrape l'autre. Dans la rue, devant le café, des gens s'arrêtent, écoutent une chanson ou deux, puis repartent.
Assez cependant pour attirer l'attention des proprios des cafés, qui après le concert nous proposent de venir jouer tous les mardis à la même heure, avec pour gage un pourcentage sur les recettes
de consommation. Ce n'est pas encore comme ça qu'on gagnera notre vie, mais c'est un pas dans la bonne direction.
Vers onzes heures, les invités affluent. On va bientôt pouvoir commencer.
Bizarrement, la chanteuse a le trac plus que d'habitude. Moi, ça va, mais j'aurais dû éviter la vodka-framboise de tout à l'heure, sans rien dans le ventre. Je réussis à m'isoler une petite demie
heure dans la cuisine avec ma guitare, histoire de me concentrer. Le concert de ce soir intervient en fait après deux semaines de répetitions quotidiennes, intensives et créatives. Nous avons
tous deux l'impression d'avoir fait un grand bond en avant, d'avoir gagné en assurance, en savoir-faire, en exigeance aussi - à tel point que nous avons viré deux compos qui ne nous plaisaient
plus et une reprise qui nous paraissait trop fade. Pour les autres compos, élaborées lors des deux semaines passées, c'est ce soir la première. Bon, on y va? On y va.

Y tu mamá tambien